Konchû tantei Yoshida Yoshimi, Satô Sakichi (2010)


KONCHÛ TANTEI YOSHIDA YOSHIMI, aka The Bugs Detective, aka Yoshimi Yoshida the Insect Detective
昆虫探偵 ヨシダヨシミ
Année : 2010
Genre : blatte coquette, cafard à fossettes
Production : Comcent / Pony Canyon / KTC
Réalisation : Satô Sakichi
Avec : Aikawa Shô, Oyamada Sayuri, Murano Takenori, Mizumoto Hidejiro, Katsumata Kunikazu, Tanaka Yôji, Morishita Yoshiyuki, Horiuchi Ken


Yoshida Yoshimi est un détective privé un peu particulier : il possède en effet la capacité de communiquer avec les animaux, et principalement les insectes. Son morne quotidien, aux pieds d’une mairie de Shinjuku en ruines, va un jour être chamboulé par l’arrivée d’une jeune femme, un brin fofolle, qui n’aura de cesse de l’appeler Tanaka. Yoshida Yoshimi et ce mystérieux Tanaka sont-ils réellement une seule et même personne ?

Aikawa Shô, un acteur pour lequel j’ai toujours eu beaucoup d’affection, aurait porté le projet de KONCHÛ TANTEI YOSHIDA YOSHIMI sur ses propres épaules. Passionné par les insectes, il aurait lancé la production du film, décidé d’en interpréter le rôle principal et au final ce n’est même pas un hasard de retrouver derrière la caméra un réalisateur qui l’avait déjà dirigé dans TOKYO ZOMBIE, en 2005.

KONCHÛ TANTEI YOSHIDA YOSHIMI est l’adaptation d’un manga, aussi ne soyez pas surpris par le ton décalé du long métrage. On frise ainsi très souvent le « n’importe quoi ». Le film s’ouvre en effet sur une scène de copulation entre scarabées. Épiés par Yoshida Yoshimi (Aikawa Shô), le mâle scarabée mettra rapidement fin à son étreinte tandis que la femelle souhaitait continuer : la présence d’un voyeur l’excitait ! Ce que les deux bougres ignoraient, c’est que l’intéressé, Yoshida Yoshimi, était un détective privé, doté de la capacité de communiquer avec les insectes, et qu’il était embauché par la femme du scarabée mâle afin d’enquêter sur les affaires extraconjugales de ce dernier ! Suivra le cas d’une mante religieuse mâle à laquelle on conseillera finalement la masturbation (vous devinerez aisément pourquoi !), la destruction de Tokyo causée par un insecte maléfique et notre ami Yoshima Yoshimi bientôt harcelé par une jolie (mais hystérique) jeune femme qu’il affirmera n’avoir jamais vue quand bien même celle-ci prétendra le contraire.


Ci-dessus : stupéfait, Yoshimi marque un arrêt niais

Le menu est alléchant, et on se dit que les aventures de ce détective, qui ne s’occupe que des cas au rabais, nous réserve des surprises en tous genres. Hélas à la manière de TOKYO ZOMBIE le film de Satô Sakichi ne tiendra pas toutes ses promesses. Des longueurs, des raccourcis scénaristiques énormes et une absence d’enjeux véritables sont les principaux points faibles du récit. L’ensemble est également très cheap, et si on peut saluer la volonté de n’avoir recours qu’à de vrais insectes et non à de hideux effets numériques (un souvenir ému à Indiana Jones marchant sur des gâteaux secs), on peut au contraire s’avouer déçu devant la platitude de la réalisation.

KONCHÛ TANTEI YOSHIDA YOSHIMI relève donc d’avantage du format DTV un brin fauché, que du film écrit et pensé pour le ciné. Et on pouvait s’en douter…même s’il y aura bien des magazines ou autres sites internet blasés pour jouer la surprise et s’offusquer devant le pauvre emballage de l’ensemble (plus ou moins volontaire puisque quelques stars sont malgré tout présentes au sein du casting et du staff). Après, il faut bien avouer que l’on est en droit de se poser quelques questions : le film de Satô Sakichi pouvait-il (devait-il) aller plus loin dans la folie ? Ou bien a-t-il déjà cherché à trop en faire et ainsi dépassé les limites du grotesque compte tenu de son budget restreint ?

KONCHÛ TANTEI YOSHIDA YOSHIMI constitue cependant un petit divertissement assez drôle, original et qui ne se prend pas au sérieux (à noter une excellente parodie des vrais combats d’insectes faisant actuellement fureur sur le web). A réserver avant tout aux fins connaisseurs adeptes des productions décalées qu’on ne peut voir (en général) qu’en DTV.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ Crazy and funny ideas
+ Original, but not to be taken too seriously, of course
+ Only real bugs, no CG effects here!

– The adaptation of a mad manga, so do not expect an intelligent and deep story
– Many huge shortcuts in the story
– A theater movie, but it looks much more like V-cinema: pretty cheap, after all
– If you don’t like V-cinema, maybe you should not try to see that movie

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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