Kōkaku kidōtai 2.0, Oshii Mamoru (2008)


KÔKAKU KIDÔTAI 2.0, aka Ghost in The Shell 2.0
攻殻機動隊2.0
Année : 2008
Genre : fantôme dans la machine (à sous)
Production : Bandai Visual
Réalisation : Oshii Mamoru
Voix : Tanaka Atsuko, Otsuka Akio, Oki Tamio, Kayumi Iemasa, Yamadera Kôichi, Genda Tesshô


Dans un futur proche, le Major Kusanagi Motoko, membre d’élite d’une super police constituée de cyborgs, se lance sur les traces d’un pirate informatique, connu sous le nom de « Puppet Master ». Motoko, qui ne s’est jamais véritablement questionné sur sa propre existence (humaine, réelle…simplement virtuelle ?) va alors mettre à jour une affaire qui remettra en cause la notion même « d’être vivant »…

GHOST IN THE SHELL 2.0 est en réalité un « remix » de la version originale sortie en 1995. Considéré (à juste titre) comme un véritable film culte aujourd’hui, l’anime de Oshii Mamoru a marqué son époque grâce à une technique d’animation -presque à l’ancienne- époustouflante, une bande originale (signée Kawai Kenji) qui figure parmi les plus belles jamais composées, une ambiance sale et futuriste qui n’est pas sans rappeler la réussite plastique de BLADE RUNNER et, enfin et surtout, une profondeur d’une grande finesse. Rarement les thèmes de l’intelligence artificielle, voire de la vie tout simplement, auront ainsi été aussi bien traités sur grand écran. Le tout présenté dans une forme qui frise la poésie numérique et métaphorique (les trois naissances successives de Motoko, l’arbre de vie du Musée qui prend du plomb dans l’aile -au propre comme au figuré, durant cette bataille titanesque entre deux cyborgs). N’ayons donc pas peur des mots : GHOST IN THE SHELL est un chef d’œuvre. Que dire, dès lors, de ce nouveau projet pensé (et réalisé) par Oshii en personne ; à savoir ressortir son bébé sur grand écran au Japon (juste avant THE SKY CRAWLERS comme par hasard), mais sous une forme prétendument améliorée ?

Deux choses essentiellement ont ainsi été retouchées : le son, converti au format digital et bénéficiant d’un mixage 6.1 concocté en collaboration avec la Skywalker Sound Division de Georges Lucas, et certains passages du film qui ont été entièrement retravaillés en 3D sur ordinateur (voir les quelques images ci-dessous pour la comparaison et vous faire une idée de l’avant et de l’après…).

Je ne m’attarderai pas sur le nouveau mixage sonore, qui est vraiment (comme on pouvait s’en douter) extrêmement bon (les quelques gunfights prennent une nouvelle dimension, tout comme la musique de Kawai Kenji). Les nouveaux passages du film (génétiquement modifiés ai-je presque envie de dire), me laissent beaucoup plus perplexes. Certaines scènes ont ainsi été complètement changées, entièrement refaites, et rien ne subsiste de l’anime original. Il en va ainsi de la scène d’intro lorsque Motoko saute dans le vide. Idem lorsque cette dernière plonge dans l’eau, ou encore… durant le générique d’intro ! Celui-ci a en effet été altéré, puisque les chiffres verts défilant sur fond noir (une idée recyclée -parmi d’autres- dans MATRIX) ont été remplacés par des images 3D de la peau de Motoko qui semble se pigmenter électroniquement : ce n’est pas laid, loin de là, mais ce n’est plus mon (allez disons même « notre ») générique de GHOST IN THE SHELL. La couleur verte absente du générique se fera également plus rare durant le reste du long métrage, pour une raison que j’ai du mal à expliquer…

Quand ce ne sont pas des scènes entières qui ont été refondues, il s’agit de détails tels que les véhicules (presque tous sont à présent modélisés, notamment les hélicoptères sans exception) ainsi que les images informatiques, radars et autres scanners.

Si la position d’un Georges Lucas à propos des nouveaux STAR WARS est défendable (il avait tourné certaines scènes à l’époque, maintenant avec les nouvelles technologies il peut enfin laisser libre cours à son imagination), ce GHOST IN THE SHELL 2.0 me laisse dubitatif. Le film en question n’a tout d’abord pas si mal vieilli. L’animation, les effets de lumière, tout est -encore- plutôt réussi. Ensuite, l’implantation d’une scène entièrement refaite en 3D entre deux scènes réalisées « à l’ancienne » (et même pas « dépoussiérées ») plombe un peu l’ensemble, on a alors presque l’impression de sortir du film pour assister à une débauche d’effets presque gratuits. La sensation d’assister à une histoire à deux vitesses laisse un arrière goût assez désagréable. A mon sens, il aurait soit fallu refaire entièrement le film en 3D, soit ne pas le toucher d’un pixel. Enfin, dernière précision, les changements opérés sur cette version 2.0 n’apportent strictement rien de plus à l’histoire. Il n’y a pas de scènes ou dialogues supplémentaires, pas de clin d’oeil au fan, rien qui ne révolutionne l’univers de GHOST IN THE SHELL.

Alors un final, ce GHOST IN THE SHELL 2.0, s’agit-il d’un désastre ? Oui et non… difficile de se prononcer tant le plaisir de redécouvrir cet anime sur grand écran dans des conditions optimales m’a réellement enchanté. Mais en réalité il en aurait été de même si le film avait été présenté avec un « simple » remixage sonore. J’aurais même d’avantage apprécié le voyage, car les scènes entièrement refaites tranchent vraiment trop par rapport au reste du long métrage.

Etrange sensation tout de même, de voir une Motoko modélisée en 3D sauter dans le vide, et d’avoir l’impression que cette personne vous est complètement étrangère…

Oli (version 2.0) :         
Oli (version normale) :   

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Quick Review in English:

++ No need to argue: everybody knows that movie, it’s a masterpiece
++ A huge pleasure to see this movie on a big screen in theaters, with this 2.0 Version
++ A great work has been done on the sound (Skywalker Sound Divison)

— The new 3D scenes are useless and, worst of all: they change the soul of the movie
— I almost didn’t recognize Motoko
— And I didn’t recognize the movie at first: they even changed the introducing credits
— The difference is too grossed between the new scenes and the old ones

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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