Kinbaku, la forêt des arbres bleus, de Romain Slocombe et Pierre Tasso (2001)


KINBAKU, LA FORÊT DES ARBRES BLEUS, aka Kinbaku
Année : 2001
Genre : les Japonaises s’émancipent avec un vrai bond d’âge
Origine : France
Production : UMT
Réalisation : Romain Slocombe et Pierre Tasso
Avec : Ichijô Yukino, Kawana Mai


Deux jeunes femmes se rendent dans la mystérieuse forêt de Kinbaku pour une séance de photos organisée par un magazine sado-masochiste. Parallèlement aux prises, les jeunes femmes parlent de leur vie quotidienne, par le biais de plusieurs voix off.

Co-réalisé par Pierre Tasso et Romain Slocombe (mais c’est ce dernier qui tient la caméra et qui écrit les textes), l’histoire prend place dans la forêt de Kinbaku, sur les pentes du Mont Fuji. Une forêt sombre, et à la triste réputation : les gens désespérés y viennent en effet pour se suicider. Les histoires de cadavres retrouvés pendus sont légion, sans parler des légendes qui parlent de squelettes abandonnés et de fantômes, errant, entre les tristes arbres de la forêt de Kinbaku. Le lieu est vraiment sordide, déprimant. Un endroit sombre, qui devient effrayant lorsque la nuit tombe. Jamais un bruit ne s’élève au milieu de cette nature figée, comme morte, et d’ailleurs Slocombe a artificiellement ajouté quelques chants d’oiseau épars, semblables à de lentes complaintes prononcées par les suicidés de la forêt. Sa caméra rend d’ailleurs parfaitement compte de la singularité de l’endroit, et parfois on a véritablement l’impression de se retrouver au beau milieu d’un monde parallèle et moribond.

Dans la forêt, les modèles dévoilent leur corps, sans pudeur. Accessoiristes et photographes, sont aux petits soins pour elles. Car les jeunes femmes souffrent. D’abord du froid, car elles sont bien entendu complètement nues, mais aussi de la violence de certains bondages (il n’est jamais agréable de se retrouver mains et jambes liées, suspendu entre deux branches…), et enfin de l’atmosphère très pesante de l’endroit. Certaines d’entre elles le disent d’ailleurs : elles craignent de rencontrer des squelettes ou des fantômes, et sont pressées d’en finir pour pouvoir rentrer chez elles.
Les jeunes modèles s’expriment par l’intermédiaire d’une voix off, sur un ton monocorde, et doux, qui contraste avec les images parfois osées, et crues. Elles racontent leurs expériences, une journée prise au hasard dans leur vie, une anecdote : des sujets de discussion que nous pourrions avoir vous et moi. Il en ressort que ces filles sont comme n’importe quelle autre femme, et si elles font des photos de ce genre, ce n’est pas pour une autre raison que l’argent. Les voix off nous dévoilent les véritables personnes, cachées à l’intérieur de corps trop désirables.

Le court-métrage (26 minutes) commence par quelques plans de la jungle urbaine japonaise, et finit de la même manière. Un moyen pour nous faire comprendre que cet intermède photographique ne prend son sens que dans cette vie moderne et urbaine, où les hommes de tous bords s’arrachent ces photos, que ce soit de la main à la main ou maintenant, plus facilement, sur Internet.

La forêt des arbres bleus est un court-métrage très intéressant, qui plaira peut-être autant à ceux qui apprécient ce genre de photos qu’à ceux qui ne connaissent pas vraiment le phénomène, et qui trouveront là matière à réfléchir. Un film qui peut donc plaire, et également déplaire, car il ne ressemble vraiment à aucun autre, et certains n’y verront sans doute qu’un banal essai réalisé dans l’optique de montrer des Japonaises nues et attachées… Mais si Romain Slocombe nous présente des corps superbes et suppliciés, c’est également en parvenant à leur donner une âme.

Oli :

PS : la photo de R. Slocombe provient du site http://www.feelblog.net/index.php

Le film, hébergé par Pierre Tasso sur Dailymotion :

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Quick Review in English:

+ A legendary and dark Japanese forest
+ Bondage, beautiful girls…
+ Slocombe gives a soul to those girls, they are not just beautiful bodies

– Do not expect a huge movie, of course

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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