Tetsujin 28-gō, Oshii Mamoru et Morishita Norihiko (2009)


TETSUJIN 28-GÔ, aka Butai 「Tetsujin 28-gō」, aka Tetsujin No.28 Theatrical Play
舞台「鉄人28号」
Année : 2009
Genre : robot en pièces (de théâtre)
Production : Deiz / Hikari Pro / Umeda Theater / Pony Canyon
Écriture et direction artistique : Oshii Mamoru
Réalisation : Oshii Mamoru
Mise en scène : Morishita Norihiko
Avec : Kaho Minami, Ikeda Narushi, Diamond☆Yukai, Tanabe Kenichirô, Sunplaza Nakano kun, Nishida Kazumi, Fujiki Yoshikatsu, Nagata Akira


Japon, 1964. Afin d’organiser au mieux les imminents Jeux Olympiques de Tokyo, les dirigeants de la capitale nippone tentent d’exterminer les derniers chiens errants encore en vie dans la région, beaucoup de gens ayant été mordus ces derniers temps. Autre petit souci pour les militaires très perfectionnistes responsables du projet : le robot géant Tetsujin 28-gō devant participer à la cérémonie d’ouverture n’est pas encore tout à fait prêt.
C’est dans ce chaos organisé qu’un groupe d’obscurs résistants va intervenir. Car sauver le dernier des chiens, ne serait-ce pas aussi un peu sauver ce qui reste d’humain dans les derniers des hommes ?

TETSUJIN 28-GÔ est inspiré du célèbre (et très vieux) manga Tetsujin 28-gō, de Yokoyama Mitsuteru, grand créateur de robots géants devant l’Eternel. Avant de continuer, il convient d’apporter une précision importante : TETSUJIN 28-GÔ n’est pas un film, mais bel et bien une pièce de théâtre mise en scène par Morishita Norihiko mais entièrement pensée par Oshii Mamoru, en 2009. Mais TETSUJIN 28-GÔ est aussi un film-documentaire-making of (et j’en parle dans cet article), également écrit et tourné par Oshii Mamoru et sorti une année après (donc attention à ne pas vous mélanger les pinceaux).

Vous devinez alors qu’il m’est un peu difficile de parler de la pièce de théâtre qui nous intéresse ici, puisque je n’étais pas dans la salle (je suis lamentablement passé à coté de cette nouvelle – alors que la représentation a eu lieu à Tokyo mais aussi dans ma ville d’Osaka !), j’ai donc vu le spectacle sur le DVD locatif mis à la disposition du public japonais depuis le mois de septembre 2010 (la représentation sur le DVD est celle du 13 janvier 2009, à Tokyo). Sur un écran de télévision, on perd donc indéniablement 80% du plaisir qu’est supposé générer une pièce de théâtre : la proximité des acteurs, les effets de lumière, la musique, l’interaction avec le public (certains acteurs passant entre les sièges ou vous pointant du doigt)…enfin bref, vous m’avez compris. Deuxième grosse difficulté pour moi : je ne connais le manga original que de nom (et d’apparence). Pas évident, donc, de me familiariser avec le récit de Oshii Mamoru en ignorant tout de l’œuvre qui l’a inspiré. Heureusement, une rapide visite sur une page Wikipedia m’a permis de me faire une petite idée des différents horizons auxquels nous avons ici affaire.

La pièce de théâtre ne me parait donc pas suivre strictement le manga. Le robot géant est bien présent, ainsi que le professeur l’ayant crée et le petit garçon destiné à le piloter, mais Oshii Mamoru a enrobé le tout d’un drame militaire et…animalier, dont il est assez familier il faut bien l’avouer. D’un coté nous avons donc un groupe dirigeant qui extermine les chiens car ceux-ci sont devenus dangereux pour l’homme moderne, et de l’autre des résistants qui tenteront de mettre des bâtons dans les roues (et parfois des balles dans la peau ?) des gouvernants un brin totalitaristes précédemment cités (c’est un peu comme avec Canin et Abel). Ajoutez à cela la proximité de la cérémonie d’ouverture des JO de Tokyo (1964) à laquelle le robot Tetsujin 28-gō doit participer (espérons qu’il ne soit pas frappé par une flemme olympique), un acte terroriste pour saboter tout ça (à base d’urine de chien – oui, oui), et vous obtenez une bataille pour un futur que certains ne peuvent même plus simplement imaginer, tellement les horizons sont bouchés.

Sur la forme, il ne faut pas s’attendre à un truc exceptionnel, Oshii Mamoru n’est pas un magicien et sa pièce de théâtre, si elle est parfois impressionnante, n’en n’est pas pour autant pharaonique : le robot géant, présent sur scène, ne bouge ainsi quasiment pas, il n’y a pas des dizaines d’acteurs se battant dans des batailles rangées dantesques et les effets spéciaux se résument au strict minimum. Malgré tout les moments chantés sont joliment montés et agréables à écouter, les petits traits d’humour sont sympathiques (le chef qui demande à son subalterne de l’aider à démarrer son tank en le poussant), quelques célébrités sont présentes au casting et un ou deux moments sont presque magiques (l’instant où l’on croit avoir affaire à un mannequin désarticulé – mais en fait non). La pièce de théâtre TETSUJIN 28-GÔ, originale, colorée et rythmée, perd malgré tout de sa superbe et de son intérêt avec le support DVD et est donc sans doute à réserver aux fans et seulement aux fans (au dernier degré) de monsieur Oshii. Mais si vous avez lu cette chronique jusque là, il y a de fortes chances que vous fassiez, comme moi, partie de la tribu.

Oli :        
Yasuko :

Un extrait de la pièce :

Plus d’images de la représentation : ici

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Review in English:

Since the good SKY CRAWLERS, Oshii Mamoru did not take a break, even if his several omnibus movies and science-fiction short movies were not as interesting as expected (it was fun, yes, but we want more from such a genius). Well, as I said before, Oshii Mamoru did not rest at all; he wrote and supervised (with the assistance of a professional stage director) a theatrical play (we almost can say a musical). The theatrical play, titled TETSUJIN 28-GÔ (from the eponymous manga by Yokoyama Mitsuteru -Gigantor in America), was performed in Tokyo and Osaka in 2009…and I missed it! Argh.

On DVD (available since September 2010), the show probably loses a lot of interest: the music, the great songs, the actors running or dancing near the audience, the giant robot, the smoke and the special effects…well it doesn’t have the same taste on DVD.

For that reason, this play on DVD may only be destined for Oshii Mamoru’s most dedicated fans. They should like the play (as I did), because the Oshii’s universe (dogs, uchronia, totalitarianism…) is still there. And if everything is pretty dark, a few comedy scenes bring a little freshness.

TETSUJIN 28-GÔ is not the most incredible play in History (no fantastic special effects, even the giant robot almost doesn’t move at all), but it’s very original, it has its own soul and one or two scenes are almost magical (the one with the puppet). And it’s always very interesting to see such a versatile artist as Oshii Mamoru at work. Isn’t it?

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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