Casshern, Kiriya Kazuaki (2004)


CASSHERN
キャシャーン
Année : 2004
Genre : de casshern et de sang
Production : Shochiku / Tatsunoko / Casshern Film Partners
Réalisation : Kiriya Kazuaki
Avec : Iseya Yûsuke, Aso Kumiko, Terao Akira, Higuchi Kanako, Karasawa Toshiaki, Kohinata Fumiyo, Miyasako Hiroyuki, Sada Mayumi, Kaname Jun, Nishijima Hidetoshi, Oikawa Mitsuhiro, Terajima Susumu, Tsuruta Mayu, Ryô, Tamayama Tetsuji, Moriguchi Youko, Otaki Hideji, Mihashi Tatsuya, Morisako Ei, Naya Gorô


Alors que les guerres mondiales font rage, le clan des vainqueurs paie un très lourd tribu aux batailles chimiques et technologiques dont il a usé et abusé. La population entière est ainsi menacée : maladies en tous genres, virus, mutations, les humains touchent le fond. Jusqu’au jour où un célèbre chercheur affirme pouvoir cloner et dupliquer n’importe quel organe, sans que celui-ci ne connaisse le moindre phénomène de rejet. La cellule développée secrètement va alors remporter un succès dépassant toutes les plus folles espérances : en plus de soigner les vivants, elle va réveiller les morts.

Ces derniers vont bientôt déclarer la guerre aux humains.

Avec CASSHERN, Kiriya Kazuaki a prouvé à toutes et à tous qu’un cinéma blindé d’effets spéciaux pouvait ne pas être indigeste pour autant. J’irai même plus loin : le réalisateur japonais a remis les pendules à l’heure et les incompétents à leur place tant les SFX sont, à présent, cruellement sous (ou mal) exploités au cinéma. Là où certains pensent aux effets spéciaux avant de penser à leur film (George Lucas), là où au contraire d’autres ajoutent les effets (parfois inutiles) juste parce que c’est à la mode, et bien Kiriya Kazuaki pense lui à son travail comme un tout indissociable (ou du moins il me donne cette impression). Pour s’en convaincre, il suffit de voir comme tout s’imbrique de manière limpide, dans CASSHERN. La mise en scène semble pensée pour les effets numériques, et inversement. Il en va de même des acteurs, jamais laissés à l’abandon sous un déluge de pixels ou de fonds verts. Bien au contraire, Kiriya Kazuaki semble avoir choisi ses interprètes avant tout pour leur talent, et non pas pour leur côté «bankable» (dans ce cas là il y aurait eu plus d’idoles et de chanteurs de SMAP au générique…). Le casting est ainsi tout simplement génial, d’une justesse absolue et, chose rare dans un film de ce genre, particulièrement mis en avant (jusque dans les seconds rôles : Otaki Hideji forever !).

Mais alors CASSHERN, c’est l’adaptation d’une série d’accord, mais de quoi ça cause exactement ? Œuvre plutôt obscure pour les occidentaux, l’anime éponyme n’en demeure pas moins une série bien ancrée dans le cœur des Japonais (en témoigne sa remise au goût du jour avec, en 2008, CASSHERN SINS). Le film qui nous intéresse ici en reprend les personnages principaux, le thème général, mais s’éloigne quelque peu du scénario original. Si quelques clins d’œil sont immanquables (les gros robots, l’apparition du chien Friender, les deux plans furtifs sur le casque originel du héros), c’est surtout sur le fond même de la trâme que l’on retrouve la noirceur certaine de la série CASSHERN : un héros torturé, s’étant rendu coupable de crimes atroces mais qui a oublié… Une démarche à mon sens très intelligente de la part du réalisateur, qui adapte un concept sans aller au bout des détails certes, mais sans jamais vraiment dénaturer le contenu original non plus.

Les effets spéciaux peuvent donc avoir une âme, quand on sait les dompter. Les aimer. Pour un premier long métrage, le réalisateur de clips (appellation d’origine incontrôlée parfois injustement péjorative) Kiriya Kazuaki est donc parvenu à enfanter l’hybride presque parfait entre un acteur et un pixel. Mais (car oui il y a un mais, et un gros), si Kiriya Kazuaki peine à masquer correctement ses petites difficultés à mettre en scène l’action (même si les scènes en question dégagent incontestablement de la testostérone), c’est avant tout au niveau de la narration qu’il se ramasse violemment. Après une première heure pourtant fine et intelligemment maitrisée, le réalisateur semble en effet perdre complètement pied et le récit sombre dans les facilités de bas étages mais aussi dans des discours d’une ringardise traumatisante.

Si Kiriya Kazuaki met donc presque tout le monde d’accord d’un point de vue technique, si ses efforts de ne jamais sacrifier les acteurs pour les effets spéciaux (et inversement) ont magnifiquement porté leurs fruits, on peut malgré tout regretter une deuxième moitié de film minée par un rythme pas toujours bien jaugé et surtout par un récit parfois trop proche de la philosophie de comptoir.

On regrettera également que le chien Friender ne fasse jamais le ro-beau.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ A director who knows how to use SFX but who doesn’t forget his actors
+ A great story during the first half of the movie
+ A very good soundtrack
+ The casting is perfect, from the main characters to all the secondary ones
+ An original adaptation of the anime

– The director seems to forget his good story line at the end of the movie
– The final dialogues are incredibly stupid

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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