Tokyo Fist, Tsukamoto Shinya (1995)


TOKYO FIST
東京フィスト
Année : 1995
Genre : métal hurlant
Production : Kaijyu Theater
Réalisation : Tsukamoto Shinya
Avec : Fujii Kahori, Tsukamoto Shinya, Tsukamoto Kôji, Musaka Naomasa, Takenaka Naoto, Wajima Koichi, Taguchi Tomorowo, Kanaoka Nobu, Hioki Akiko, Mutô Kiichi


Yoshiharu est un simple homme d’affaires, un peu stressé, un peu fatigué, et dont la vie de couple se limite à quelques séances de télévision à deux… Un peu par hasard, Yoshiharu va croiser le chemin d’un ami qu’il n’a pas vu depuis longtemps, et avec lequel il partage un passé trouble. Une émulation ainsi qu’une violente concurrence vont naître entre les deux hommes, qui vont bientôt partager deux choses : une fascination pour Hizuru, la femme de Yoshiharu, et la pratique de la boxe comme exutoire à leur vie inerte.

Tourné en 1995, ce film précède de peu le livre de Chuck Palahniuk FIGHT CLUB, sorti en 1996. Le film avec Norton et Pitt ne voit le jour que trois ans plus tard. Il s’agit sans doute d’un hasard mais le thème des deux œuvres semble très proche : trouver dans la violence une échappatoire à la vie morne et abêtissante qui frappe le monde moderne, cette société qui semble tout simplement écraser ses habitants avec ses buildings fièrement dressés dans le film de Tsukamoto. Des hommes et des femmes paraissant comme pris au piège, enfermés en vase clos dans ces méandres labyrinthiques de verre bleuté et de métal hurlant. Tsukamoto propose donc une solution : souffrir. Connaître la douleur pour se sentir exister.

Le personnage de Yoshiharu s’essaiera donc à la boxe lorsqu’il retrouvera un ami de longue date, perdu de vue depuis plusieurs années : Kojima. Ce dernier est incarné par le propre frère du cinéaste, et à l’instar de l’entraineur dans le film, il s’agit d’un véritable boxeur. Cette ressemblance, physique et sanguine, renforce la fascination que le second exerce sur le premier. Fascination, mais également répulsion, lorsque Kojima tentera d’emprunter un peu de la vie de son ami, en s’essayant pourquoi pas à séduire sa femme. Celle-ci se transformera peu à peu, et lorsqu’elle découvrira le plaisir des excès en tous genres, se fera mante religieuse pour entretenir ce feu et provoquer son homme.

Film profond, frais et transpirant la personnalité et les thèmes chers de son auteur, TOKYO FIST est un exercice de style à la fois sur le fond mais aussi sur la forme : techniquement, TOKYO FIST est en effet ahurissant, depuis la première seconde jusqu’à la toute dernière, et ce triple final de folie.

Oui, Tsukamoto boxe définitivement dans la catégorie poids-lourds.

Oli :

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Quick Review in English:

+ A masterpiece, a part of the weird trilogy TESTUO/BULLET BALLET/TOKYO FIST
+ This director is a genious
+ Even if you don’t like the story, you can watch TOKYO FIST for its filmmaking
+ The story is fresh, and deep. Violent but beautiful
+ Fujii Kahori: Tsukamoto knows how to choose his actresses

– Some spectators may find the story line pretty weird and uncleared

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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