Shutter, Ochiai Masayuki (2008)


SHUTTER
Année : 2008
Genre : prends l’oseille et tire-toi (le portrait)
Origine : USA
Production : Regency / Vertigo / Ozla Pictures
Réalisation : Ochiai Masayuki
Avec : Joshua Jackson, Rachel Taylor, Okina Megumi, David Denman, John Hensley, Maya Hazen, James Kyson Lee, Miyazaki Yoshiko, Yamamoto Kei, Daisy Betts, Adrienne Pickering, Pascal Morineau, Ota Masaki, Tatsuo Heideru, Otoguro Eri, Takagi Maria, Matsuki Rina, Kanzaki Tomotoka, Yakushiji Jun, Tamura Emi, Kinose Mika, Nagakura Masakazu, Furukawa Shinji, Ando Akihido, Toji Takao, Fujimoto Shizuka, Mishima Yutaka, Asano Maiko, Sato Rei


Un photographe américain, qui a déjà habité à Tokyo, retourne au Japon mais cette fois-ci avec sa femme. Dès leur arrivée, ils vont être confrontés à des évènements étranges, et vont même être rapidement persuadés d’avoir renversé une jeune femme avec leur voiture. Ils ne retrouveront pourtant pas le corps…mais verront des ombres étranges sur toutes les photos qu’ils prendront dorénavant.

SHUTTER, le film original thaïlandais sorti en 2004, constitue pour moi le meilleur film du genre sorti ces dix dernières années. Je ne pouvais donc être que déçu en me lançant dans la vision du récent remake…que je n’aurais sans doute jamais eu le courage de voir si le réalisateur n’avait pas été Ochiai Masayuki (dont j’aime habituellement les travaux).

A propos de ces remakes de films asiatiques très récents, il n’y a plus grand-chose à dire. Le procédé est nauséeux et très souvent parfaitement vain. Mais les producteurs américains ne sont pas les seuls à maudire, puisque dans le cas du film qui nous intéresse ici Japonais et Thaïlandais sont également concernés. Sur le fond du problème, il apparaît bien évident que les hommes d’affaires aux dents longues sont effrayés à l’idée de sortir un film sans star internationale aux États-Unis, comme il me semble à présent acquis qu’il est difficile pour certains producteurs d’imposer une culture étrangère dans un film destiné au grand public américain. Et après tout, ils ont sans doute raison. Oui le public est con, et si je devais rentrer dans mes frais, sans doute que j’y réfléchirais à deux fois avant de distribuer aux États-Unis un film thaïlandais sans aucun acteur connu ou même la moindre scène de cul.

Mais là où nos amis producteurs ont poussé le bouchon un peu loin, avec SHUTTER, c’est dans leur volonté de gommer toute référence à la Thaïlande dans leur nouveau film. SHUTTER se déroule en effet au Japon, parce que quoi qu’on en dise, le public con est désormais assez habitué aux fantômes japonais (merci aux dizaines de remakes qui sont passés par là ces dernières années). C’est bien évidemment passer outre le formidable folklore thaïlandais qui existe en la matière, mais le public con aime Bangkok pour ses boxeurs et ses masseuses plutôt que pour ses esprits, me souffle-t-on à l’oreille.


Ci-dessus : elle va lui rouler une pellicule

SHUTTER se présente donc comme un remake aseptisé, et au final c’est ce qu’il est bien. Lisse au possible, le film de Ochiai Masayuki ne dégage rien : pas d’âme, aucune intensité dramatique et des personnages dont on se fiche royalement. Tout le contraire du titre original. Mais là où le réalisateur déçoit encore plus, c’est dans sa gestion des scènes choc : ici rien ne fonctionne, à croire que Ochiai Masayuki a sciemment désamorcé l’ambiance lourde et effrayante du premier SHUTTER… On a donc droit à tous les moments clés du film original (c’est un véritable copier-coller), mais moins intéressants et surtout moins immersifs.

Alors vous allez me demander ce qu’a bien pu venir faire Ochiai Masayuki dans ce désastre annoncé ? Sans doute que le cachet de SHUTTER est aussi élevé que celui cumulé de tous les précédents films de l’intéressé, et que vouloir arrondir ses fins de mois ne peut pas être totalement condamnable pour un réalisateur qui ne fait pas encore partie du gotha du cinéma d’horreur. Avec SHUTTER Ochiai Masayuki avait sans doute également l’opportunité de s’ouvrir les portes du marché hollywoodien. Très égoïstement et pour avoir apprécié ses premiers films un peu étranges, j’espère qu’il sera contraint de rester durablement au Japon. En effet après la calamité américaine SHUTTER remplie de clichés, y’a pas photo.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ A director I usually like
+ The remake of the best horror movie of the past ten years (the thai movie SHUTTER)
+ Who has never dreamed to be haunted by Okina Megumi?!

– Nothing really works…even if many of the scenes are only a copy of the original movie
– Why does that movie do in Japan ? Where is the Thailand of the original story?
– A very pale remake… Please see the real SHUTTER, it’s a masterpiece

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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