Grotesque, Shiraishi Kôji (2009)


GROTESQUE, aka Grotesque Unrated Version
グロテスク
Année : 2009
Genre : deux jeunes font un bad tripes
Production : Ace Deuce Group / JollyRoger / Tornado Film
Réalisation : Shiraishi Kôji
Avec : Nagasawa Tsugumi, Kawatsure Hiroaki, Ôsako Shigeo


Deux individus sont kidnappés par un maniaque…qui va prendre un malin plaisir à les torturer physiquement…et mentalement.

Avec GROTESQUE, le réalisateur Shiraishi Kôji ne trompe personne : il livre ici une parodie de HOSTEL (sawpoudrée d’un peu de jigsaw), qui risque pourtant de surprendre plus d’un spectateur. La part de parodie est ainsi annoncée dès le titre (un «grotesque unrated version», comme pour se moquer de ces «director’s cut» et autres «rated and unrated version» finalement très commerciaux). Cet esprit second degré explosera même à la toute fin du film, dans un délire grotesque que je ne peux pas vous dévoiler.

Là où quelques spectateurs risquent d’écorch…heu de décrocher, c’est dans le traitement du sujet. En effet, entre le titre assez amusant et le final grotesque, le film de Shiraishi Kôji est à prendre tout à fait au sérieux. Je veux dire par là qu’il est ultra violent, malsain, ignoble, dérangeant, [ ajoutez ici l’adjectif dégueulasse de votre choix ], etc. Avec un budget que l’on devine minuscule comparé à HOSTEL, Shiraishi Kôji parvient ainsi à livrer un produit fini bien plus étouffant et choquant. S’agit-il ici d’une pique délibérée à l’encontre du blockbuster adaubé par Quentin Tarantino himself ? Le titre GROTESQUE semblerait bien confirmer une telle impression…après chacun est libre de se faire son propre avis sur le sujet.

Un fou va donc kidnapper deux jeunes amoureux, et s’amuser à les torturer l’un après l’autre. Il va œuvrer en mettant à contribution pas mal d’outils différents (ciseaux, marteau, tronçonneuse…), tout en prenant soin de ne jamais écouter les supplications des malheureux (c’est pour ça qu’il utilisera aussi un couteau de bouché).
La violence, extrêmement présente dans GROTESQUE, est le plus souvent filmée hors-champ. Et lorsque c’est bien fait, c’est souvent bien plus impressionnant qu’un film purement gore. GROTESQUE est donc un film qui fait mal : la violence est choquante et l’atmosphère de huis-clos tout simplement irrespirable. Sur ce dernier point, la torture psychologique opérée sur les deux jeunes tourtereaux achèvera d’immerger les spectateurs dans ce cauchemar sans échappatoire. Imaginez que vous soyez enchainé à une table d’opération, à coté de votre petite amie, et que l’on vous demande de ne jamais demander pitié pendant qu’un bourreau vous torture de la plus ignoble des manières. Si vous ouvrez la bouche, si vous lui demandez d’arrêter…il ira continuer son œuvre sur le corps de votre douce moitié…

Hyper violent, psychologiquement déroutant, fatiguant pour les nerfs, GROTESQUE bascule aussi parfois dans le délire sexuel avec quelques scènes de masturbation forcée assez horribles (c’est un viol lent). Alors bien évidemment ce film ne s’adresse pas à tout le monde, mais à mon sens il n’est pas simplement constitué d’un étalage de gros morceaux de bidoche sanguinolente. Bien au contraire, la torture mentale infligée aux personnages rend l’ensemble assez captivant et, surtout, Shiraishi Kôji a eu l’intelligence de dôter son long métrage d’un second degré de lecture (via une scène finale qui change tout), qui permettra peut-être à certains de pouvoir prendre un peu de recul.

Un recul suffisant pour être capable d’apprécier le spectacle proposé ? Chacun devrait trouver une réponse différente à cette question…

Oli :        
Yasuko :

GROTESQUE et la censure : voir ce blog

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Quick Review in English:

+ The gifted Shiraishi Kôji behind the camera
+ Very immersive…it’s difficult to breathe while watching this movie…
+ Not only a very violent movie. The end and the funny title have sense
+ The violence really hurts the spectator. Not really gore, but really well directed
+ The psychological torture is maybe the most horrible one to watch
+ Much more disturbing than HOSTEL
+ HOSTEL…it seems to be the movie targeted by Shiraishi Kôji: a grotesque movie too
+ A great, unexpected and…grotesque ending

– Very difficult to see if you’re not warned enough: a very disturbing movie
– Forced masturbation, tortures…not so easy to handle
– If you are not receptive to the hidden meaning of the movie, you’ll may hate this show

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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