Nippon de ichiban kowai hanashi: Edo kaidan, Yamada Masafumi (2011)


NIPPON DE ICHIBAN KOWAI HANASHI: EDO KAIDAN
日本で一番怖い話 江戸怪談
Année : 2011
Genre : le spectateur sursaute, fait un obon
Production : Midship / Edo Wonderland Studio
Réalisation : Yamada Masafumi
Avec : Iwasa Mayuko, Ôta Chiaki, Nagai Kôsuke, Itô Reiko, Tanaka Ryôko, Kotani Yoshikazu, Orii Ayumi, Masakatsu Kuniyuki


破られた約束
Sur son lit de mort, une jeune mariée fait promettre à son aimé de ne jamais se remarier. Mais après un long deuil, l’intéressé finira malgré tout par trouver une nouvelle épouse…

産女
Un homme simple mais travailleur va perdre sa femme, alors enceinte. La pauvre femme disparaitra en effet en pleine forêt, durant un hiver cinglant. Quelque temps plus tard, le jeune veuf, presque trop occupé pour être profondément éploré, va voir surgir un spectre portant un bébé monstrueux dans les bras…

牡丹灯篭
Pendant la période d’Obon, un homme de bonne famille sera très surpris de retrouver une femme qu’il pensait être décédée. N’aurait-il vu sa mort qu’en rêve, et non pas dans la réalité ? Il ne se posera pas la question très longtemps, et s’éprendra de la jolie jeune femme.

Dans le milieu du V-Cinema (ou assimilé), en général les réalisateurs stagnent (par manque de moyens ou…de talent). C’est le cas de toute une ribambelle de techniciens pour lesquels j’ai quand même de l’affection : Fukuda Yôhei, Hisamoto Itsuki, Kawano Kôji, Koshizaka Yasushi. D’autres, au contraire, régressent (Shiraishi Kôji, Nagaoka Hisaaki, Tomomatsu Naoyuki). Il est beaucoup plus difficile de mettre la main sur des réalisateurs en constant progrès…et pourtant ça y est, c’est sûr, je tiens la perle rare : Yamada Masafumi. Après quelques DVD de séries horrifiques (HONTOU NI ATTA KOWAI HANASHI) et un ou deux DTV pas franchement mauvais pour le genre (REAL KIMODAMESHI par exemple), Yamada Masafumi est passé à la vitesse supérieure, avec deux films dédiés au phénomène Hitori Kakurenbo, et notamment HITORI KAKURENBO SHIN GEKIJÔ BAN, très novateur pour le genre. Petit à petit, Yamada Masafumi semble donc se détacher du V-Cinema classique, et dispose ainsi de budgets un peu plus confortables et d’acteurs qui savent jouer la comédie. Et c’est mérité, tant l’intéressé a toujours su tirer son épingle du jeu, même lorsque ses films étaient fauchés comme les blés. On appelle ça le talent, tout simplement.

Cette fois-ci Yamada Masafumi est de retour pour la tournée d’été 2011 (je vous rappelle que l’été est propice aux apparitions maléfiques au Japon, et que les DTV horrifiques s’accumulent alors sur les étagères des vidéoclubs). Mais là où la plupart des titres proposés en été finissent par ennuyer en raison de leur redondance, Yamada Masafumi nous propose un voyage dans le passé, vers le classicisme d’antan et les vieux contes de l’ère Edo. Oui, un vrai film en costumes, avec des reconstitutions d’époque (limitées, mais on y croit) et de jolies effets de lumière à la bougie comme on en fait plus. Exit donc, les fantômes qui maudissent des sites Internet, les sonneries de téléphones portables…excite également les idoles en mini-jupes. Ici nous avons donc droit à trois récits (pour une durée totale d’une heure et demie environ), qui piochent dans les vieilles légendes japonaises (la troisième est relativement célèbre). Ça change, ça fait du bien, et c’est presque inespéré de trouver quelque chose dans ce style dans les vidéoclubs japonais (des costumes, quelques décors, ça coute beaucoup plus cher qu’un petit DTV tourné en milieu urbain).

Avec EDO KAIDAN, Yamada Masafumi fait donc du (sang) neuf avec du vieux. Les histoires sont de vieilles légendes, et le réalisateur utilise avec style les canons horrifiques d’antan (raaaaah le bruit des geta qui raclent le sol durant une nuit sans lune…les petits trous percés dans les shôji pour espionner…le période d’Obon propice aux retours des esprits sur terre…). En parallèle, Yamada Masafumi alterne avec brio une mise en scène épurée (c’est quand la technique est posée et qu’il ne se passe pas grand-chose que le spectateur est susceptible de sursauter) avec des effets un peu plus modernes (changements de ton dans la musique, sang qui gicle, fantôme qui gigote…). Ce sont d’ailleurs ces derniers détails qui risquent de faire grincer des dents (était-il vraiment nécessaire de tant montrer le fantôme, dont le déhanchement rappelle un peu trop Sadako, dans la première histoire ?).

Malgré tout, et même si EDO KAIDAN ne fait pas vraiment peur, son ambiance pesante, sa mise en scène et ses personnages valent vraiment le détour (ne vous fiez pas à sa jaquette, immonde). Ce serait vraiment dommage de passer à coté de ces « histoires les plus effrayantes du Japon, période Edo », surtout en ces temps de vaches maigres. Tout ça donne furieusement envie de se refaire un petit UGETSU MONOGATARI !

Oli :        
Yasuko :

La BA :

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+ Good filmmaking by a director who always improve
+ Yamada Masafumi mixes old fashion way of filmmaking with modern violence
+ Old Edo stories, we don’t see that very often lately, in Japanese videoclubs…
+ 3 old horror stories, the third one (the best one) is very famous
+ Good atmosphere, intersting characters
+ The geta’s noise, the holes in the shôjis to spy on someone…it’s like old horror tales

– The first ghost looks like Sadako, in her way to move…was it necessary?
– Not very scary

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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