Zatôichi: The Last, Sakamoto Junji (2010)


ZATÔICHI: THE LAST, aka Zatoichi: The Last
座頭市 THE LAST
Année : 2010
Genre : yakuza-toichi
Production : Toho / Fuji Television Network / Sedic
Réalisation : Sakamoto Junji
Avec : Katori Shingo, Sorimachi Takashi, Ishihara Satomi, Baishô Chieko, Nakadai Tatsuya, ARATA, Kudô Yûki, Terajima Susumu, Takaoka Sôsuke, Toyohara Kôsuke, Iwaki Kôichi, ZEEBRA, Nakamura Kanzaburo, Harada Yoshio, Katô Seichirô, Ukaji Takashi, Shiba Toshio, Mike Han, Nagao Nana, Fukumoto Seizô


A la suite d’un règlement de comptes qui a mal tourné, la femme de Zatôichi est assassinée. Plutôt que de chercher à se venger, le masseur aveugle va se retirer, meurtri et blessé, dans un petit village de pêcheurs. Là, il va réapprendre à vivre, et oublier la mort…avant que de violents yakuza ne le poussent, une nouvelle fois, à dégainer une lame dont le sang n’a presque pas eu le temps de sécher.

ZATÔICHI THE LAST, noir désir des producteurs japonais, a été annoncé un peu partout comme le dernier des films consacrés au sombre héros de l’amer : Ichi. Il vaut mieux en rire. La communication autour du projet s’est néanmoins faite presque uniquement là-dessus et sur la présence de Katori Shingo dans le rôle titre. Katori Shingo n’est pas un véritable acteur, mais une star en puissance ça oui, c’est sûr. Chanteur, présentateur télé, parfois donc acteur, Katori Shingo fait partie du groupe SMAP (écurie Johnny) et est à la botte de son chef qui case ses poulains (très nombreux) absolument partout au Japon (les Johnny’s sont omniprésents dans les médias).

Comme on pouvait s’y attendre, Katori Shingo est extrêmement mauvais dans le rôle. Il n’a certes aucune classe mais ce n’est pas cela qu’on lui demandait, pour incarner Zatôichi. Pour incarner Zatôichi il fallait une « gueule », du charisme, un coté un peu sale et brut de décoffrage. Avec le toujours bien rasé Katori Shingo, on est loin du comte (Katsu Shintarô).

C’est bien dommage car, pour entourer Katori Shingo, les producteurs ont fait signer de bons acteurs (voire même très bons) et les décors naturels, les villages d’époque reconstitués sont excellents. On y croirait presque, donc. Surtout que l’histoire est excessivement noire, que les morts succèdent aux massacres dans un déluge de coups bas et de complots plutôt plaisants, et que la réalisation est maitrisée (Sakamoto Junji se laissera même aller à quelques originalités).

Mais quand la sauce ne veut pas prendre, elle ne prend pas. Si les meurtres inondent bien l’écran, ils ne prennent jamais aux tripes. A dire vrai, on se ficherait presque du sort des différents protagonistes, aussi lorsque ceux-ci décèdent violemment l’émotion est aux abonnées absentes. De plus, les combats sont à peine passables (à l’exception du duel entre Shingo et Toyohara Kôsuke) et durant ceux-ci on ne voit d’ailleurs presque jamais la moindre goutte de sang (même quand on se bat sur une neige d’un blanc immaculé).

L’histoire, enfin, fait un peu dans le déjà-vu et revu, puisque le héros, marqué du sceau de la peine et de la mort dès le début du récit, se reconstruira péniblement dans la pénitence auprès d’humbles villageois…pour finalement être un jour rattrapé par les évènements et poussé à faire rugir le sabre de la vengeance. S’il est un peu étrange de retrouver Zatôichi dans cette situation (marié, plantant du riz dans les champs avec ses amis paysans), encore une fois l’émotion ne prend pas vraiment et on peine quelque peu à croire aux différentes relations qui se tissent entre les personnages.

ZATÔICHI THE LAST est donc bien le film noir annoncé, et la déception supposée. Si on est bien évidemment très loin du naufrage d’un autre titre récent comme ICHI, on est aussi à mille lieues de la version décalée et euphorisante qu’était parvenu à livrer le surdoué Kitano Takeshi en son temps.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ A director who likes to take risks (well, at least from time to time)
+ A very dark story, many people will die
+ Zatoichi will fight alone against maaaaany enemies
+ Beautiful sets
+ Good cast: Nakadai Tatsuya, Ishihara Satomi, Terajima Susumu, Kudô Yûki…
+ An original soundtrack

– The main « actor » is not good
– Well… This Zatoichi doesn’t really look like Zatoichi (he has a wife, works as a peasant…)
– If the story is dark, we don’t really care about the life and death of the characters
– Where is the blood? Even when a man has his hand cut, there’s no blood at all!
– Except the duel between Zatoichi and the ronin, the fights are not interesting

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Zatôichi: The Last, Sakamoto Junji (2010)

  1. Martin dit :

    Ce Sakamoto a l’air de filer un mauvais coton quand même, autant sa première partie de carrière a l’air interressante (tous ses trucs de boxes notamment, dont certains scénarisés par Toyoda), le reste …

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