Rabbit Horror 3D, Shimizu Takashi (2011)


RABBIT HORROR 3D, aka Tormented
ラビット・ホラー3D
Année : 2011
Genre : show lapin
Production : Phantom Film / Ogura Jimusyo / Fortissimo
Réalisation : Shimizu Takashi
Avec : Mitsushima Hikari, Kagawa Teruyuki, Ogawa Tamaki, Ômori Nao, Shibuya Takeru


Depuis qu’il a, assez violemment, achevé les souffrances d’un lapin blanc mourant, le petit Daigo a été pris en grippe par ses camarades de classe. Il ne va plus à l’école et passe ses journées auprès de sa grande sœur muette, Kiriko. Profondément traumatisé, il va même bientôt avoir la sensation d’être hanté…par un lapin blanc géant.

Après une première expérience dans le monde du cinéma en trois dimensions en 2009, Shimizu Takashi nous revient avec un nouveau film visible uniquement en 3D : RABBIT HORROR. Première bonne surprise : les lunettes sont offertes aux spectateurs. Plus qu’un détail, une vraie petite carotte ? Je vous laisse seuls juges. Plus sérieusement, les bonnes choses commencent dès le générique, avec les noms de Kawai Kenji, Christopher Doyle et Shimizu Takashi qui apparaissent successivement à l’écran, avec de jolis effets 3D sanguinolents. Une dream team prometteuse qui ne va pas nous décevoir : la bande son est superbe, la photographie élégante et la mise en scène est extrêmement efficace.

Si RABBIT HORROR est finalement assez classique sur le fond (même si plusieurs fausses pistes vous feront croire le contraire), sur la forme il impressionne. Si on n’atteint bien évidemment pas la perfection d’un AVATAR, avec sa mise en scène 3D qui apportait (ponctuellement) un plus indéniable à la narration, RABBIT HORROR a été entièrement pensé et réalisé dans un esprit 3D. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça se voit. Shimizu enterre ici toute la concurrence six pieds sous terre (à l’exception d’un James Cameron, dois-je le préciser ?) et alterne les effets discrets mais très immersifs (les séquences dans les escaliers, les longs couloirs) avec d’autres passages relativement gratuits et jouant la seule carte du choc visuel, à la manière de certains films projetés dans les parcs d’attraction. Cette dernière manœuvre est la plus simpliste à réaliser (une main en 3D qui s’avance vers vous, des gouttes de pluie ou de sang qui sortent de l’écran) mais Shimizu parvient malgré tout à nous faire avaler la pilule en créant un véritable parallèle entre son intrigue et l’univers des parcs d’attraction (une partie du film se déroule à Fuji-Q Highland, à la manière de son précédent long-métrage). Plus fort : il joue sur la place de la 3D au cinéma, en immergeant à plusieurs reprises ses personnages dans une salle de ciné…projetant le film SENRITSU MEIKYÛ 3D ! La première scène en question est d’ailleurs l’une des meilleures de RABBIT HORROR : elle intervient sans trop prévenir et se révèle être extrêmement déstabilisante. On ne sait plus si on est assis dans notre salle obscure en train de visionner RABBIT HORROR, ou dans une autre pièce, auprès des personnages du film, pour voir SENRITSU MEIKYÛ 3D…dont l’un des objets finira par nous sauter au visage ! Superbe et…très intelligent d’un point de vue narratif car tout cela trouvera une justification à la fin du récit. RABBIT HORROR est donc une franche réussite, et le gros lapin blanc, qui aurait pu être ridicule filmé par un autre, se révèlera très troublant, sous l’œil plein de maitrise de la caméra de Shimizu Takashi.

Sur le fond, par contre, rien de fantasmagorique…même si, comme je l’ai déjà précisé, RABBIT HORROR parvient à surprendre agréablement…car si les ficelles utilisées sont éculées, elles sont ici tellement fines qu’on finit par les oublier…pour se faire finalement piéger…autant par l’intrigue que par les trois dimensions du film, moins gratuites qu’elles n’y paraissent au premier abord (RABBIT HORROR serait donc un Cheval de Troie-D ?).

Sans être un chef d’œuvre, RABBIT HORROR propose néanmoins un spectacle très divertissant et, parfois, inquiétant (à défaut d’être vraiment effrayant, dommage). La bonne impression d’ensemble (confirmée par un casting très convaincant) est hélas quelque peu gâchée par un climax final qui n’en finit pas. Oui RABBIT HORROR met du temps à conclure (la scène choc finale nous aurait-elle posé un lapin ?), et Shimizu Takashi semble avoir pris du plaisir à prendre tout son temps avant de quitter les spectateurs.

Oli :        
Yasuko :

Le trailer :

________________________________________

Quick Review in English:

+ Takashi, Chris Doyle and Kawai Kenji: a dream team for that kind of movie
+ Technically, it’s great: good score, beautiful scenes…
+ A very intelligent way to use 3D: all the movie has been thought for the 3D effects
+ Two categories of 3D effects: easy ones (blood spashing from the screen…)
+ And more clever ones (the way to shoot the stairs, the halls…)
+ The big rabbit could have been ridiculous: with Takashi, he’s very disturbing
+ If the story seems not original at all, the way to tell it is smart
+ Good casting
+ Free 3D glasses are given when you buy your ticket

– Once again: not the most original storyline ever (but it’s well told)
– The movie takes an eternity to end
– I guess it will be less interesting without the 3D (on 2D-DVD for instance)

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Fantastique, Fantômes, Horreur, est tagué , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

2 commentaires pour Rabbit Horror 3D, Shimizu Takashi (2011)

  1. Rick dit :

    J’en était sur depuis le lancement du projet. La photographie avait l’air superbe (mais je faisais confiance à Christopher Doyle), le sujet intéressant. J’avais pu écouter des extraits de la musique également sur amazon, et ça avait l’air franchement convaincant! Puis bon, Mitsushima Hikari au casting🙂 Plus qu’à attendre une sortie en France (je crois que je peux toujours attendre) ou le dvd Japonais…. ou qu’on m’invite au Japon😀

  2. rickdonnie dit :

    Je viens de le voir grâce au DVD 2D, et étant contre la 3D de base, je dois reconnaître qu’elle doit être ici parfaitement adaptée. Comme tu le dis si bien, équipe de choc, c’est carré et bien foutu à tous les niveaux, et la fin est passée comme une lettre à la poste pour moi.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s