Yaneura no sanposha, Jissoji Akio (1993)


YANEURA NO SANPOSHA, aka Edogawa Ranpo gekijô-ban: Yaneura no sanposha
屋根裏の散歩者
Année : 1993
Genre : un mâle pour un bien
Production : TBS / Bandai Visual
Réalisation : Jissoji Akio
Avec : Mikami Hiroshi, Hiraga Kanichi, Horiuchi Masami, Kaga Keiko, Kobayashi Masahiro, Miyazaki Masumi, Musaka Naomasa, Saito Sosuke, Shimada Kyûsaku, Shimizu Hitomi, Suzuki Nao, Terada Minori


Les années 20, dans une grande pension bourgeoise de Tokyo. Les locataires vont et viennent au rythme de leur maigre quotidien, de l’alcool et des cris de jouissance des quelques femmes qui résident dans les lieux. Goda Saburo découvrira un jour un passage menant jusque dans le vieux grenier. A partir de cet endroit obscur, il va s’amuser à épier chacun des habitants de l’énigmatique pension. Il ouvrira ainsi en même temps une boite de pandore, et de multiples jardins secrets…dont le plus important : le sien. A force de déambuler ainsi impuni au dessus des vies de ses voisins, Goda Saburo va se laisser tenter par le meurtre. Hélas pour lui, le détective Akechi Kogoro ne réside pas bien loin…

Si une majorité du public garde en mémoire la version de 1976 du film YANEURA NO SANPOSHA, par un amateur du roman porno (Tanaka Noboru : LA MAISON DES PERVERSITÉS), on fait souvent l’impasse sur une adaptation plus anecdotique de 2007. On oublie aussi, assez injustement, un autre remake produit par TBS diffusé pour la première fois en 1993, qui rend pourtant un bel hommage au mythique écrivain Edogawa ranpo (pour le centenaire de sa naissance, en 1994).

Joliment mis en scène et majestueusement photographié, YANEURA NO SANPOSHA constitue un habile mélange des genres cher à Edogawa Ranpo. Érotisme, mystères et perversités ont rarement fait aussi bon ménage (dans un titre aussi bien réalisé, j’entends). L’érotisme prend d’ailleurs ici quelque peu le pas sur l’enquête policière, le personnage fétiche de Edogawa Ranpo, Akechi Kogoro, n’intervenant en fait que sur la fin du récit. YANEURA NO SANPOSHA est donc avant tout un spectacle d’une grande sensualité, le tout est d’ailleurs parfois filmé tellement près des ébats et avec tellement de naturel que l’on a l’impression d’être devant un vrai film porno artistique. Sexe, déviances…est-ce bien indispensable ? Lesbien nécessaire ? La réponse est oui : cent fois oui ! Cette chaleur sexuelle qui se dégage du film de Jissoji Akio (RANPO JIGOKU) fait basculer le spectateur dans un monde à la fois baroque et quasi surréaliste. A chaque nouvelle porte que l’on entrouvre, dans cette belle pension bourgeoise, on tombe sur un spectacle surprenant, décalé. Parfois cruel. Heureusement, l’humour et le second degré ne sont  pas absents du récit, et on se surprend parfois à sourire, voire même à rire (excellente simulation de seppuku !).


Ci-dessus : une lampe élec-trique

Avec ce voyage original et sexuel, pas de panne des sens possible. On s’amuse ainsi, aux cotés de Goda Saburo, à aller et venir dans le vieux grenier de la pension, pour observer secrètement chacun des locataires. Et si LB Jeffries (interprété par James Stewart) était un voyeur assez altruiste dans le classique REAR WINDOW, il en va tout autrement de notre ami Goda Saburo, qui nourrit en réalité de noirs et égoïstes desseins. Mais lorsque ce dernier tentera de maquiller l’un de ses meurtres en suicide, Akechi Kogoro (hélas bien peu charismatique dans cette production) aura cette remarque géniale : un homme qui se suicide ne programme pas l’alarme de son réveil pour le matin suivant.

YANEURA NO SANPOSHA se termine donc sur la résolution d’un meurtre crapuleux. Et tandis que quelques pensionnaires basculent dans la folie, certains se dirigent tout droit en enfer. Le spectateur, lui, est au paradis. Qui a dit un jour que les anges étaient asexués ?

Oli :        
Yasuko :

La bande-annonce :

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Quick Review in English:

+ A good hommage to Edogawa Rampo
+ Sexy (almost porn), cruel, hot atmosphere, mysteries, and even a little bit funny
+ Magnificent photography

– Akechi Kogoro doesn’t have much charisma
– The detective story with Kogoro is, maybe, not very well introduced

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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