Tokyo Species, Kasagi Nozomu (2012)


TOKYO SPECIES
TOKYOスピーシーズ
Année : 2012
Genre : recule un peu que je t’entacule
Production : Open Eyes / Left High / Albatros
Réalisation : Kasagi Nozomu
Avec : Ozawa Maria, Minami Marika, Takahashi Namiko, Mizuse Manami, Kobayashi Kazunori, Kôno Tomonori, Ôsako Shigeo, Akikawa Yuri


La jolie Michiko se jette d’un pont…en pensant perdre une vie devenue trop lourde à porter. Elle survivra hélas à sa chute. Hélas, oui…car elle finira par se faire parasiter par une entité extraterrestre cherchant à tout prix à se reproduire…en tuant finalement les mâles qui lui auront gracieusement offert leur semence.
Tandis que la nouvelle et impitoyable Michiko usera de ses charmes pour séduire, et de ses lames pour occire, une lycéenne va se lancer à sa poursuite, flanquée d’une arme gluante à deux coups (non il ne s’agit pas d’une bite).

Ces derniers temps au Japon, les actrices d’AV ont le vent en poulpe (rapport aux tentacules). Si les portes du cinéma mainstream et même de la télé leur sont bien évidemment fermées (à de très rares exceptions près), le petit monde du V-Cinema leur tend les bras (non je ne parle pas d’un quelconque bondage). Ici c’est donc la très pulmonaire Ozawa Maria qui endosse les habits de la maîtresse de cérémonie (normal car la miss s’était déjà révélée très à l’aise avec des membres en plastique extraterrestres dans le très pornographique SHOKUJÛ MARUNOMI ACME: OZAWA MARIA). Mais vous n’allez jamais me croire : si j’ai loué TOKYO SPECIES, ce n’est pas en raison de la présence de la belle Maria, mais parce que le film en question a été réalisé par Kasagi Nozomu, préalablement auteur d’un DTV remarquable (mais pas remarqué) intitulé INCUBUS, et déjà produit par Koshizaka Yasushi (MAN HUNTING).

Teinté de sexe et d’horreur, saupoudré d’un zest de suspense et surtout bien emballé par une réalisation très inspirée, INCUBUS avait été pour moi le plus gros choc DTV de l’année 2010. Avec TOKYO SPECIES, Kasagi semblait parti pour récidiver : une célèbre actrice d’AV, un thème fantastique, plein de tentacules imprimés sur la jaquette et la promesse de quelques litres de sang versés. Miam.

Le début du film a d’ailleurs tout pour réjouir le fan cinéphile (mais pervers) qui sommeille en chacun de nous : une lycéenne (de 26 ans puisque c’est l’âge de Maria, mais passons…) saute d’un pont pour perdre la vie. Quelques dizaines de mètres plus bas, elle ne trouvera hélas pas la mort…mais un cauchemar rampant qui s’immiscera dans sa bouche afin de contrôler son corps et le pousser à se reproduire. Et accessoirement à étriller ses amants. Réjouissant. Surtout que le travail de la caméra est convaincant, et que la photo se met au diapason en créant une ambiance très lourde…et moite.

Hélas…c’est lorsque le film trouve enfin son rythme de croisière qu’il se ramasse. L’intrigue est finalement très ennuyeuse car jamais immersive, la faute au réalisateur qui filme comme un pied les scènes d’action (ok, visiblement c’est pas son truc), au sang couleur rose bonbon, à l’absence de vrais tentacules (je suis un puriste) ou encore aux actrices peu inspirées. Et je ne parle pas des effets spéciaux, absolument immondes, qui passeraient sans problème dans une grosse farce bis, mais qui restent clairement en travers de la gorge dans un film qui me semblait viser beaucoup plus haut que cela (malgré son budget que l’on devine très serré).

Maintenant, il faut bien reconnaître que TOKYO SPECIES se situe quand même quelques coudées au dessus de la concu-rance, et que ce remake fauché du formidable THE HIDDEN (1987) mâtiné de SPECIES (1995), de SPLICE (pour les attaques), voire de duels à la sauce (spaghetti) Sergio Leone, se laisse voir quand on est, comme moi, habitué au pire. Surtout, il nous en apprend un peu plus au sujet du réalisateur, puisque ce dernier nous prouve ici qu’il sait définitivement tenir une caméra…sauf quand il se risque dans les scènes d’action (pour Kasagi Nozomu tenter une scène d’action, ça revient un peu à se tirer une balle dans l’esthète). Et puis si TOKYO SPECIES n’est pas un pinku (une ou deux scènes à peine érotiques qui durent tout juste quelques secondes), on a quand même droit à Ozawa Maria filmée en gros plan qui pond des œufs à quatre pattes. Voilà, c’est tout. Les mauvaises langues diront encore que j’essaie de vendre mon film comme je peux…

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ The director is gifted, his previous film was great (INCUBUS)
+ No surprises then: good filmmaking, strange colors, weird atmosphere
+ Maria Ozawa. Do I need to introduce her? (no misunderstanding, please!)
+ You can feel the influences of THE HIDDEN, SPECIES and even SPLICE
+ Highschool girls with braids and glasses…and wearing mini-skirts. Aren’t you happy?

– As I said: a gifted V-Cinema director…but he’s not gifted to shoot action scenes…
– It’s not a pinku, we see almost nothing of Maria’s deadly body
– The tentacles in the movie…are not « real » tentacles (yes, I’m a purist!)
– Boring story because of all its empty characters
– The CGIs are terrible, the director should have hidden them a little…

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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4 commentaires pour Tokyo Species, Kasagi Nozomu (2012)

  1. ghidorah dit :

    Ok, peut-être, mais qu’a cela ne tienne, je veux le voir quand même!!

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