Nihon no kowai yoru – Tokubestuban, Shimizu Takashi, Tsuruta Norio… (2004)


NIHON NO KOWAI YORU – TOKUBESTUBAN, aka Dark Tales of Japan
日本のこわい夜 特別版
Année : 2004
Genre : esprits frappés
Production : TBS / Oz Company
Réalisation : Shimizu Takashi, Tsuruta Norio, Ochiai Masayuki, Nakamura Yoshihiro, Shiraishi Kôji
Avec : Morishita Yoshiyuki, Shiraishi Kayoko, Endo Shozo, Okada Yoshinori, Fukaura Kanako, Sugihara Anri, Maki Yoko, Yamaguchi Miyako, Nakamura Shunsuke, Yamazaki Shigenori, Yamada Yû, Morooka Moro, Asaoka Megumi, Sugimoto Tetta, Kagawa Teruyuki, Kojima Hijiri, Murasugi Seminosuke, Shimada Kyusaku


Cinq contes horrifiques réalisés pour la télévision japonaise, et en guise de fil rouge une histoire de bus hanté naviguant dans la campagne profonde (Kowai hanashi kikitai desu ka? – Réalisé par Nakamura Yoshihiro).

THE SPIDERWOMAN, aka Kumo Onna / くも女
Réalisé par Nakamura Yoshihiro
Une légende urbaine fait actuellement état de la présence d’une terrifiante femme araignée, qui rôderait une fois la nuit venue…

CREVICES, aka Sukima / すきま
Réalisé par Tsuruta Norio
Un jeune homme qui s’est porté garant d’un appartement pour un ami demeure sans aucune nouvelle de ce dernier, mystérieusement disparu. Dans l’appartement maintenant abandonné, du sparadrap rouge a été appliqué sur tous les murs, tiroirs et autres fentes…

THE SACRIFICE, aka Dai namabuki / 大生首
Réalisé par Shiraishi Kôji
Mayu est victime d’un stalker démoniaque. Heureusement sa mère, bien que très éloignée, veille…

BLONDE KWAIDAN, aka Kinpatsu kaidan / 金髪怪談
Réalisé par Shimizu Takashi
A Hollywood, les spectres ont-ils aussi de longs cheveux noirs… ?

PRESENTIMENT, aka Yokan / 予感
Réalisé par Ochiai Masayuki
Un homme qui vient tout juste de dérober des informations confidentielles sur son lieu de travail se retrouve bêtement bloqué dans l’ascenseur alors qu’il prenait la fuite. Trois étranges personnes patientent à ses côtés…

Originellement diffusés à la télévision japonaise en 2004 dans le cadre du drama horrifique NIHON NO KOWAI YORU, les cinq segments compilés sur ce DVD ont ensuite été édités au Japon puis réédités pour l’export sous le nom DARK TALES OF JAPAN (et dans un ordre différent de la première diffusion télé). Cette dernière édition est actuellement la seule que l’on trouve, au Japon également.

Produit par un poids lourd du film d’épouvante japonais, à savoir l’incontournable Ichise Takashige, DARK TALES OF JAPAN regroupe donc plusieurs courts réalisés pour la télévision nippone (TBS). Ce qui aurait pu n’être qu’une simple petite série prend tout de suite plus d’ampleur lorsque l’on s’attarde sur le nom des réalisateurs : Shimizu Takashi (THE GRUDGE), Shiraishi Kôji (KUCHISAKE ONNA), Ochiai Masayuki (INFECTION), Tsuruta Norio (RINGU 0) ou encore Nakamura Yoshihiro (scénariste de DARK WATER et QUILL).

De tous les courts proposés, celui réalisé par Shimizu Takashi est sans doute celui qui fait le plus «cinéma». BLONDE KWAIDAN semble en effet avoir bénéficié de moyens un poil plus importants que ses concurrents. Il demeure également plutôt sympathique dans son idée de départ, qui tourne parfois à l’auto-parodie décontractée : Shimizu s’amuse en effet à détourner le mythe du fantôme japonais aux longs cheveux couleur corbeau pour imposer un spectre blond aux faux airs de bimbo californienne (Shimizu anticipait déjà là sa future longue migration à Hollywood !).

Au contraire, THE SPIDERWOMAN ne joue pas la carte «cinéma» mais assume complètement son statut de petit drama horrifique, en abusant d’effets faciles et d’apparitions presque grand-guignolesques. Il met en scène le personnage de la femme araignée (Kumo onna), qui n’est pas un yôkai ni même un spectre. Cette femme étrange se rapprocherait plutôt des classiques légendes urbaines japonaises, à la manière de la Kuchisake onna. Grâce à ce segment, vous apprendrez à vous méfier des femmes seules, en particulier des veuves qui piquent des colères noires ! Pas effrayant ni même réellement impressionnant, THE SPIDERWOMAN amuse plutôt, et on se demande parfois jusqu’où le réalisateur osera bien aller (et il ira loin !). Un court-métrage sympathique donc, qui mérite que vous lui laissiez sa chance : n’appuyez donc pas trop vite sur le bouton «stop» de votre télécommande (ne faites pas d’arrêt niais), car ce serait un peu bête de manquer le final de l’histoire.

