Akunin, Lee Sang-il (2010)


AKUNIN, aka Villain
悪人
Année : 2010
Genre : le vilain fait de la peine…de mort ?
Production : Asahi Shinbun / Sony / Toho / Horipro
Réalisation : Lee Sang-il
Avec : Fukatsu Eri, Tsumabuki Satoshi, Emoto Akira, Kiki Kirin, Mitsushima Hikari, Okada Masaki, Mitsuishi Ken, Yo Kimiko, Denden, Matsuo Suzuki


Une jeune femme est retrouvée morte, au pied d’une route en pleine montagne. Le meurtrier présumé, un jeune homme refermé sur lui-même qui vit avec une grand-mère dévouée, décide d’ignorer ses responsabilités. Il va fuir. Et découvrir enfin l’amour ?

On a beaucoup parlé du film AKUNIN, au Japon, en particulier après le sacre de son actrice principale (Fukatsu Eri) au Festival de Montreal fin 2010. Pour suivre le courant, l’académie japonaise de cinéma a couronné à son tour le film de Lee Sang-il (Coréen né au Japon) de plusieurs prix prestigieux. A noter que c’est KOKUHAKU qui a malgré tout raflé la mise du meilleur film et du meilleur réalisateur.

Les points forts de AKUNIN sont sans aucun doute son histoire, pas trop démonstrative, et son interprétation (chose rare : AKUNIN a reçu quatre prix d’interprétation sur quatre possibles lors de la cérémonie japonaise précitée). Si je ne remets aucunement en cause les acteurs et actrices du film (disons que j’émettrais tout de même une réserve concernant Tsumabuki Satoshi), AKUNIN ne m’est jamais apparu comme un chef d’œuvre incontournable (remarquez, il n’a jamais été présenté comme tel).

Le film ne prend ainsi jamais vraiment aux tripes, et la première heure durant laquelle on suit le meurtrier présumé, incarné de manière fermée et quasi-autiste par Tsumabuki, est un peu lourde disons-le franchement. Par la suite ça s’arrange, heureusement, et le petit revirement de situation qui nous montre le vrai visage de la femme assassinée va, sans pour autant redorer le blason de ce meurtrier un peu stupide (c’est le sot de la mort), nous aider à voir ce dernier de manière plus humaine. La jeune victime, d’ailleurs un peu salope sur les bords, on aurait prié pour qu’elle meure la première dans un bon slasher.

Plus sérieusement, la force du film tient dans sa grande galerie de personnages : la fille assassinée qui n’est pas une sainte mais qui ne méritait certainement pas de mourir ainsi, son père détruit et qui perd l’équilibre (superbe scène lorsqu’il découvre le cadavre de son enfant), le meurtrier en pseudo-cavale (un homme faible, qui aimerait savoir aimer), sa nouvelle amante improvisée qui vit le cœur isolé, et…la grand-mère du tueur, personnage qui m’a le plus touché. Une femme sacrifiée sur l’autel de l’égoïsme et de l’indécence, comme on le fait habituellement au Japon en pareilles circonstances (les familles de criminels ou assimilés étant souvent jetées en pâture au public).

Bon film, qu’un je-ne-sais-quoi empêche de véritablement décoller, mais qui n’ennuie jamais malgré la durée (environ deux heures vingt) et qui a l’intelligence de se conclure sur une jolie déclaration d’amour. Étranglée.

Oli :        
Yasuko :

_________________________________________

Quick Review in English:

+ Great actors and actresses
+ Many different characters, you should find at least one you can like
+ Good story, the director did not try to use too many easy sad tricks
+ After one hour, you may see the characters from a slightly different point of view
+ A very long movie, but never boring

– The movie may not move you that much: a little « something » is missing

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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6 commentaires pour Akunin, Lee Sang-il (2010)

  1. Martin dit :

    Il faut aussi citer le nom d’Osamu Dazai😉
    Il y a eu pas mal de truc tournés pour les 100 ans de sa mort, mais j’ai l’impression qu’aucune adaptation ne vaille vraiment le coup, faut dire le genre (http://fr.wikipedia.org/wiki/Watakushi_sh%C5%8Dsetsu) est pas simple à adapter ..

  2. Oli dit :

    Je suis pas sûr de te suivre, AKUNIN étant l’adaptation d’un livre de Yoshida Shûichi (PARADE)…(ou alors j’ai raté un épisode)

    • Martin dit :

      argg .. m’a trompé😦 et dire que j’attendais ce film depuis un long moment croyant que c’était tiré d’une nouvelle de Dazai … (il sort en DVD HK sous titré normalement)

  3. Martin dit :

    Au fait, c’est un quoi Lee Sang-il .. un coréen, un naturalisé japonais ou un fils de zainichi? (c’est le tag Corée du sud qui me met le doute). Vu son titre, je suppose que son film de fin d’étude (http://pff.jp/chong/) parle de coréanité. C’est un sujet passionant qui revient souvent en toile de fond (voir les films de Matsue ou Kohei Oguri par exemple .. me suis tjs demandé si Oguri était pas d’origine coréenne en fait, mais j’ai pas osé lui posé la question en itw, c’est plutot glissant comme sujet chez les personnes de son age ..)

    • Oli dit :

      Martin, en fait peu importe l’âge, c’est un sujet délicat quelle que soit la génération. Concernant le réalisateur de AKUNIN, je ne suis pas sûr à 100%, mais selon toute vraisemblance il est sud-coréen (sur certains sites il est listé Coréen ET Japonais, ce qui est techniquement impossible). Il fait sans doute partie de ces gens qui sont Coréens depuis plusieurs générations bien que toujours nés au Japon. Ils n’essaient même pas de se naturaliser (alors que, au contraire, des Chinois le font).

  4. Rick dit :

    Je viens tout juste de regarder le dvd du film, poussé par la curiosité, les divers avis, et le fait qu’une actrice que j’adore joue dedans.
    Et mon verdict est assez identique au tien. Si ça joue bien, que l’histoire intéresse, ce n’est pas parfait, certains passages m’ont semblé bien long (je ne me suis pas emmerdé non plus). Il manque en effet quelque chose qui aurait permis de rentrer plus facilement dans le film, de s’y accrocher et de s’y attacher plus. ça manque cruellement ici. J’ai bien tout suivis mais sans me sentir impliqué avec les personnages, dommage. Ca reste quand même un film très sympathique🙂

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