Saya zamurai, Matsumoto Hitoshi (2011)


SAYA ZAMURAI
さや侍
Année : 2011
Genre : Mon nomi est personne
Production : Yoshimoto / Shochiku / Kyoraku Sangyo / Phantom
Réalisation : Matsumoto Hitoshi
Avec : Nomi Takaaki, Kunimura Jun, Itao Itsuji, Kumada Sea, Ibu Masatô, Ryô, Emoto Tokio, ROLLY, Fukkin Zen-Nosuke, Matsumoto Hitoshi (cameo)


Un vieil original, qui prétend être samouraï sans pourtant porter le moindre katana, est condamné à faire rire le fils du seigneur d’ici trente jours. En cas d’échec, il devra se faire seppuku. Aidé par sa fille et ses deux gardiens de prison, le vieux Nomi va proposer chaque jour des gags de plus en plus incroyablement…nuls ? Rien n’est moins sûr…

Après de très intéressants DAI NIPPONJIN et SYMBOL, Matsumoto Hitoshi continue son petit bonhomme de chemin en tant que réalisateur improbable de films inattendus. Super star de la télévision japonaise, Ma’chan pourrait se laisser aller à la facilité mais il nous a montré, ces dernières années, qu’il aimait prendre des risques lorsqu’il se retrouvait derrière la caméra. Au grand dam d’un public qui ne l’attend pas toujours là où il le trouve. Et c’est tant mieux pour nous, amateurs d’un cinéma peu (ou pas) conventionnel.

Il l’a avoué récemment, Ma’chan aimerait prendre un peu de recul avec la télévision, afin de se consacrer à d’autres choses (notamment au cinéma). Mais la société pour laquelle il travaille (la gargantuesque Yoshimoto Company) ne l’entend pas de la même oreille, et si elle doit continuer à financer ses films, Matsumoto est gentiment invité à continuer ses nombreuses émissions chaque semaine à la télévision (pour mon plus grand plaisir : oui je suis fan).

SAYA ZAMURAI est (une nouvelle fois) un projet complètement dingue parti d’une idée carrément folle. Je m’explique : Matsumoto Hitoshi a souhaité utiliser Nomi Takaaki. Un citoyen lambda que Ma’chan a découvert il y a quelques années de cela, lorsqu’il a produit et présenté des émissions intitulées HATARAKU OSAN NINGYÔ et surtout HATARAKU OSAN GEKIJÔ, absolument géniales de non-sens et d’atrocités stupides. Diffusée il y a environ 4 ans à la télévision japonaise vers 4-5 heures du matin (parce que ce n’était pas possible à une heure de grande écoute), HATARAKU OSAN GEKIJÔ mettait en scène quatre « vieux » originaux (originaux, c’est pour rester gentil). Ma’chan leur demandait de faire tout et n’importe quoi, et les quatre « osan » devaient s’exécuter. Parmi les quatre « osan », le plus génial s’appelait Nomi Takaaki. On peut penser ce que l’on veut de ce type de show, on aime ou on déteste (en gros quand même, Matsumoto Hitoshi s’y moquait -avec gentillesse le plus souvent- de quatre vieux un peu crétins). Moi j’adore, et il n’est pas rare que je me reloue les DVD de temps à autres.

Pourquoi Ma’chan souhaitait-il utiliser Nomi Takaaki, aka Nomi san ? Parce que Matsumoto a jugé ce dernier comme l’homme le plus drôle au monde…malgré lui ! Et Ma’chan n’est pas loin de la vérité… Dans SAYA ZAMURAI, la star c’est donc Nomi san (d’ailleurs son personnage fictif s’appelle Nomi). Ne pouvant absolument pas jouer la comédie, l’intéressé n’a même pas eu de script à sa disposition. Avant chaque scène, Matsumoto lui expliquait exactement ce qu’il devait faire et Nomi san s’exécutait. Les admirateurs de la spontanéité dérangeante de Nomi san dans l’émission HATARAKU OSAN GEKIJÔ seront donc aux anges.

Alternant entre non-sens, jidai-geki grotesque, drame léger et surtout comédie, SAYA ZAMURAI est un petit plaisir original qui ne se refuse pas. On se prend en effet très vite d’affection pour cette histoire improbable, durant laquelle un pauvre type (un samouraï qui ne porte qu’un fourreau -saya- sans katana) a trente jours pour faire rire le fils du Tomosama (le grand chef, incarné par le toujours excellent Kunimura Jun). En cas d’échec, il sera condamné à se faire seppuku. Durant ces trente jours, Nomi sera supporté par sa fille (touchante et rigolote) et par ses deux gardiens, qui vont petit à petit se prendre au jeu. A eux quatre, ils vont imaginer chaque jour des gags hallucinants afin de décrocher une esquisse de sourire au fils du Tomosama. Qui dit trente jours de gags, dit bien évidemment comique de répétition et blagues pourries à foison (dont quelques unes des « spéciales » de Nomi san, par exemple l’insertion de udon par les narines !).

Porté par des acteurs talentueux (Kunimura Jun, Itao Itsuji, Ryô, Ibu Masatô) et l’inénarrable Nomi san, SAYA ZAMURAI est une petite réflexion comique sur l’art du rire très improbable et sans grande prétention : ce n’est donc pas avec un titre pareil que Matsumoto Hitoshi se mettra les jurys (et surtout les critiques) de clinquants festivals dans la poche (je vous rappelle que les deux précédents films de Matsumoto furent présentés à l’occasion du Festival de Cannes, aka le Festival pour gens plus intelligents que la moyenne). Mais si vous, vous pensez que le cinéma n’est pas seulement constitué de films à messages, si vous aimez les comédies grasses en appâts rances (car au final elles n’offrent pas vraiment ce que vous étiez venus y chercher), vous pourriez éventuellement passer un très bon moment devant SAYA ZAMURAI.

Oli :        
Yasuko :

Une page écrite par mes soins pour le blog hkmania, avec quelques vidéos de Nomi san du temps de HATARAKU OSAN GEKIJÔ : c’est par ici.

Ze trailer :

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Quick Review in English:

+ Matsumoto Hitoshi is still trying to do his strange kind of movies
+ …yes, even if the audience doesn’t follow him
+ Nomi san is the main actor, and I’m a fan since HATARAKU OSAN GEKIJÔ
+ Hitoshi has done this movie because he thought Nomi was the funnier guy in the world
+ Grotesque, funny, crazy and even touching
+ Very good actors : Itao, Kunimura, Ryô…

– Of course, many people will hate this movie: just be ready to watch a weird comedy
– Don’t look for an ambitious filmakking: Hitoshi is not Kitano

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Saya zamurai, Matsumoto Hitoshi (2011)

  1. Guillaume dit :

    Dans Yaji & Kita de Kudokan, un sketch du film a quasiment le meme pitch : faire rire un seigneur pour obtenir le droit de traverser un village. Là aussi, l’humour employé est tres… autre.

  2. Ping : Débrider, c’est gagner ? « AsiaFilm.FR

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