The Magnificent Seven, John Sturges (1960)


magnificent7_0THE MAGNIFICENT SEVEN, aka Les sept mercenaires
Année : 1960
Genre : western
Origine : USA
Production : Mirisch Company / Alpha Productions
Réalisation : John Sturges
Avec : Yul Brynner, Steve McQueen, Eli Wallach, Horst Buchholz, Charles Bronson, Robert Vaughn, Brad Dexter, James Coburn, Rosenda Monteros, Vladimir Sokoloff, Jorge Martínez de Hoyos, Rico Alaniz, Pepe Hern, Natividad Vacío,  Mario Navarro, Danny Bravo


Un pauvre village mexicain, affamé et terrorisé par une bande de hors-la-loi, va envoyer trois de ses hommes en ville afin d’acheter des armes pour se défendre. Plutôt que des carabines et du plomb, les trois peones vont revenir parmi les leurs avec sept mercenaires pour les supporter.

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Alors que sa carrière connaît une accélération foudroyante, l’acteur Yul Brynner a le nez creux et décide d’acheter les droits d’un film japonais qui lui a tapé dans l’œil. Il s’agit des SEPT SAMOURAIS, de Kurosawa. Yul Brynner entrevoit immédiatement l’énorme potentiel de l’œuvre, qui paraît pouvoir être transposée sans soucis majeurs dans le monde du western. L’idée est loin d’être idiote, surtout que Kurosawa Akira a depuis longtemps avoué être fan de ce genre typiquement américain, et cela transpire d’ailleurs d’un grand nombre de ses films.

Brynner avait pensé à tout : il endosserait pour la première fois le costume de réalisateur de cinéma (il avait déjà dirigé quelques séries tv), tandis qu’Anthony Quinn serait la vedette de son film. Mais les choses ne se dérouleront pas comme prévu, et Anthony Quinn ne sera bientôt plus concerné par le projet. On pense alors à Spencer Tracy pour incarner le chef des mercenaires : plus âgé que Quinn, son charisme nimbé de sagesse en faisait l’acteur idéal pour jouer le rôle que Shimura Takashi avait immortalisé dans LES SEPT SAMOURAIS. Et bien finalement il n’en sera rien : Yul Brynner abandonne rapidement la caméra et endosse de ce fait la responsabilité d’immortaliser Chris, le leader des sept mercenaires. Autour de lui va être réunie une horde de jeunes loups en provenance d’Hollywood, entendez par là qu’il s’agissait pour la plupart de jeunes acteurs, plus ou moins connus, dans lesquels étaient placés beaucoup d’espoirs. Parmi eux James Coburn est tout heureux de pouvoir incarner la plus fine lame du groupe, à l’image du samouraï invulnérable et perfectionniste du film de Kurosawa (le personnage préféré de Coburn dans le film, comme par un heureux hasard). Robert Vaughn se voit offrir un rôle neuf, et plutôt bienvenu : un gunslinger tourmenté et névrosé. Charles Bronson qui est encore très loin d’être une star, incarne un métis (comme d’habitude ai-je envie de dire), Brad Dexter qui sort juste du tournage de l’excellent DERNIER TRAIN DE GUN HILL, sera Harry Luck, l’ami de Chris. Enfin le méchant de service sera incarné par un Eli Wallach encore peu assuré, puisqu’il n’aura tourné, avant ces SEPT MERCENAIRES, qu’une toute petite poignée de films (mais parmi eux malgré tout, on trouve le très bon BABY DOLL).