Plus sérieux que le segment précédent, CREVICES joue davantage la carte de la terreur. Réalisé par Tsuruta Norio, l’histoire va droit au but : huis-clos croulant sous les apparitions fugitives et les sons étranges, CREVICES ne distille certes pas autant d’angoisse que les meilleurs films du genre, mais pour un drama il s’en sort assez bien.

THE SACRIFICE présente quant à lui l’intérêt majeur d’être porté par une demoiselle de toute beauté : Yamada Yû (model, actrice, chanteuse, bref couteau-suisse). Jeune femme tourmentée par un étrange pervers (un stalker habitué aux rites surnaturels), Mayu rend visite à sa famille, isolée dans la campagne. La maison familiale fait alors resurgir quelques souvenirs. Mayu revoit ainsi sa grand-mère, un soir où celle-ci priait ardemment. Elle la revoit aussi mourir, avalée par un monstre énorme… Pas forcément super excitant, THE SACRIFICE tient surtout la route en raison du mélange des genres qu’il propose. A dire vrai, on ignore pendant très longtemps si on est face à une histoire de «simple» obsédé sexuel, de yôkai ou de cruel spiritisme (le stalker ne serait donc pas vraiment un mouton, mais plutôt un veau doux…). Détail qui a son importance : le réalisateur de ce court-métrage s’appelle Shiraishi Kôji, et il commence à se faire un nom (en tous les cas je milite en ce sens), notamment grâce à KUCHISAKE ONNA (sorti en 2007) ou encore au sympathique YÛREI ZOMBIE.

PRESENTIMENT, réalisé par Ochiai Masayuki, a pour lui une originalité certaine, puisqu’il se déroule presque uniquement dans un ascenseur. En plus d’être porté par d’excellents acteurs (Kagawa Teruyuki en tête), l’ambiance est réussie et la chute finale vraiment amusante (sans parler du fait que le réalisateur fait un sympathique clin d’œil à son film INFECTION).

Dans l’ensemble, DARK TALES OF JAPAN constitue donc un spectacle de très bonne qualité. Comme toujours avec ce genre de production, on ne saute pas d’effroi, non. Mais, pour peu que vous vous prêtiez au jeu, vous devriez passer un excellent moment. Et puis… une femme qui se transforme en araignée géante, Shimizu Takashi qui pastiche une figure classique du film d’épouvante japonais, Ochiai Masayuki qui s’amuse de son propre film INFECTION, le jeans serré de Yamada Yû ou encore ce bus hanté qui parcoure la campagne désolée avec à son bord Shiraishi Kayoko (la cultissime rivale de Sasori)…ça ne se refuse tout simplement pas.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ Great directors
+ A funny parody by Shimizu himself (in Hollywood, do the ghosts have blond hairs??)
+ A small reference to his movie INFECTION, in PRESENTIMENT by Ochiai Masayuki
+ Each story is very different from the others, each one has its own soul

– Not really scary

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Nihon no kowai yoru – Tokubestuban, Shimizu Takashi, Tsuruta Norio… (2004)

  1. kiseiju69 dit :

    J’adore ta critique et je n’en pense pas moins !!!
    Avant que j’oublie. Je savais que le visage de la vieille dame dans le bus me disait quelque chose. Grâce à toi, je sais maintenant !!! Elle était excellente dans son rôle de « méchante » dans le film Sasori ! (par contre, je me rappelle plus si il s’agit du 2 ou 3) Physiquement, je préfère Meiko Kaji. :p
    Comme toi, je suis totalement tombé sous le charme de Yamada Yû ! Le plan où elle se réveille le matin dans la maison de ces parents et où elle va chercher le courrier ne sert pas à grand chose dans l’histoire. Par contre visuellement, avec son pantalon en tissu très moulant, il relance totalement l’intérêt de cette scène !! hi hi hi
    J’ai vraiment adoré chaque segment ! Crevices a réussi à me mettre un peu la pression quand même !! J’adore la fin de The Spiderwoman !!
    Par contre, j’ai un peu honte car ayant vu Infection, je n’ai pas fait attention au clin d’oeil du réalisateur dans le segment infection ! Ce n’est pas grave, je vais regarder le film une seconde fois afin de trouver ce dit clin d’oeil et je reviendrais sur cet article !!!!

  2. kiseiju69 dit :

    Ah oui, j’ai dis que Yamada Yû est magnifique ? Oui ? Ce n’est pas grave, je le repéte !! Elle est belle !!!!! :p

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