Cotton Candy, Roshell Bissett (1996)


COTTON CANDY
Année : 1996
Genre : n’a-t-on que faire du candy-ra-t-on ?
Origine : Canada / Japon
Production : Tinker Bell Productions
Réalisation : Roshell Bissett
Avec : Higashi Yôko, Ohbuchi Mitsuka, Yoshimi Kazutoyo, Aoki Fuki


Tout d’abord par jeu, une étudiante japonaise fait un premier pas vers le monde des adultes. Elle se rend bien vite compte qu’à Tokyo ses charmes et sa jeunesse peuvent lui faire gagner beaucoup d’argent.

Troisième court métrage réalisé par la pétillante Roshell Bissett (native d’Ottawa), après STELLA SIGNATA et EATING NOODLES BY THE MEKONG, COTTON CANDY fut également celui de la consécration pour la jeune femme. En effet, tourné en tout juste trois semaines à Tokyo avec une équipe bénévole, monté ensuite au Canada, le film fut présenté en 1997 au festival de Toronto où il remporta le prix du meilleur court métrage canadien. L’année suivante le film eut droit au prix du meilleur court métrage au New York Underground Film Festival. Depuis, Roshell Bissett semble pourtant privilégier sa carrière d’enseignante.

Tourné à la manière d’une fiction, le film est en fait presque assimilable à un documentaire dans son approche de la jeunesse tokyoïte. La narration n’est pas le principal intérêt du film, et la trame de l’histoire ne vaut que pour la plongée d’une étudiante dans le monde de ces adultes injustes et avides de la naïveté et de la pureté si sucrées qui se dégagent des jeunes filles. Higashi Yôko incarne cette jeune femme un peu déboussolée, à la fois repoussée et attirée (par curiosité) par un univers contre lequel on ne l’a peut-être pas suffisamment mise en garde. Comme beaucoup de lycéennes de son âge, elle veut grandir plus vite, être une femme. Déjà. Malgré tout, la petite fille coincée en elle existe, oui elle est encore là. Et ponctuellement, elle refera surface.

Higashi Yôko interprète ce rôle difficile avec beaucoup de justesse et ce soupçon de naïveté indispensable à la crédibilité du personnage, en parvenant à faire passer beaucoup de subtilités, parfois uniquement par le regard. Lyonnaise d’adoption, vous l’avez peut être également vue dans le court métrage KAZE, de Sono Shion. Elle a également posé pour le photographe-écrivain-dessinateur Romain Slocombe (SUGAR BABIES, sur un texte de Roland Jaccard). Elle a aussi fait partie du groupe japonais Asian Z, basé sur Lyon et dont le premier album intitulé Pornostar est sorti en 2002 (chaudement recommandé).

COTTON CANDY est un final un court métrage de 45 minutes relativement plaisantes, qui passionnera sans doute plus les néophytes que les personnes qui en connaissent déjà un rayon sur la culture japonaise, ses travers (de porcs, tant certains hommes sont répugnants) et, hélas, aussi ses stéréotypes…car même si elle ne sombre jamais  dans la démonstration à charge et pachydermique d’un Jean-Jacques Beineix, Roshell Bissett s’est un peu laissée aller à quelques facilités. A tel point qu’il me semble que le film est davantage reconnu pour son contenu (une certaine perversité ambiante) que pour son contenant. On lui pardonnera néanmoins, tant l’actrice principale de son film est juste et touchante.

Et vous, votre culotte de lycéenne japonaise, vous la prendrez avec ou sans petites traces suspectes ? Et avec ceci, un échantillon de salive ?

Oli :

PS : film découvert en novembre 2002 au festival Asiexpo de Lyon, en présence de la réalisatrice.

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Quick Review in English:

+ Touching main actress
+ A young girl who discovers Tokyo and its strange way of (no?)-life
+ You can sell your pants, your saliva…does your soul have a price?

– You may think it’s easy to critisize such a strange underground « world »
– It may look original to people who never heard anything about Japan

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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