Mais je m’aperçois que vous êtes en train de faire le décompte de notre magnifique bande de malandrins, et que vous n’en trouvez pas le nombre prévu : pour l’instant en effet, je n’en ai cité que cinq, plus Calvera (Eli Wallach). Il ne s’agit pas d’un oubli de ma part, je souhaitais en effet m’attarder sur les deux derniers mercenaires un peu plus longuement : d’un côté nous avons Steve McQueen, et de l’autre un tout jeune acteur allemand, Horst Buchholz. Et bien de l’aveu d’à peu près tout le monde, Steve McQueen, jaloux de la notoriété de Yul Brynner et désireux de marcher quelque peu sur les plates bandes de ce dernier, sera le plus souvent insupportable sur le tournage. A tel point qu’il irritera considérablement Brynner : pour rattraper le peu de lignes de dialogues dont il dispose, McQueen va en effet tout faire pour attirer l’attention sur lui : petites grimaces, mouvements de chapeau, toutes les astuces seront bonnes pour que l’œil du spectateur s’attarde davantage sur lui que sur Yul Brynner (faites bien attention la prochaine fois que vous visionnez le film, vous verrez c’est flagrant !). Et puis il y a également le cas Horst Buchholz, jeune acteur européen dont personne ou presque n’avait entendu parler outre-Atlantique. Steve McQueen essaiera de s’approprier son rôle, estimant qu’il avait plus d’aisance que l’Allemand pour incarner ce jeune pistolero plein de charme et de fougue. Il y a quelques années, lorsqu’on l’interrogeait sur les conditions de tournage, Horst Buchholz soufflait péniblement, et avouait : « Steve McQueen était insupportable… ».

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Malgré toutes ces tensions, malgré également des problèmes de script (Walter Newman refusera d’être crédité au générique, vexé de s’être vu associé un autre scénariste), malgré enfin de timides résultats en salles les premières semaines, le film LES SEPT MERCENAIRES est rentré dans la légende. Il ne s’agit pourtant pas du meilleur western de tous les temps, ni même du plus original. Mais force est de constater que l’accumulation de certains talents avec des petits détails parfois chanceux, a accouché d’un film hautement euphorisant, dynamique à souhait et avant tout, humain. Cet humanisme provient directement de l’œuvre de Kurosawa : ses samouraïs (qui, on l’oublie souvent, étaient à peu de choses près les mercenaires de l’époque) ont en effet marqué les mercenaires de John Sturges en profondeur. En effet, chacun d’entre eux, au contact des pauvres paysans mexicains, ouvrira les yeux et comprendra qu’au-delà de l’argent, de l’alcool et des femmes, la vie a également un sens. Oui, choisir de ne pas porter une arme à la ceinture et de s’user chaque jour le dos aux champs est aussi une preuve de courage.

Alors certes ce côté humain et dramatique est moins bien amené que dans le film de Kurosawa. Certains personnages des SEPT MERCENAIRES changeant alors d’avis et d’humeur de manière un peu trop radicale. Néanmoins, il faut clairement garder à l’esprit que ce film-ci est plus simple que celui de Kurosawa : il va à l’essentiel, c’est à dire le pur divertissement. Et ça fonctionne, pour peu que l’on ne le compare pas trait pour trait avec le long métrage mythique de Kurosawa. De plus le casting a été heureux, puisque aujourd’hui presque tous les acteurs du film sont considérés comme de véritables pointures de l’histoire du cinéma. Je n’oublie pas la BO et le thème principal composé par Elmer Bernstein, inimitable, et qui a lui aussi acquis ses lettres de noblesse depuis. Tous ces petits détails et talents mis bout à bout ont donc fait de ces SEPT MERCENAIRES un film que le temps n’a pas abîmé. Encore une fois il ne s’agit du meilleur western de l’histoire (loin de là), ni même du meilleur film de son réalisateur (COUP DE FOUET EN RETOUR, OK CORRAL ou encore LE DERNIER TRAIN DE GUN HILL sont souvent considérés comme des westerns bien plus pointus). Toutefois la magie opère, et on prend énormément de plaisir à voir tous ces talentueux mercenaires donner un peu de leur sang et de leur sueur afin de sauver de malheureux paysans. Et malgré quelques passages et rebondissements assez artificiels, LES SEPT MERCENAIRES demeure un western à ne pas rater.

Oli : drapeau2 drapeau2 drapeau2

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Quick Review in English:

+ John Sturges has done better. Yet, it’s a good remake of Kurosawa’s movie
+ Fabulous casting – even if, at that time, those actors were not so famous!
+ Good action movie
+ Unforgettable soundtrack

– Not a maserpiece
– There were better western movies at that time
– Kurosawa’s movie was much more interesting: this is pure entertainment

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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