Occult, Shiraishi Kôji (2009)


OCCULT
オカルト
Année : 2009
Genre : documentaire à terre ?
Production : Creative AXA / Image Rings
Réalisation : Shiraishi Kôji
Avec : Wakatsuki Akira, Kuribayashi Shinobu, Azuma Mika, Shiraishi Kôji, Horiken, Kondo Koen, Nomura Takashi, Suzuki Takuya, Uno Shôhei, Yoshiyuki Yumi, Kurosawa Kiyoshi, Watanabe Peko


Une équipe de tournage s’intéresse de près à un cas très étrange : il y a quelques années de cela, un maniaque a assassiné des jeunes femmes avant de graver de curieux signes cabalistiques sur le dos d’un troisième innocent…. Il s’est ensuite suicidé en se jetant d’une falaise. Son corps n’a jamais été retrouvé.

Aujourd’hui, le pauvre homme au corps violemment tatoué mène une vie de bohème. Il passe ses nuits dans les internet cafés et ses journées dans les MacDonalds. Il prétend également avoir aperçu un ovni, sur son lit d’hôpital…et des esprits viendraient lui rendre visite régulièrement…

Shiraishi Kôji n’arrête pas de tourner, et OCCULT n’est pas moins que son quatrième DVD édité en 2009… Pour autant l’intéressé ne bâcle pas son travail et livre le plus souvent des travaux étranges et originaux.

Cette fois-ci le réalisateur s’attaque au documentaire horrifique. Genre à part entière au Japon, le documentaire surnaturel est généralement tourné dans des conditions épurées de tous effets spéciaux et scènes chocs. Seule compte la vérité (parfois un peu évasive, certes). Bien évidemment le film de Shiraishi Kôji fait semblant d’être tourné dans les conditions d’un documentaire…car il s’agit d’une fiction. Le ton du long métrage OCCULT est donc volontairement sérieux, et les acteurs ne surjouent pas un seul instant, se révélant même plutôt inspirés. On aura également droit à l’intervention de quelques célébrités, interprétant leur propre rôle (la mangaka Watanabe Peko et le réalisateur Kurosawa Kiyoshi).


Ci-dessus : qui a dit qu’elle avait le feu occult ?

Très lent (et très long –près de deux heures), OCCULT est un film où il ne se passe pas grand-chose. On suit ainsi les pérégrinations d’un réalisateur (Shiraishi Kôji), de son assistante et de quelques témoins, des entretiens sont réalisés, on cherche des traces de fantômes sur des photos et on se balade parfois en des lieux étranges pour découvrir une vérité que l’on devine déjà alambiquée. L’ambiance est à ce titre assez réussie, et on se demande constamment si une étrangeté ne va pas surgir sans crier gare.

Bien évidemment je ne peux pas vous dire si, au final, la montagne accouche d’une souris (ça casserait tout effet de surprise – ou de non surprise !). Mais l’intrigue est intéressante, le parti pris du réalisateur de fournir un grand mix du genre (fantômes, ovni, écriture automatique, terrorisme…) est plutôt louable, la bande originale minimaliste (signée Nakahara Masaya) est bizarre à souhait et les acteurs sont inspirés. Tout cela se révèle malgré tout trop long, et le plan final me reste encore en travers de la gorge (mais d’où peut bien venir cette doculotée artistique ?!).

OCCULT demeure malgré tout un vrai-faux documentaire relativement inspiré, avec de bonnes idées mais aussi de beaucoup moins bonnes. Etrange…mais en aucun cas un clone de REC, CLOVERFIELD ou encore du piteux DIARY OF THE DEAD (plutôt une vraie-fausse parodie des documentaires surnaturels japonais). Il faut d’ailleurs savoir que Shiraishi Kôji n’a pas attendu l’avènement du style « caméra à l’épaule et spectateurs embarqués » pour se frotter au genre puisque sa précédente expérience en la matière remonte à 2005, avec l’excellent NOROI. OCCULT emprunte d’ailleurs beaucoup à NOROI (notamment son final avec une cassette mystérieuse découverte au dernier moment), mais le traitement réaliste à la documentaire est bien différent. NOROI plongeait ainsi plus facilement dans le sensationnel (avec notamment quelques petits clins d’œil au PROJET BLAIR WITCH) tandis que OCCULT est beaucoup plus terre à terre. Les derniers instants de l’un des personnages principaux, peu avant la conclusion du film, sont d’ailleurs criants de naturel et l’ensemble se révèle alors très dérangeant…

Oli :        
Yasuko :

_________________________________________

Quick Review in English:

+ Another real-fake surnatural documentary by Shiraishi Kôji, after NOROI (2005)
+ Many good ideas, the movie is pretty immersive, you believe in that strange story
+ Almost no sensationnal at all, it’s not a copy of BLAIR WITCH or REC
+ Really a good parody of the « surnatural documentaries genre », pretty famous in Japan

– Too long
– Nothing really happens…even if…well, I cannot say anything about that, can I ?
– NOROI was more interesting, on the contrary OCCULT is more serious…until…
– If you didn’t like NOROI, you can forget about OCCULT

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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