Inugami, Harada Masato (2001)


INUGAMI
狗神
Année : 2001
Genre : l’esprit a du chien
Production : Asmik Ace / Inugami Production / Kadokawa
Réalisation : Harada Masato
Avec : Amami Yûki, Watabe Atsuro, Eugene Harada, Fujimura Shiho, Yamaji Kazuhiro, Fukaura Kanako, Machida Shion, Yajima Kennichi, Irie Masato, Togashi Makoto, Hamada Torahiko, Watase Miyû, Awaji Keiko, Satô Kôichi


Omine de nos jours : un petit village perdu en pleine montagne sur l’île de Shikoku. Les habitants vivent en communion avec la nature qui les entoure, avec les esprits aussi. La famille Bonomiya passe ainsi pour être maudite depuis des générations, leurs femmes ayant, dit-on, la faculté de garder prisonnier dans une urne l’esprit malin dénommé Inugami.

Bonomiya Miki porte à présent, seule, ce lourd fardeau… Tout se dérèglera le jour où un jeune étranger débarquera dans le village.

Le spiritisme, au Japon, est constitué pour l’essentiel de deux courants : le shintô et le bouddhisme, qui s’entremêlent parfois. La croyance est si présente dans ce pays qu’elle est quasiment devenue une pratique sociale plus qu’une foi, s’intégrant, disparaissant presque dans la vie quotidienne de millions de Japonais, à tel point que beaucoup d’entre eux se disent bien souvent athées. En gros la religion s’est ici dématérialisée pour s’intégrer à un quotidien qui ne la voit pas, mais…qui la ressent. A n’en pas douter, certains devraient retenir cette leçon…

Le film INUGAMI s’inscrit donc dans le respect du culte shintô, où la nature est considérée comme une émanation du divin, où les kami sillonnent les forêts, habitent les objets, naviguent même parfois avec le vent. Au Japon ils sont craints, et respectés. On recourt ainsi parfois à divers rites purificateurs pour apaiser un esprit offensé.

Pour les habitants de Omine, ces esprits sont omniprésents et en particulier Inugami, esprit du chien, qui « habite » vraiment l’île de Shikoku (d’où l’existence d’une petite polémique autour du film). Ces esprits très particuliers sont dans la forêt, les maisons, et une vieille légende prétend donc que chaque mère de la famille Bonomiya a le pouvoir de les maintenir enfermés dans une urne. Le film navigue ainsi dans des lieux peu communs et Omine est un petit village perdu entre la montagne et la forêt, deux magnifiques émanations naturelles du surnaturel…
…ou bien est-ce l’inverse ?

Cette nature, qui tient le premier rôle dans INUGAMI, est tour à tour merveilleuse et inquiétante, et après avoir vu le film (et visité grâce au talent du réalisateur ces pans de nature étranges et imposants qui survivent encore un peu au Japon et plus précisément à Shikoku) on comprend mieux comment certaines personnes peuvent se persuader de l’existence d’une autre présence.

…le Malin mal habité…

Basé sur un livre de Bando Masako (et un peu plus fidèle qu’une autre adaptation ciné de l’un de ses écrits : SHIKOKU), INUGAMI est donc un film sur les croyances séculaires qui survivent aujourd’hui encore, au Japon. Une œuvre étrange et très troublante, au climat parfois assez lourd. Si son thème en rebutera plus d’un (survivance des rites ancestraux dans le Japon contemporain, leur mise en péril par la société moderne et la question légitime des limites qu’il conviendrait parfois d’y apporter), son traitement cinématographique des esprits décevra également celles et ceux qui s’attendaient à un film de fantômes à la sauce RING. Pour tous les autres, INUGAMI est un titre à ne manquer sous aucun prétexte, avec une mention spéciale pour la superbe Amami Yûki, élégante et sexy, qui n’apparaîtra sans doute jamais plus aussi désirable sur un grand écran…la faute à son statut désormais acquis de superstar et à la frilosité d’un certain cinéma japonais.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ A good adaptation of a good book by Bando Masako (SHIKOKU)
+ Original movie, beautiful story, strange cults… and a real spirit that (maybe) exists in Shikoku
+ Amami Yûki will never be as sexy as she is in this movie: she’s too famous now
+ Great natural sets

– Do not expect a ghost movie like RING

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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