Ashita no Jô, Sori Fumihiko (2011)


ASHITA NO JÔ, aka Ashitano Jō, aka Ashita no Joe, aka Tomorrow’s Joe
あしたのジョー
Année : 2011
Genre : close counter of the third kind
Production : Tokyo Broadcasting System / Toho
Réalisation : Sori Fumihiko
Avec : Yamashita Tomohisa, Iseya Yûsuke, Kagawa Teruyuki, Karina, Sugimoto Tetta, Tsugawa Masahiko, Katsuya, Nishida Naomi, Baishô Mitsuko, Kurenai Toshiya, Sato Osamu, Koga Mitsuki, Hatakemaya Rina, Katsuya, Nakano Yûto, Shioka Moro


Dans un Japon qui n’a toujours pas digéré l’après-guerre, Yabuki Joe est un vagabond bagarreur, qui échouera très naturellement en prison. C’est entre ces murs qu’il fera la connaissance de Rikiishi. Et qu’il développera par la même occasion la technique du « close counter », originale et imparable.

Imparable ?

Yabuki Joe, qui a toujours vécu dans la misère d’un coté, et Rikiishi, riche boxeur de niveau mondial de l’autre. Y-a-t-il vraiment autant de différences entre les deux ?

ASHITA NO JOE (« ashita » signifie « demain ») est l’adaptation d’un anime (préalablement manga) culte au Japon. L’œuvre en question ne fut jamais vraiment diffusée en France (selon Wikipédia seuls les 26 premiers épisodes de la deuxième saison –sur 47 ! – auraient été diffusés chez nous : une hérésie). J’ignore pour quelle raison cet anime n’a jamais trouvé refuge en France, pays qui a pourtant accueilli d’autres anime extrêmement sombres (REMI SANS FAMILLE, pour n’en citer qu’un)…mais, il est vrai, peut-être pas aussi violents à cette même époque…

Bref, ASHITA NO JOE est un anime fantastique, et profond. Une adaptation au cinéma avait de quoi effrayer les fans…en particulier quand on sait de quelle manière sont traités les gros projets, produits par une télévision qui, au Japon, a fait bien plus que simplement noyauter le monde du cinéma : elle l’a carrément sclérosé. C’est donc sans surprise aucune que le casting de ASHITA NO JOE est constitué, en partie, de modèles sur le retour (Karina) et de pop idols (Yamashita Tomohisa, un « Johnny’s »). Heureusement, pour leur donner la répartie on a fait appel à des acteurs de qualité : le toujours formidable Kagawa Teruyuki (méconnaissable en Tange Danpei) et l’extraordinaire Iseya Yûsuke dans la peau du non moins extraordinaire Rikiishi. Pour couronner le tout, sachez que notre petit Johnny’s s’en sort finalement pas si mal que ça (il a la gueule de l’emploi, même s’il n’est peut-être pas assez jeune), et que Karina a connu des jours bien plus catastrophiques. Le pire demeure sans aucun doute le générique de fin, interprété par la star Utada Hikaru. On aurait préféré le thème original de l’anime (trop rare d’ailleurs, durant le film), mais bon…on ne peut pas tout avoir. Et on échappe quand même à Koda Kumi et à SMAP donc…ne nous plaignons pas (trop).

Bien évidemment, compiler 79 épisodes en deux heures et quelques minutes de film est quasiment impossible. Aussi on pardonnera aisément au réalisateur (Sori Fumihiko, très inspiré) de ne pas respecter tous les détails de l’anime. On peut même dire, au final, que Sori Fumihiko réussit un vrai petit tour de force, puisqu’en deux heures de temps il parvient à demeurer fidèle au Yabuki Joe original (tous les trucs impossibles du manga sont bien présents), à donner autant de force aux moments clés et à emporter tous les spectateurs avec lui dans un final presque aussi sublime que dans l’histoire originelle. Alors quand en plus vous apprendrez que les scènes d’action sont bien fichues et que les CGI sont rares (incroyable : Iseya a vraiment maigri comme un malade pour la scène de la pesée, et les ralentis de fou en gros plan lors des coups de poing sont réels !), vous n’aurez plus aucune excuse pour passer à coté de ce manga live ahurissant de punch et d’émotion. Rikiishi et Joe, ou l’histoire d’une rivalité…mais aussi d’un respect infinis. Du début jusqu’à la toute fin, on reste ainsi KO debout…en bout.

Il ne reste plus qu’à espérer une suite, puisque le film qui nous intéresse ici adapte en fait la première saison de l’anime. La deuxième et ultime saison, encore plus noire que la précédente, mériterait bien un portage de la même qualité. A demain, non…Joe ?

Oli :        
Yasuko :

L’un des trailers:

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Quick Review in English:

+ Faithful to the anime
+ Iseya is a great Rikiishi, and Yamashita is not so bad as Joe
+ Unrecognizable Kagawa Teruyuki
+ Good fights, no CGI for the incredible slow-motioned punches
+ No CGI for Iseya’s body (he almost looks sick)
+ Many crazy ideas of the anime are still in the movie: it’s a real manga live!
+ Great story about rivality and respect. And a few other things too
+ Many emotions, and good dialogues

– Produced by TV for a mainstream audience: so keep in mind it could have been a disaster
– We don’t hear the original musics enough…and Utada Hikaru sings at the end😦
– Well…Yamashita and Karina are not the best actors in the world
– 79 episodes in a 2 hours movie: you cannot expect to have everything in the movie

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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