Kami idol sousenkyo battle, Shiraishi Kôji (2011)


KAMI IDOL SOUSENKYO BATTLE
ネ申アイドル総選挙バトル
Année : 2011
Genre : Akihabara le bol
Production : New Select / Prime Wave
Réalisation : Shiraishi Kôji
Avec : Andô Seiko, Kawamura Rika, Suzuki Arisu, Aita Ai, Kawamura Ena, Natsuki Kaede, Miyashita Chiharu, Uno Shôhei, Morimoto Nobu, Kawamoto Tadao, Shiraishi Kôji


Sept idoles débutantes mais pleines d’envie, membres du nouveau groupe PRETTY, se produisent chaque jour à Akihabara dans l’espoir de devenir des stars. Des vraies.

Un jour, contre toute attente, elles seront kidnappées sur scène…pour être ensuite exhibées sur Internet par un homme sans scrupules. Les sept idoles devront alors participer à des jeux sexy et/ou cruels, dans l’espoir que les internautes voteront pour elles. Dans le cas contraire, l’idole la plus impopulaire sera exécutée sur le champ. Ou violée, c’est selon.

Un peu à la manière de IDOL BOMB, KAMI IDOL tient seulement sur un concept. Un bon. Mais ne l’exploite pas avec sérieux et application.

Des idoles que l’on dresse les unes contre les autres, en les forçant à se plier à des jeux cruelles et sexy sur Internet…en leur précisant bien que les moins bonnes (hum) seront exécutées (voire violées), et que ce sont les internautes qui décideront de leur popularité… Ça peut paraître débile comme concept, mais en fait c’est quasiment comme ça, dans la réalité (les meurtres et les viols en moins, bien évidemment – s’agit-il d’un ouf de soulagement ou de dépit, que je viens d’entendre ?!).

Le plus grand groupe d’idoles actuellement, au Japon, ce sont les AKB48. On en bouffe à tous les râteliers. Une personne m’a dit, un jour, qu’il suffisait de ne pas posséder de télévision pour y échapper (en gros le fait de posséder une télé me condamnerait à la crétinerie de mon plein gré). Quelle erreur ! Il faut savoir, en effet, que les AKB48 sont également partout dans la rue sur des affiches, dans les trains et les métros pour faire de la pub. Dans les restaurants il n’est pas rare de les entendre (bonjour le easy listening), voire même parfois dans les rues marchandes (oui il y a de la musique, et pas la meilleure qui soit…). Donc à moins de se crever les yeux et de se percer les tympans avant de partir bosser chaque matin, je ne vois pas trop comment échapper à la dictature coquine (mais crétine) des AKB48. Les demoiselles sont devenues célèbres en se produisant chaque jour dans le quartier de Akihabara, à Tokyo. Leurs fans sont comme une armée fanatique constamment en ordre de bataille, ils achètent tout, et chaque année selon leurs achats ils peuvent voter pour leur AKB préférée (la cérémonie de remise des prix est absolument ignoble de connerie, dans une salle de concert remplie à ras bord d’otaku surexcités).


Ci-dessus : un peu rachitique, l’idole des jeûnes

Shiraishi Kôji se moque donc ouvertement de ce genre d’idoles : les PRETTY (c’est le nom du groupe dans le film) se produit également à Akihabara (mais sans succès pour le moment), et après leur kidnapping par un drôle de bougre elles vont devoir se battre entre elles pour décider qui mérite d’être la plus populaire sur Internet : leurs quelques fans devant alors directement voter pour leur idole préférée…et ainsi condamner (au sens propre) les moins populaires – comme dans la réalité, où les moins aimées des AKB48 sont condamnées (au sens figuré) aux plus basses besognes : V-Cinema (miam) et obscures émissions de télévision (peut-être même sorties de supermarché, je ne me suis pas renseigné sur le sujet !).

Le problème de KAMI IDOL, c’est qu’au-delà du concept extrêmement sympathique (et pertinent), Shiraishi Kôji n’a quasiment fourni aucun effort : son film est tourné à l’économie, les scènes s’enchainent sans que personne n’y croie (le spectateur, les actrices, le réalisateur), il n’y a aucune tension, on rigole rarement et les jeux sadiques sont parfois trop longs (l’électrocution est interminable j’ai failli m’endormir) et jamais extrêmes (on ne voit quasiment rien).

