The Midnight Meat Train, Kitamura Ryûhei (2008)


THE MIDNIGHT MEAT TRAIN, aka Midnight Meat Train, aka Clive Barker’s Midnight Meat Train
ミッドナイト ミート トレイン
Année : 2008
Genre : métro, boulot, bobo
Origine : USA
Production : Lionsgate / Midnight Picture Show / Lakeshore
Réalisation : Kitamura Ryûhei
Avec : Bradley Cooper, Leslie Bibb, Vinnie Jones, Brooke Shields, Roger Bart, Tony Curran, Barbara Eve Harris, Perer Jacobson, Stephanie Mace, Ted Raimi, NorA


Soucieux de plaire à une mécène en vogue dans le milieu artistique new-yorkais, Leon, un jeune photographe, va partir à la recherche de clichés provocants pris…sur le vif. Après avoir été témoin de la disparition d’une Japonaise dans une rame de métro, l’intéressé va se lancer sur cette piste…et se mettre à suivre l’auteur présumé de ces kidnappings nocturnes : un géant, taciturne et boucher de profession. Leon va alors découvrir un musée des horreurs dépassant toute sa cauchemardesque imagination.

Je n’ai jamais été un grand fan de Kitamura Ryûhei. Pas maladroit avec une caméra, mais pas foutu de faire le moindre film intéressant. La faute à qui, à quoi ? Difficile à dire, mais les travaux de Kitamura ont souvent pué la prétention à plein nez, avec un sens du rythme et de la progression dramatique frisant le zéro pointé. Ces dernières années, pourtant, Kitamura semble avoir un peu changé (vieilli ?). Et après un BATON original mais au final assez décevant, le réalisateur de VERSUS signait son premier film américain en 2008, avec THE MIDNIGHT MEAT TRAIN. Pour un résultat inattendu.

Inattendu car THE MIDNIGHT MEAT TRAIN est en fait coincé entre la plume (celle de Clive Barker) et l’enclume (le coté rentre-dedans de Kitamura). On se retrouve alors avec un film bancal, un brin bâtard, mélangeant les tons et les influences (Barker + Kitamura + Hollywood). Ce grand mix est responsable de bien des ruptures et défauts, dans le film, mais c’est aussi ce qui rend ce dernier un peu unique et attachant, car se situant à des années lumières des titres du même genre réalisés (préformatés) dernièrement aux Etats-Unis. La preuve que le film est bon et pas vraiment conforme aux autres titres horrifiques américains : il n’a pas marché et n’a même pas été rentable ! Ce qui ajoute au film un petit coté maudit pas désagréable.

Un tel échec est injuste mais est aussi un gage de qualité (tant on sait que le grand public tient plus du troupeau que d’autre chose). Injuste car THE MIDNIGHT TRAIN enchaine les scènes inquiétantes, avec un superbe travail de Kitamura qui donne véritablement une âme à ce métro machiavélique…lieu fantasmé, réel abattoir ou cauchemar éveillé ? La réalisation de Kitamura laisse planer le doute, et le spectateur n’est pas au bout de ses surprises (sauf s’il connaît un peu les travaux de Clive Barker…). De plus THE MIDNIGHT TRAIN n’est pas avare en scènes gores (sur la fin c’est extrêmement crade) et Kitamura osera même faire du Kitamura (très ponctuellement, par exemple avec ces yeux qui giclent hors de leurs orbites).

Surprenant, inquiétant, dégueulasse (à en rester boucher-bée) et passionnant, mais aussi frisant parfois le ridicule en raison de scènes mal maitrisées par leur réalisateur (scène de ménage risible et venue de nulle part) ou au contraire clairement assumées par ce dernier (sang numérique à deux balles, le coup des yeux mentionné ci-dessus…) : THE MIDNIGHT MEAT TRAIN est donc bel et bien le voyage étrange annoncé. En gros, le Japonais Kitamura ne semble jamais meilleur que lorsqu’il est bridé (sans mauvais jeux de mot !). Aussi avec, ici, des producteurs hollywoodiens sur le dos et un script adaptant un livre du gigantesque Clive Barker, Kitamura Ryûhei ne pouvait se laisser aller à faire n’importe quoi. Un peu comme un gosse blindé de talent mais hyper actif, qui aurait besoin d’avoir constamment ses parents à ses cotés pour le recadrer.

Et si finalement Hollywood, avec ses requins de producteurs et ses pesants cahiers des charges, n’était pas (paradoxalement) le médicament rêvé pour ces réalisateurs doués mais atteints du syndrome des chevilles qui enflent ? La suite de la carrière de Kitamura vient donc de prendre un virage intéressant. En espérant que l’intéressé saura en tirer profit…et qu’un autre réalisateur asiatique (Park Chan-wook pour ne pas le nommer), qui aurait également bien besoin de redescendre un peu sur terre, fasse lui aussi un petit stage commando du coté de Los Angeles !

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ Kitamura and Barker in Hollywood: a strange but very efficient wedding!
+ Much more interesting than many other Kitamura’s movies
+ Great story, good ideas, hard violence and gore: what a bad trip!
+ A good mix between serious scenes and almost funny ones (the eyes!)
+ Vinnie Jones is definitely a butcher!

– Not a success at all at the box office (is American audience full of crap?)
– A few ridiculous scenes

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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