Kodai shôjo Dogu-chan, Iguchi Noboru, Shimizu Takashi, Toyoshima Keisuke… (2009)


KODAI SHÔJO DOGU-CHAN, aka The Ancient Dogoo Girl, aka Ancient Girl Dogu-chan
古代少女ドグちゃん
Année : 2009
Nombre d’épisodes : 12
Genre : idoles, monstres et ass/sein/sein
Production : King Record / MBS
Réalisation : Iguchi Noboru, Shimizu Takashi, Miyake Ryûta, Toyoshima Keisuke, Tosaka Takuma
Avec : Yazawa Erika, Kubota Masataka, Pak Romi, Kirishima Rina, Emoto Tokio, Saitô Yuki, Kamikawa Takaya, Yukihide Benny, Sonim, Honoka, Yamada Kinuo, Taguchi Hiromasa, Miyashita Tomomi, Iguchi Noboru, Saiku Shigeru, Adachi Yumi, Takenaka Naoto, Ōsawa Itsumi, Satō Mayumi, Miho Jun


Dogu-chan est un être surnaturel originaire de la période Jômon, ou préhistoire japonaise. Accompagnée de sa statuette vivante en forme de Dogû (et répondant au nom de Dokigorô), Dogu-chan aura bien du mal à se faire au quotidien du XXIème siècle. Recueillie par le jeune Makoto, Dogu-chan fera face avec sa vigueur et sa naïveté légendaires. Cette petite bonne femme aux formes et aux pouvoirs extraordinaires se découvrira même très rapidement une utilité : chasseuse de yôkai professionnelle, elle trouvera en effet dans la ville de Tokyo plus d’un monstre bizarre et pervers à mater !

KODAI SHÔJO DOGU-CHAN est un drama déjanté qui ose tout et en particulier le pire, qui a été diffusé en 2009 vers 2-3 heures du matin à la télé japonaise. L’heure de diffusion s’explique par le contenu : humour débile, gros seins et yôkai en plastique. La télévision japonaise étant actuellement le ramassis de conneries et de drama insipides que tout le monde connaît, il n’y a donc qu’à des heures improbables que l’on peut avoir la chance de voir un truc qui sorte un peu de l’ordinaire. Et encore, il convient de préciser que DOGU-CHAN ne va pas si loin que ça : aucune scène dénudée, aucun plan-culotte, quasiment pas une seule goutte de sang et bien évidemment pas de moments (vraiment) graveleux. La TV japonaise c’est donc bien ça : un petit monde aseptisé terriblement ennuyeux qui ne laisse que peu de place aux idées dérangées. On se contentera donc de ce que l’on peut se mettre sous la dent, en l’occurrence le petit drama DOGU-CHAN, gentiment sexy et tellement crétin qu’il en devient rapidement attachant.


Ci-dessus : un plan mammaire

On retrouve derrière cette étrange aventure une brochette de professionnels qui travaillent souvent ensemble, et qui se partagent ici les rênes du projet en participant tout aussi bien à l’écriture qu’à la réalisation. En première ligne nous avons ainsi droit à Iguchi Noboru, qui d’habitude m’exaspère un peu mais qui trouve là, avec des épisodes d’une vingtaine de minutes environ, le format idéal pour exprimer ses idées saugrenues (sur un film d’une heure et trente minutes, en général ça coince). D’autres réalisateurs mettront la main à la pâte, notamment Shimizu Takeshi (dans une parodie de l’histoire qui inspira KANIKÔSEN), Miyake Ryûta (JU-ON SHIROI RÔJO) et Toyoshima Keisuke (qui a préalablement travaillé sur les trois YÛREI VS UCHÛJIN). Aux maquillages c’est Nishimura Yoshihiro qui s’y colle et qui nous scotche encore une fois (même s’il ne faut pas espérer la moindre gerbe de sang, bien évidemment). Pour couronner le tout, sachez que le casting est absolument énorme. Si Yazawa Erika fait parfaitement ce qu’on lui demande (elle ne sait pas jouer la comédie, fait preuve de maladresse mais aussi de délicieuse naïveté et ça en devient un vrai régal), les autres acteurs et actrices surprennent par leur talent. Le jeune Kubota Masataka est plein de promesses pour l’avenir (on a pu le voir à l’affiche de 13 ASSASSINS – avec Emoto Tokio, tiens), et la plupart des guest stars tiennent bien leur rang : Honoka (star du porno) pour incarner un yôkai qui tue avec ses seins, Takenaka Naoto une nouvelle fois hilarant, Saitô Yuki, Taguchi Hiromasa en improbable biker de l’enfer, Adachi Yumi, la trop rare Miyashita Tomomi (MAREBITO) et même Iguchi Noboru en crabe qui en pince dur (pour Tomomi, justement).

Les épisodes suivent à peu près tous le même schéma : des conneries énormes, des dialogues insipides et la petite Dogu-chan qui découvre soudainement un yôkai qu’elle finira par aspirer dans sa poitrine, après un petit combat généralement très mollement filmé. Ne cherchez donc pas un scénario fouillé ou une réalisation risquée : ici, seule la crétinerie totale et assumée semble avoir son mot à dire. Si vous n’y êtes pas réceptif, vous trouverez KODAI SHÔJO DOGU-CHAN d’une nullité sans nom. Mais pour ma part, DOGU-CHAN a parfaitement fonctionné : l’alternance d’épisodes grotesques et de moments un peu plus noirs (l’épisode final m’a presque traumatisé) a sans doute dû jouer sur mon ressenti. L’apport de plusieurs réalisateurs différents est également positif, et quelques histoires tranchent radicalement avec le reste du récit (l’invasion de la censure et des mosaïques géantes, la parodie de KANIKÔSEN, la tragédie vécue par un père de famille qui se retrouve seul…).

Mais au final rassurez-vous, c’est bel et bien la crétinerie qui prévaut, et que vous aimiez les Dogu douces (avec moues coquines à la clé) ou bien les Dogu dures (et les coups de poing qui vont avec) vous finirez accro de toutes les manières. Alors si vous voulez des monstres en latex, des idoles à gros seins et les écolières à petite poitrine qui les jalousent, des yôkai-bicyclette, des yôkai-poupée-en-plastique, des yôkai-mosaïques et des épées en polystyrène : ces chroniques de l’à-peu-près histoire sont faites pour vous !

Oli :        
Yasuko :

Le trailer (hébergé par RoboJan sur Youtube) :

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Quick Review in English:

+ Idols, AV stars, famous actors, crazy directors, plastic monsters…
+ Yazawa Erika cannot really act: it’s so fun to watch!
+ Around 20minutes per episode: it’s the good movie format for Iguchi
+ Sexy, stupid, DOGU CHAN is a good way to forget your day at work!
+ Sometimes the episodes are a little dark (the last one aaaaargh!)

– Even if it’s sexy, it’s never really sexual (Japanese TV is watching us…)
– No violence, no great fights, don’t expect anything like that
– Nishimura Yoshihiro worked on DOGU-CHAN: but don’t expect any blood
– Once again, be sure to know what you’re going to watch: it’s stupid as hell!

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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