Nanase futatabi, Konaka Kazuya (2010)


NANASE FUTATABI
七瀬ふたたび
Année : 2010
Genre : voyages dans le mu-temps
Production : Ogura Jimusyo / Bandai Visual / IMJ
Réalisation : Konaka Kazuya
Avec : Ashina Sei, Satô Eriko, Maeda Ai, Dante Carver, Yoshida Eisaku, Tanaka Kei, Imai Yuki, Hashimoto Nozomi, Osugi Ren


Nana doit vivre avec des capacités hors du commun…qui relèvent davantage du fardeau que du don du ciel : lire dans les pensées des gens, deviner le futur…tout cela lui permettra-t-il d’échapper à ces commandos qui semblent vouloir mettre un terme à sa douloureuse existence ?

Prenez le vieux roman d’une trilogie de Tsutsui Yasutaka, le scénariste de GHOST IN THE SHELL – et de CREAMY MAMI (Itô Kazunori), quelques stars du petit et du grand écran japonais, mélangez avec des mutants et des aller-retour dans le temps et vous obtenez NANASE FUTATABI…un drôle de film (déjà adapté en drama), très prometteur sur le papier mais qui ne tient, hélas, presque aucune de ses promesses.

Alors certes, NANASE FUTATABI commence bien, et cultive quelques mystères bien épais : comment cet homme a-t-il pu être assassiné chez lui, alors que sa porte et tous ses cadenas sont fermés de l’intérieur ? Quel étrange secret la belle Nana cache-t-elle, enfoui au plus profond de ses pensées ? Qui sont ces commandos surentrainés qui en veulent à sa vie ? Télépathie, télékinésie, combustion spontanée, voyageurs du temps…où s’arrêtent vraiment les capacités de nos amis ? S’agit-il de mutants ?

Et puis le film tombe à plat. Et moi je mets les pieds dedans : NANASE FUTATABI est sans doute un projet qui s’est vu trop beau, et à force de nous faire entrevoir le meilleur, on finit par se fatiguer à n’assister qu’au pire. L’histoire est ainsi beaucoup moins profonde que prévue, Dante Carver (le gaijin des pubs Softbank) ne sait pas jouer la comédie (on dirait qu’il lit chacune de ses lignes, c’est horrible), et quelques approximations dans le script sont dignes d’une série Z (le gosse qui parvient à fausser compagnie à sa gardienne qui court pourtant deux mètres derrière lui et qui se retrouve dans le plan suivant aux mains des méchants plusieurs dizaines de kilomètres plus loin ; l’héroïne qui demande sans sourciller à son meilleur ami de se sacrifier…).

C’est là que se situe le principal problème de NANASE FUTATABI : le réalisateur tente péniblement de mettre en scène des enjeux énormes, dignes d’un blockbuster intelligent, mais avec des moyens (et un talent) que l’on devine assez limités. Le résultat souffle alors le chaud (le meurtre dans l’ascenseur, quelques effets spéciaux originaux, les super pouvoirs), le froid (les réflexes de séries B en panne d’inspiration) et le glacial (Dante Carver, quelques scènes grotesques au possible, les relations entre les différents personnages jamais crédibles…). Et puis le petit plan pour nous expliquer l’existence de futurs parallèles, c’est pas comme si on nous l’avait pas déjà dessiné dans BACK TO THE FUTURE 2, n’est ce pas…

Bon après, il faut bien avouer que sorti de quelques séries Z hideuses, ce n’est pas tous les jours qu’on a la chance de pouvoir se mettre un petit film de science-fiction japonais sous la dent. Si vous n’avez pas peur de les grincer, vous pourriez donc vous amuser. Un peu.

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ From a book by Tsutsui, and a script by Itô (GHOST IN THE SHELL)
+ Ashina Sei
+ Super powers, strange mysteries…even some blood
+ We don’t have so many Japanese SF movies to watch…

– Not as deep as it seems
– Some scenes are really stupid (when the little boy escapes…)
– Is this a B-movie that wanted to be a blockbuster…or just dreamed about it?
– Dante Carver: he cannot really act. It’s a disaster

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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6 commentaires pour Nanase futatabi, Konaka Kazuya (2010)

  1. Martin dit :

    Dommage que l’univers Tsutsui n’inspire pas des projets plus ambitieux, il y a là une putain de matière à développer! Bizarre que Oshii ne s’y soit jamais frotté d’ailleurs.

  2. Martin dit :

    roh putain … l’URL natif encapsule carrement une mise en forme pubesque!O_o

    • Oli dit :

      T’as fait comment pour pondre cette mise en page ? Même en le faisant exprès je pourrais pas faire un truc aussi laid. Sinon de Tsutsui, j’ai lu que le plus connu (TOKI WO KAKERU SHOJO). C’est plus un livre pour enfants qu’autre chose. Depuis j’ai jamais eu le courage de me relancer dans l’un de ses écrits.

      • Martin dit :

        c’est l’ul de base qui s’affiche en naviguant sur le site, ils ont rajoutés un suffixe apparement.

        ah ok, celui là semble pas très représentatif de la veine sombre et satirique du bonhomme.

        « Imagine a manic J.G. Ballard, but one with an even darker past to work out. » – Nicholas Lezard, The Guardian

        « Tsutsui stands squarely within the modern and post-modern domain from Franz Kafka to J.G. Ballard » – The Independent

        Miam!

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