Inju, la bête dans l’ombre, Barbet Schroeder (2008)


INJU, LA BÊTE DANS L’OMBRE, aka Inju: The Beast in the Shadow, aka Inju
陰獣
Année : 2008
Genre : inju mon prince viendra…
Pays : France
Production : Cross Media / La Fabrique de Films / SBS
Réalisation : Barbet Schroeder
Avec : Benoît Magimel, Minamoto Lika, Sugata Shun, Ishibashi Renji, Maurice Bénichou, Abe Yuna, Asanuma Shinpei, Guillaume Binggeli, Era Jun, Fujimura Shiho, Fujisaki Yoriko, Fujiwara Toshi, Fukui Tomonobu, Hirai Erika, Hisa Ren, Imayoshi Shoko, Iwamoto Yusuke, Jibiki Gô, Kaneda Asami, Tsujimoto Kazuki, Yamauchi Shuichi


Shundei Oe est un écrivain effrayant, que personne ne semble avoir jamais rencontré. L’un de ses concurrents, le Français Alex Fayard, se rend bientôt au Japon pour livrer quelques interviews. Il ne sait pas encore qu’il va provoquer la colère de Shundei Oe…et que l’adorable Tamao, fraîchement rencontrée, va lui livrer ses plus noirs secrets : Shundei Oe l’épierait ainsi tous les jours, jusque dans sa plus stricte intimité !

INJU est l’adaptation d’un roman de Edogawa Ranpo. Un écrivain célèbre pour ses histoires morbides, perverses, nimbées d’intrigues policières. De ce point de vue là, INJU remplit plus ou moins son cahier des charges, puisque le long métrage de Barbet Schroeder est assez fidèle à l’esprit du support écrit. Hélas, ce n’est pas suffisant pour faire un bon film…la réalisation, l’interprétation et quelques choix très douteux au niveau du design faisant basculer l’ensemble dans un marasme proche du…ridicule. Pour couronner le tout, le final, différent de celui du livre, donne trop dans le polar classique et oublie au passage le flou et le drame romantique de l’œuvre originelle.

La blessure est donc bien profonde. En effet, le film français INJU a été vendu en 2008 en jouant sur le coté « folklore japonais » (c’est peut-être pour ça qu’une « geisha » est présente dans le long métrage). Et quitte à ne pas faire les choses à moitié, INJU a été présenté en ce haut lieu de la culture nippone qu’est la Japan Expo. Pensez donc, Barbet Schroeder venant dans le nord de Paris, coincé sur un stand entre un concours de cosplay et une démonstration de roulage de makizushi, ça c’est du folklore, ça c’est le Japon dans toute sa splendeur. Et pourquoi ne pas faire la com’ du film autour de l’écrivain Edogawa Ranpo ? Aaaah, pas assez sexy…ok, je note.

Bon plus sérieusement, INJU ne mérite pas vraiment le détour. La faute à une réalisation anonyme qui se complait dans de lourds clichés. Les acteurs ne sont pas en reste, tant Magimel est effarant de nullité et que les acteurs japonais parlant français ont bien du mal à être crédibles. Pour couronner le tout, Ishibashi Renji et Sugata Shun n’apparaissent que très peu de temps à l’écran (qu’on le veuille ou non, ici la star c’est celui qui porte le benoît d’âne). Et si vous voulez une raison supplémentaire pour détester INJU, sachez que depuis la sortie du film la couverture dessinée du roman écrit par Edogawa Ranpo (et publié chez Picquier Poche) a été remplacée par une image de l’affiche du film ! Plus cruel encore : le titre français du roman originel (LA PROIE ET L’OMBRE) a également connu un changement certain, puisque le nouveau titre est celui du film (INJU, LA BÊTE DANS L’OMBRE), plus fidèle pris dans le sens de la stricte traduction, certes, mais si on doit changer les titres des livres tous les 10 ans…nous ne sommes pas sortis de l’auberge…

Bon allez sur ce, je vous laisse, j’ai rendez-vous à la Japan Expo pour assister à un concours de nunchaku, à un concert de Bernard Minet et à une préparation de yaki soba (et tout en même temps).

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ From a great book by Edogawa Ranpo
+ Mysteries, sexe and (a little) violence
+ Minamoto Lika is so hot

– The end of the movie is less interesting than the end of the book
– The atmosphere is, sometimes, pretty stupid
– Actors are not gifted, and B. Magimel is awful
– Anonymous filmmaking by mister Schroeder

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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