Jûsan-nin no shikaku, Kudo Eiichi (1963)


JÛSAN-NIN NO SHIKAKU, aka 13 Assassins, aka Les 13 tueurs
十三人の刺客
Année : 1963
Genre : y’a d’la revanche dans l’ère Edo
Production : Toei
Réalisation : Kudo Eiichi
Avec : Kataoka Chiezo, Nishimura Kô, Uchida Ryôhei, Natsuyagi Isao, Arashi Kanjûrô, Arikawa Masaharu, Fuji Sumiko, Kawarazaki Chôichirô, Mishima Yuriko, Mizushima Michitarô, Oka Satomi, Satomi Kôtarô, Shioji Akira, Suga Kantarô, Tamba Tetsuro, Tsukigata Ryûnosuke, Yamashiro Shingo


Onze samouraïs et un ronin (bientôt rejoints par un treizième guerrier) vont accepter une mission suicide pour mettre un terme au règne du frère du shogun…un tyran sanguinaire, tueur de femmes et d’enfants.

13 ASSASSINS est à l’origine un film de 1963, réalisé par Kudo Eiichi pour la Toei. Un classique qui fut remaké, avec succès, par Miike Takashi en 2010. Dans le film original, le morceau de bravoure de nos treize héros est légèrement revu à la baisse (et donc plus crédible), puisqu’ils doivent « seulement » faire face à une cinquantaine d’ennemis. La bataille finale, d’ailleurs, est absolument superbe puisqu’elle dure une trentaine de minutes, en multipliant les morts et les morceaux de bravoure, pour se conclure sur un dénouement qui ne fut pas vraiment repris dans le remake.

La mise en scène est superbe, à la fois classique (travellings très fins, sublimes plans larges, gestion élégante de la lumière…on dirait parfois de véritables tableaux) et presque moderne (durant la scène finale on a ainsi droit à des passages caméra tremblante à l’épaule !). Quelques passages, lourds de sens, sont tout simplement sublimés par la caméra de Kudo Eiichi, dont les mouvements sont rarement dus au hasard (le discours de l’officiel qui présente la mission suicide au samouraï Shimada Shinzaemon, la scène du shamisen…).

13 ASSASSINS dresse des portraits intéressants durant sa première partie (le recrutement des samouraïs), avec en point d’orgue cette très jolie scène citée plus haut, durant laquelle l’un des héros comprendra toute la gravité de la situation, et le poids de sa responsabilité, en écoutant une partition de shamisen… La suite sera du même acabit, avec un premier assaut avorté, puis un guet-apens dantesque dans un village isolé. Le duel final prend aux tripes, et le message du film, pessimiste, est puissant (qu’est ce que l’honneur d’un samouraï ? Suivre à la lettre les ordres comme le ferait un simple outil ?).

13 ASSASSINS, dans sa version de 1963, est une œuvre incontournable, à la fois profonde et trépidante. J’avoue maintenant préférer le film de Miike, qui a réussi le tour de force de mêler le classicisme des films de sabre d’antan (le sacrifice, l’honneur, le coté sombre de la destinée des samouraïs) avec un zest de bis grotesque limite James Bondien (les explosions, l’attaque des bœufs, la sodomie) et d’horreur frontale (le film original fait moins mal). Le treizième « samouraï » (qui n’en est en fait pas un) est également bien plus réussi chez Miike (il est complètement transparent dans le film de Kudo Eiichi).

Les deux films sont donc à découvrir pour des raisons différentes, et au final on peut même dire qu’ils se complètent intelligemment.

Oli :

Le trailer :

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Quick Review in English:

+ Great movie, part of a very good trilogy by Kudo Eiichi
+ It was remaked by Miike in 2010
+ This original movie has great characters, and a deep story
+ What is the real honor of a samurai? Does he just have to obey his master?
+ The filmmaking is a masterpiece (classical and modern!)
+ The final action scene lasts 30 minutes

– The 13th « samurai » is not interesting at all, I prefer the « moutain man » in Miike’s movie
– Not as crazy as Miike’s movie, of course, it’s a 1963′ movie we’re talking about

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Jûsan-nin no shikaku, Kudo Eiichi (1963)

  1. kiseiju69 dit :

    Argh, j’avais écris un super commentaire mais en cliquant sur poster un commentaire, il y a eu un problème. Je vais essayer de m’en rappeler.

    Ce film est vraiment phénoménale, il prend vraiment au tripes et certaines scènes sont vraiment tristes.
    Comme toi, je trouve que le treizième guerrier ne sert pas à grand chose et c’est dommage. Il a peut-être voulu passer un message car au fond, il ne s’y connait vraiment pas dans la maitrise du sabre.
    La dernière image de ton article est l’un de mes plans préféré du film. En quelque sorte, c’est l’aboutissement de toute leur préparation ! J’adore !!!!!
    On se doute bien qu’il s’agit de la dernière fois où on les verra vivants. Snif😦

    Grâce à ce film, j’ai découvert Eiichi Kudo et après l’avoir vu, le lendemain j’ai enchainé sur deux autres de ces films : « Le grand attentat » et « Les onzes guerriers du devoir ». Ils sont aussi bon l’un que l’autre !!

    Je vais incessamment sous peu acheter le remake de Miike qui a l’air vraiment bien également et dont ta critique m’a encore plus motivé à l’achat.

    Au risque de me faire insulter (:p), autant j’ai dû mal avec les anciens films français, autant j’adhère complétement aux anciens films japonais. Que ce soit Akira Kurosawa, Eiichi Kudo, Kenji Misumi, Kinji Fukasaku et tant d’autres, je pourrais voir leurs films des dizaines de fois.

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