Yomigaeri, Shiota Akihiko (2002)


YOMIGAERI, aka Resurrection
黄泉がえり
Année : 2002
Genre : l’ovni tender…love me true
Production : Toho
Réalisation : Shiota Akihiko
Avec : Kusanagi Tsuyoshi, Takeuchi Yuko, Ishida Yuriko, Aikawa Sho, Yamamoto Keiichi, Ito Masaki, Tanaka Kunie, Shibasaki Kou, Oshidari Akiko, Nagasawa Masami, Ichihara Hayato, Terakado Jimon, Shimizu Shogo, Iseya Yusuke


Dans une petite ville de Kyushu, des centaines de morts reviennent subitement à la vie. L’inspecteur Kawada, originaire de la région, part enquêter sur ce phénomène pour le moins mystérieux.

Shiota Akihiko est un réalisateur talentueux (visionnez MOONLIGHT WHISPERS  pour vous en convaincre). Son nom à l’affiche de ce film-ci est l’unique raison pour laquelle je l’ai acheté, alors que je n’en connaissais rien, pas même la moindre esquisse de scénario. A l’arrivée je ne suis pas trop déçu du voyage, malgré un petit goût d’inachevé qui survit encore aujourd’hui, malgré un léger sentiment de gâchis à propos de ce YOMIGAERI, puisque son histoire est si prenante, si originale dans sa première partie, que la fin en décevra plus d’un.

Imaginez un peu : des dizaines de morts qui reviennent à la vie, à l’âge exact qui était le leur au moment du décès. Ces revenants d’un nouveau genre ne se manifestent pas au hasard, puisqu’ils réapparaissent auprès des personnes ayant le plus ardemment souhaité leur retour. L’inspecteur Kawada, qui revient dans sa ville natale, va alors tenter de trouver des esquisses d’explications. Il va aussi profiter de son séjour pour retrouver une amie d’enfance, Aoi, une jeune femme qu’il a toujours aimée sans jamais avoir osé lui dire. Aoi qui, grâce aux phénomènes étranges survenant tout autour d’elle, commence à entrevoir la possibilité de faire revenir son petit ami décédé depuis plusieurs années.

Vous l’aurez compris, l’histoire tourne autour du jeune Kawada, tiraillé entre son amour secret pour Aoi et sa volonté de ne pas faire revenir l’homme que celle-ci a autrefois aimé, le tout en étant embourbé dans une enquête que n’aurait pas refusé Fox Mulder. D’ailleurs le film prend parfois des allures de faux épisode d’X-FILES, puisque des scientifiques vont débarquer, une chose étrange va être découverte dans la forêt et nos heureux revenants vont alors connaitre de curieuses sensations. Bref à ce moment précis YOMIGAERI est assez emballant. Le réalisateur Shiota Akihiko semble trouver le parfait équilibre entre l’histoire romantique (Kawada fera-t-il enfin le premier pas vers Aoi ?), le drame social (comment ce jeune suicidé affrontera-t-il une vie à laquelle il a lui-même choisi de mettre un terme ?) et le fantastique, voire la science-fiction (que dissimule la forêt autour de la ville ? Comment expliquer les résurrections ?). Oui à ce moment donné on pense tenir entre ses mains l’un des films les plus forts de ces dix dernières années… puis tout s’écroule, ou presque.

En tout état de cause le film devient moins intéressant à mesure que l’intrigue progresse, puisque cette dernière prend rapidement fait et cause pour la romance (limite sirupeuse) entre Kawada et Aoi, en laissant de coté la quasi-totalité des autres personnages de l’histoire (presque aucune nouvelle du jeune suicidé, ni de cette femme qui, après être revenue à la vie, a aujourd’hui le même âge que sa fille). C’est très rageant de ne pas en savoir plus sur leurs difficultés de réadaptation, sur leurs bonheurs également. Mais un autre élément va aussi bientôt être oublié en chemin par le réalisateur japonais : tout le coté fantastique du film va ainsi être mis en quarantaine, seul importera le dénouement amoureux entre Kawada et Aoi, ainsi que le concert de Shibasaki Kou (on se croirait alors face à une publicité pour son dernier album…mais oui Kou, tu es la pub belle pour aller danser). Tout cela est fort décevant, puisque sans sombrer dans le pur film de science-fiction, il aurait été agréable que Shiota Akihiko fasse la part belle aux phénomènes surnaturels dans la seconde partie de son film, ou tout du moins qu’il ne se contente pas d’user de ces derniers comme d’un simple arrière plan, presque un malheureux décor, pour son intrigue romantique.

Un film parfois maladroit, qui hésite donc constamment entre plusieurs genres pour finalement faire le mauvais choix (la romance sur fond de concert de Shibasaki Kou). Et puis à trop chercher à tirer sur la corde sensible, on finit par avoir un gros lacrymal de tête. Une œuvre avec un gros potentiel, hélas un peu gâché…c’est aussi peut-être pour cela que le film se révèle malgré tout assez attachant.

Oli :

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Quick Review in English:

++ A great director
++ A great story, mixing fantasy, SF, mysteries, human drama and more

— In his second part, the movie will become less interesting
— What is that awful concert of Shibasaki Kou ?!
— Far away from perfection…Is that why I do not hate this movie ?

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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