Hoshi no koe, Shinkai Makoto (2003)


HOSHI NO KOE, aka The Voices of a Distant Star
ほしのこえ
Année : 2003
Genre : étoile de Maître
Production : ADV Films
Réalisation : Shinkai Makoto
Voix : Shinkai Makoto, Shinohara Mika


Japon, 2046 : Noburo et Mikako sont deux jeunes écoliers qui traînent toujours ensemble, ils s’aiment mais ne le sont encore jamais dit. Lorsque le premier demande à la deuxième si elle s’intéresse à la guerre que livrent les humains à des extra-terrestres à des milliers d’années lumières de là, la jeune fille répond généralement par un « non », presque gênée. Car Mikako sait, à présent, qu’elle doit partir au combat, ses dons de pilote ayant été bien vite repérés par l’armée japonaise.

Séparés par l’espace, les deux jeunes gens vont néanmoins continuer à correspondre, par emails. Mais à mesure que la guerre va entraîner Mikako de plus en plus loin dans le vide interstellaire, les messages des deux amoureux vont prendre de plus en plus d’années pour leur parvenir…

Révélé au Japon par son court-métrage SHE AND HER CAT, le surdoué Shinkai Makoto va définitivement se faire un nom dans son pays avec un nouveau court une nouvelle fois crée entièrement sur ordinateur, et presque seul (il a malgré tout bénéficié d’une aide pour la musique et le son). Véritable phénomène au Japon puisque ce film amateur, très peu distribué, a été longtemps diffusé dans de petites salles pour les fans, et qu’il s’en est vendu des dizaines de milliers d’exemplaires, THE VOICES OF A DISTANT STAR est un court-métrage qui mérite amplement son succès.

Certes, techniquement Shinkai Makoto peine ici à animer et dessiner les êtres humains. S’il esquivait ce problème dans SHE AND HER CAT en proposant une succession de plans très discrètement animés, il envisage cette fois-ci le problème de front puisque c’est une jeune fille qui est le personnage principal de l’histoire. Les visages peu détaillés, certaines postures et mouvements assez maladroits (sauf en ce qui concerne les vaisseaux et les mecha) vont bien évidemment faire tiquer certains spectateurs, mais Shinkai connait ses faiblesses, et ici il les compense en faisant preuve d’une créativité remarquable sur le plan de la mise en scène, de la lumière et des décors. De plus, sur le fond, Shinkai confirme ici ce que l’on avait déjà entrevu dans ses précédents travaux : il sait créer des ambiances uniques, desquelles se dégagent une très fragile et presque irréelle poésie. L’histoire de THE VOICES OF A DISTANT STAR est ainsi tout à fait réussie : ce conte futuriste qui met en scène deux amoureux pris au piège de l’espace (l’un est sur Terre, l’autre sur Mars) et du temps, se révèlera extrêmement touchant à la fin.


Ci-dessus : dans l’espace, personne ne vous entend pleurer

Malgré le manque certain de finition et de profondeur des visages des deux principaux protagonistes, l’émotion parvient donc à gagner le récit –et par conséquent le spectateur. Cela est bien évidemment dû aux talents de conteur de Shinkai Makoto, qui a pu bénéficier ici d’un temps certain dans la réalisation de son projet, puisque c’est à cette époque là qu’il prit la décision de quitter la société de jeux vidéo qui l’employait. Il refusa même les appels du pied de plusieurs studios afin de terminer son projet comme il l’entendait, à savoir avec une équipe très rapprochée.

Le résultat est là, et il ne déçoit pas. Mieux même, THE VOICES OF A DISTANT STAR enchante car certains détails de l’histoire, très discrets, ne devraient vous sauter aux yeux qu’après un deuxième visionnage. Shinkai Makoto pose donc déjà, avec un court-métrage magique qu’il a réalisé tout seul (fée maison), les bases d’un univers cohérent qu’il n’aura de cesse d’enrichir et de perfectionner à mesure que son talent grandira. L’intéressé passera ainsi sans encombres aucune l’étape du long-métrage (avec THE PLACE PROMISED IN OUR EARLY DAYS) pour confirmer ses maîtrises poétique de la narration et  technique de la réalisation (avec le sublime 5 CENTIMETERS PER SECOND, inspiré de la plus belle chanson de l’univers : One more time One more chance, de Yamasaki Masayoshi). Fragile architecte du détail inutile et donc indispensable (un peu à la Ozu Yasujirô), Shinkai Makoto est un artiste encore jeune, promis à un avenir étoilé, pour peu qu’il ne se fasse pas dévorer tout cru par les grands studios aux dents longues…

A noter qu’il existe deux versions du film THE VOICES OF A DISTANT STAR. La première (et originale) est interprétée par Makoto et sa petite amie, tandis que la deuxième a bénéficié de l’apport de doubleurs professionnels. Je précise que je n’ai vu que la première version.

Oli :

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Quick Review in English:

+ Pure poetry
+ Shinkai Makoto has almost done everything by himself
+ A very sad story, about lovers separated by space…and time
+ So many beautiful details

– The animation of the characters is far away from the perfection

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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