Ronin Pop, Matsuda Keita (2011)


RONIN POP
Année : 2011
Genre : Be Pop Oulala…(she’s my baby…)
Origine : Corée du Sud
Production : Pony Canyon
Réalisation : Matsuda Keita
Avec : Jeong Hee Cheol, Moon Jun Young, Siwan, Hwang Kwang Hee, Kim Dong Jun, Han Min Woo, Kevin (ça ne s’invente pas), Park Hyung Sik, Kim Tae Heon, Nagasawa Nao


Dix années ont passé depuis l’apocalypse…et la Terre n’est plus qu’une vaste entité dévastée…dont les survivants (des idoles de K-pop : le monde est mal barré) luttent les uns contre les autres pour avoir la mainmise sur les quelques villes encore civilisées. Tony, un aventurier taciturne dont la tête est mise à prix, débarque un jour dans une région que se disputent deux clans. Tout ce petit monde ne va plus tarder à croiser le fer…et le plomb.

Après avoir signé les effets spéciaux de GEISHA VS NINJAS, et un premier long avec l’intéressant (mais extrêmement bancal) ELECTRONIC GIRL, Matsuda Keita revient aux affaires là où on ne l’attend pas vraiment : en coproduction avec la Corée du sud plus précisément, avec un casting constitué essentiellement d’idoles masculines de K-pop (dont une grande partie du groupe ZE: A). Oui, oui…ces mecs imberbes et efféminés qui, en plus de n’avoir aucun talent, se permettent le luxe de se la péter. Matsuda Keita a donc le (mauvais) goût du risque, et quelque part il ne faut sans doute pas trop lui en vouloir si les scènes intimistes de son film d’action sombrent régulièrement dans le ridicule…avec des idoles de K-pop au casting, on ne pouvait pas espérer autre chose. A dire vrai, à part un remake du TRANSPORTEUR avec François Hollande à la place de Jason Statham, j’imagine mal un projet plus casse-gueule que RONIN POP, western-chanbara futuriste avec des légumes dans les rôles principaux…et même dans les secondaires, c’est dire combien vous allez souffrir.

On passera donc rapidement sur l’aspect dramatique de la chose, sur l’histoire inepte vaguement inspirée de YOJIMBO ainsi que sur la performance des « acteurs » (une idole imberbe avec un chapeau de paille, ça fait un peu mal pour prendre la relève de Mifune Toshirô ou de Clint Eastwood, n’est-ce pas…). Après tout, j’ai loué RONIN POP pour son staff technique, pas pour ses amibes qui polluent l’écran. Et du coté du travail technique, difficile de faire la fine bouche puisque Matsuda Keita confirme l’étincelle de talent aperçue dans ELECTRONIC GIRL en mettant ici le feu aux poudres : plans ingénieux, photo originale, montage efficace et idées décomplexées. Ça part tellement dans tous les sens qu’on frise parfois l’indigestion visuelle. Malgré tout, par rapport à ELECTRONIC GIRL, l’ensemble est ici beaucoup mieux maitrisé et cohérent. Très encourageant pour la suite de la carrière du bonhomme.

Enfin, difficile de passer sous silence l’excellent travail réalisé par les deux action directors du film : Ohara Gô et Minamitsuji Fumihito. Ohara Gô (car c’est lui le boss, ça ne fait aucun doute) nous propose ici tout simplement ce qu’il a fait de mieux jusque là. Les combats sont nerveux, violents et sanglants, parfois originaux (le tueur au bilboquet !), et alternent accélérés, ralentis, sauts câblés et joutes surréalistes nimbées d’effets spéciaux très corrects (ou dont la qualité inférieure à la moyenne des grosses prod a été habilement camouflée). Une grande réussite, confirmée par un duel final absolument ahurissant, qui va tellement loin qu’il risque de mettre un bon gros coup de pied dans la lune à plus d’un spectateur ayant les pieds sur terre. Les autres, élevés aux jeux vidéo et aux films from outer space, sauront apprécier ce combat face à un boss final dont le héros devra déjouer les différents patterns (un pour chaque pouvoir élémentaire).

Ridicule, gonflant, surprenant, très ennuyeux mais aussi parfois emballant. RONIN POP c’est un peu tout ça à la fois. Un film que je ne recommande absolument pas…sauf si vous avez envie de voir des dizaines d’idoles de K-pop mourir à l’écran (c’est un plaisir qui se refuse difficilement) et surtout si vous souhaitez garder un œil sur quelques talents japonais méconnus (Matsuda Keita, Ohara Gô) et qui pourraient bien finir par percer.

Matsuda Keita…un réalisateur avec des idées, des envies…et des endives.

Oli :        
Yasuko :

Le trailer :

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Quick Review in English:

+ You have to see this if you liked ELECTRONIC GIRL, by Matsuda Keita
+ And the previous works of action director Ohara Gô: this is his best fights on screen!
+ Matsuda Keita and Ohara Gô: not famous yet, let’s hope they will be rewarded one day
+ Once again, Matsuda takes many risks: a good director, he just need to find a story to tell
+ Average CGI, but they look good because Matsuda used them wisely (fast action, blur)
+ Nagasawa Nao saves the terrible casting
+ Many K-pop idols will die: yeaaaah!!!!
+ The final fight will remind you of a final boss in a video game (several attack patterns)
+ A post-apocalyptic Yojimbo

– The casting is just terrible: but it’s a movie produced for K-pop idols so…
– Are K-pop idols the worst things on Earth, after Japanese Boys Bands?
– The storyline (YOJIMBO-like) is awful
– Don’t look for any actors in this movie, the dramatic scenes are terrible
– Between the good action scenes, you have to use your DVD player remote
– Once again with Ohara Gô, there is a reference to MATRIX: is it really useful?

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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3 commentaires pour Ronin Pop, Matsuda Keita (2011)

  1. Guillaume dit :

    Autant le travail de (dé)saturation colorimétrique avait, imho, une raison narrative sur Electric Girl, autant là j’ai un doute sur le procédé, qui va peut etre devenir redondant chez ce réalisateur. Mais comme toi j’avais trouvé Electric Girl prometteur, donc celui là j’ai bien envie de le voir.

    • Oli dit :

      Tu le sais comme moi : 90% des réalisateurs bankable, au Japon, sont des tâcherons qui font du drama sur grand écran. Les réal de V-Cinema sont composés de 70% d’individus sans talent, et les 30% restant tentent tant bien que mal d’exister malgré le manque de moyens. Matsuda Keita en fait clairement trop, c’est parfois indigeste. Mais y’a quelque chose. Un truc. Une étincelle. J’y crois. Bon courage à lui pour survivre dans le monde du cinéma japonais contemporain tout en gardant son identité…

  2. Epikt dit :

    Absolument rien à voir sans doute, mais le coté western chanbara post-apo + musique me fait penser à Six String Samurai, un film très fauché mais pulp plutôt pas mal (et un peu culte, grosse inspiration de Jack Black pour The Pick of Destiny notamment : http://www.youtube.com/watch?v=i_vlG4JkDjc ).

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