Bachiatari bouryuku ningen, Shiraishi Kôji, Kasai Akihiro (2010)


BACHIATARI BOURYOKU NINGEN
バチアタリ暴力人間
Année : 2010
Genre : à l’humour à la mort
Production : Creative AXA
Réalisation : Shiraishi Kôji et Kasai Akihiro
Avec : Yamamoto Takeshi, Kasai Akihiro, Shiraishi Kôji, Fukushima Shingo, Hotta No, Ôsako Shigeo, Uno Shôhei, Yoshiyuki Yumi, Murakami Rock, Sagawa Ginji, Nagasawa Tsugumi


A la suite d’un tournage qui a mal tourné, le réalisateur Shiraishi Kôji va se retrouver embarqué dans une vraie galère : deux petits truands, un brin violents, vont en effet l’obliger à leur proposer des rôles dans ses futures productions. Shiraishi Kôji va alors les faire participer à des documentaires surnaturels, mais il aura bien du mal à maitriser ses nouveaux acteurs.
Non, Shiraishi Kôji n’est définitivement pas au bout de ses (mauvaises) surprises !

Shiraishi Kôji est décidément un réalisateur incroyable…et rapide ! Alors que son nouveau long métrage dédié aux (petites) salles de cinéma sort dans quelques jours (SHIROME), voilà que je tombe sur un récent DTV dont je n’avais jamais entendu parler (et les grands pros œuvrant sur IMDB non plus – du moins au moment où j’écris ces quelques lignes). Le film en question, BACHIATARI BOURYOKU NINGEN, s’inscrit une nouvelle fois dans le trip «vrai-faux documentaire fantastique». A croire qu’il s’agit là d’une passion, pour Shiraishi Kôji, puisque l’intéressé a déjà signé, dans le même registre, NOROI, OCCULT et…SHIROME.

Mais là où NOROI œuvrait dans l’étrangeté dérangeante, et OCCULT dans le réalisme total (tranchant avec son final «from outer space»), BACHIATARI BOURYOKU NINGEN joue pour sa part la carte de la comédie parodique. Shiraishi Kôji, dans son propre rôle, incarne en effet un réalisateur paumé qui n’hésite pas à se moquer des documentaires surnaturels (il avoue que tout est bidonné, et les «spirituous idolu» en prennent pour leur grade). Il est accompagné par deux bad boys, vulgaires, ridicules mais finalement assez dangereux. Les deux compères feront d’ailleurs basculer le film dans le grotesque absolu (tellement leurs réactions seront extrêmes –et parfois surjouées).

Si on rit donc à plusieurs reprises, il faut bien également avouer que l’on s’ennuie aussi. Ici aucun élément fantastique ne viendra jamais, et pour cause : Shiraishi Kôji est un menteur qui bricole ses films. Il va donc enchaîner les projets fauchés, mettant en scène deux apprentis yakuza dans des documentaires surnaturels bidonnés et on passera ainsi du tournage ridicule d’un mauvais film en carton à une scène un peu plus dérangeante durant laquelle les mauvais garçons vont terroriser leur entourage.


Ci-dessus : Michael Jackson le glas du bon goût

Pas toujours très drôle (c’est quand même de l’humour très bourrin), BACHIATARI BOURYOKU NINGEN se laisse voir sans jamais vraiment passionner. C’est alors que, sans prévenir, le film va sombrer dans le trip glauque : scatologie, viol et humiliation…mais tout cela est tellement exagéré qu’au final, on rigole. Et puis celles et ceux qui ont été choqués par les tortures du long métrage GROTESQUE seront peut-être heureux de voir l’actrice du film (Nagasawa Tsugumi) engueuler Shiraishi Kôji, ainsi que le grand méchant tortionnaire (incarné par Ôsako Shigeo) finir ici les quatre fers en l’air (au sens propre…même s’il sera un peu dé-figuré).

Voilà donc pourquoi j’ai de la sympathie pour Shiraishi Kôji : même quand ses films ne sont pas terribles (bon ici il n’a pas franchement forcé son talent), on sait que tout peut arriver à n’importe quel moment. Et si on s’ennuie un peu pendant une bonne partie de BACHIATARI BOURYOKU NINGEN, quand le générique de fin se lance en faisant suite à un concert rock improvisé on se surprend à taper du pied pour suivre le rythme…et on se dit qu’on a, finalement, aimé les personnages et passé un bon moment.

BACHIATARI BOURYOKU NINGEN n’en demeure pas moins un titre à réserver aux esprits dérangés et connaisseurs de la filmo du technicien-fou Shiraishi Kôji…qui, ici, ne réalise pas un tour de force mais…de farce.

Oli :        
Yasuko :

Le trailer (hébergé par shiraishikoji – le vrai ? J’en doute un peu) :

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Quick Review in English:

+ Once again, a fake-documentary-like movie by Shiraishi Kôji
+ This time, it looks like a crazy parody of this genre (very popular at Japanese TV)
+ Crazy comedy, but weird stuff too (scatological humour, rapes…)
+ In a Shiraishi’s movie, anything can happen at any moment
+ Nagasawa Tsugumi takes her revenge from GROTESQUE
+ I like this movie: its music, its characters, its final climax… Crazy!

– Not THAT funny
– Cheap movie (DTV)
– Sometimes boring
– The humour is heavy, don’t look for anything psychological here
– The fans of Shiraishi may like that stuff (self parody and humiliation), the others may not

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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