Mais ce sacré Shiraishi Kôji parvient contre toute attente à retomber sur ses pattes à la toute fin du film. Un final qui justifie tout, même la médiocrité du long-métrage (si, si) : les mauvaises actrices, la scène du kidnapping archi-bâclée au début, le manque de crédibilité de l’intrigue…oui tous ces mauvais points, Shiraishi Kôji les réhabilite non pas avec maestria (restons sérieux), mais avec malice. Si KAMI IDOL s’en retrouve ainsi sauvé de la nullité totale, il n’en devient pas pour autant un film recommandable (si vous n’êtes pas branché par le sujet, fuyez KAMI IDOL comme la peste*).

* : remplacez « la peste » par le nom d’une idole de AKB48 de votre choix

Oli :        
Yasuko :

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Le trailer :

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Quick Review in English:

+ A dark parody of the life (and death?!) of famous idols AKB48
+ The pitch is great (it seems to be a reference to the AKB48’s annual election)
+ Pretty idols, stupid games
+ This movie looks stupid as hell but, at the end, Shiraishi finds a way out of this mess

– Boring, not so exciting, never extreme…
– When will Shiraishi Kôji will be able to do a real movie instead of those kind of jokes?

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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4 commentaires pour Kami idol sousenkyo battle, Shiraishi Kôji (2011)

  1. Rick dit :

    Je vais maintenant avoir limite honte de dire que j’écoute de temps en temps AKB48 :p
    J’ai l’impression que Shiraishi Kôji enchaîne un peu à la vitesse de l’éclair les produits fauchés depuis quelques temps. Il avait pourtant commencé avec sérieux (CARVED, GROTESQUE…)

    • Oli dit :

      Non mais t’inquiète pas : y’a deux trois chansons qui sont rigolotes (aitakattaaaaaa !)🙂. Le problème c’est qu’on est passé de quelques chansons rigolotes à une vulgaire dictature : on peut pas y échapper. Encore cette semaine une grosse agence immobilière a fait des AKB leurs égéries. J’en peux plus ! Shiraishi par contre…j’ai bien peur qu’il ait du mal à revenir. S’il stagne depuis quelque temps maintenant, c’est qu’on ne lui propose rien de conséquent…j’ai bien peur…

      • Rick dit :

        « Don don afuredasu ase mo nukuwazuni
        Nuguwazu ni sugao no mama »😀 (désolé s’il y a des fautes)
        Y en a des marrantes oui, mais je me doute que quand tu es en plein dedans et que tu les entend tout le temps, tu dois en avoir sacrément marre… Et de toute façon, même si ça arrêtait, il y aurait un autre groupe pour les remplacer.
        On peut toujours espérer pour Shiraishi, GROTESQUE n’avait pas coûté grand chose non plus, trois acteurs et un lieu quasi. Je tenterais bien celui là par curiosité si j’ai l’ocaz (traduction: pas trop cher sur ebay): nudité, un peu de faux sang et du numérique ringard, ça peut toujours faire passer le temps…

  2. Rick dit :

    Finalement, j’ai réussi à me le procurer pas trop cher, et je l’ai regardé….. Oui, bon c’est sur, c’est pas fameux, c’est lent, la mise en scène inexistante, les couleurs sont moches (je sais pas si c’est mon lecteur qui est fatigué, mais j’ai eu pas mal de couleurs qui bavaient vers la fin du métrage, ou peut être une mauvaise compression du dvd), le final en effet permet de « rattraper » un peu tout ça, mais bon, est-ce que c’était vraiment voulu par le réalisateur en fait?😀 J’ai trouvé les nombreux flashback un peu inutiles, et l’épreuve de l’électrocution, en plus d’être sacrément longue, est immonde visuellement. Après, le concept est génial (oui tu l’avais dit), j’ai beaucoup aimé les deux blaireaux fans derrière leurs ordinateurs, il y a des actrices mignonnes, mais bon, c’est peu…

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