Kitano Makoto no omaera ikuna TV kanzen ban Vol.1, Kamakura Taisen (2012)


KITANO MAKOTO NO OMAERA IKUNA TV KANZEN BAN VOL.1
北野誠のおまえら行くな TV完全版 Vol.1
Année : 2012
Genre : les gens de Makoto
Production : Takeshobo / CS
Réalisation : Kamakura Taisen
Avec : Kitano Makoto, Nakayama Ichirô, Nishiurawa, Kawaguchi Tomokazu, Okayama Yûji, Kamakura Taisen, Higurashi Kanna


Pour satisfaire nos envies en aventures étranges mais aux relents bien réels, Kitano Makoto a cette fois-ci choisi la région de Aomori. Ses reportages s’attarderont sur un sanctuaire dédié à une divinité des enfants, sur le travail des Itako, ainsi que sur la triste histoire de ces deux cents soldats tragiquement morts sous la neige.

Un tunnel hanté, un village disparu, deux poupées dentées et un voyage vers la préfecture de Hyôgo plus tard, Kitano retrouvera l’écrivain Nakayama Ichirô afin qu’il nous guide dans un bâtiment abandonné dont les mystères remontent à bien des années…

Kitano Makoto est de retour avec sa série de documentaires plus ou moins surnaturels (cette fois-ci tournés initialement pour une chaîne de télévision privée) intitulée KITANO MAKOTO NO OMAERA IKUNA. Et c’est une nouvelle fois avec un plaisir immense que l’on retrouve ce trublion de la télévision et de la radio pour des documentaires toujours aussi bien ficelés.

Le premier chapitre nous emmène à Aomori, dans un sanctuaire dédié à une divinité des enfants : le Jisôsondô. Lors de la perte d’un enfant, des parents viennent se recueillir dans ce temple un peu perdu, pour y déposer des vêtements sur des statues et poupées afin que la chair de leur chair puisse trouver la paix. La visite des lieux est passionnante, et j’avoue que j’ignorais qu’un tel temple pouvait renfermer autant d’objets… Les parents y déposent ainsi parfois les chaussures de leur enfant, un jouet, un cartable ou des vêtements. Il est aussi possible de louer un emplacement (les tarifs n’ont pas été communiqués, mais sur l’un des plans on peut voir une « location » pour vingt ans) pour y déposer des poupées avec une photo et un objet pour accompagner le défunt. Une ambiance extrêmement étrange se dégage alors de ces innombrables allées renfermant des centaines de poupées…supposées veiller les morts…

Toujours à Aomori, Kitano Makoto va se rendre au Hakkodasan kinenkan et auprès de l’immense statue érigée en hommage à ces deux cents et quelques soldats décédés sous la neige durant l’année 1902. Les légendes les plus étranges naviguent dans les vents cinglants qui lèchent quotidiennement les contours de la statue de pierre. Kitano prendra quelques photos de cette soirée…et malgré l’absence de neige ce soir-là, de nombreuses taches semblables à des flocons ont moucheté chacun de ses clichés (comme Kitano essaie de ne rien bidonner, il avancera bien une explication plausible : la lueur de la Lune, très forte alors, aurait bien pu causer ce phénomène).

Direction la forêt ensuite, une bien paumée s’il vous plait, à la recherche d’un village perdu : Sugisawamura. Un village dont les habitants auraient étripé tous les nouveaux arrivants il y a de cela bien longtemps. Depuis, les maisons auraient complètement disparu. Kitano et son équipe retrouveront pourtant les lieux, et tout ça en moins de vingt minutes (Kitano ne manquera pas de faire remarquer que Beat Takeshi avait, au temps de l’émission Unbelievable, mis plusieurs heures pour mettre la main sur l’endroit exact).


Ci-dessus : quel sabotage, ce ne sont plus des mosaïques, mais un kaléidoscope !

Un classique maintenant : le tunnel hanté. Cette fois-ci, une lycéenne aurait été violée et se serait alors donné la mort. La traversée du tunnel par Kitano et son équipe donnera lieu à un instant assez effrayant : un drôle de bruit…comme une femme marchant avec des talons…

On discutera ensuite de poupées. La croyance est forte au Japon : les poupées auraient souvent des pouvoirs maléfiques. L’un des sbires de Makoto, Nishiurawa, a ainsi été hospitalisé durant un mois après avoir ouvert une boîte renfermant deux poupées maudites. Les poupées en question lui avaient été confiées après la mort du couple qui les possédait (couple qui aurait commencé à se poser des questions à leur sujet à la suite d’une macabre découverte : des dents avaient poussé dans la bouche des deux petites poupées !). Alors maintenant vous avez sans doute compris pourquoi ces objets aux traits humains déformés inspirent souvent des cauchemars au Japon…tandis qu’en France on les trouve plutôt jolies…les poupées.

Enfin, pour clôturer ce DVD du mois de mai 2012, le plus gros morceau : Kitano revient sur les lieux d’un bâtiment étrange…autrefois découvert par Nakayama Ichirô lorsqu’il était encore tout jeune. Aujourd’hui écrivain à succès (SHIN MIMIBUKURO) et conteur doué, Nakayama Ichirô accompagne Kitano Makoto sur ce site qui jouit d’une belle réputation dans le milieu de « l’étrange ». Basé dans la préfecture de Hyôgo, en pleine montagne, le lieu abrite à présent un grand complexe d’élevage bovin. Mais sans vaches, ni employés. Encore une fois le mystère plane sur ces murs inhabités. Où sont passés tous les gens depuis 1998 (dernière date qui apparaît sur les calendriers du site) ? Pourquoi n’y-a-t-il aucune toilette nulle part ? Quid de cette carte de visite dénichée dans une chambre étrange ? Kitano tentera bien d’appeler le numéro, mais il tombera sur… Enfin bref, l’histoire devrait passionner celles et ceux qui suivent cette enquête nimbée de légende urbaine depuis des années.

Le ton de l’ensemble est comme toujours très sympa, variant de l’atmosphère un peu lourde (les bruits de pas dans le tunnel, les milliers de poupées qui semblent vous observer, l’ombre bizarre que j’ai cru apercevoir dans une fenêtre lors de la visite des toilettes près d’un temple…), aux répliques plus bon-enfant (les différents protagonistes n’hésitant pas, parfois, à s’envoyer quelques piques). Sympa également cette petite visite chez une Itako (femmes que l’on trouve surtout dans la région de Aomori, à travers lesquelles la personne décédée de votre choix peut s’exprimer en toute simplicité). Kitano Makoto a demandé de parler à son père, et l’Itako s’est exécutée de bonne grâce face aux caméras. Si Kitano n’a fait aucun commentaire assassin, le ton de la discussion ne laisse planer aucun doute : il n’y croit pas une seule seconde – surtout que, comme il l’a précisé lui-même un peu plus tôt dans l’un des reportages du DVD, il a un jour demandé de parler à Marilyn Monroe via ce système. L’Itako avait alors accédé à sa demande, et Kitano fut très surpris d’entendre la regrettée Marilyn s’exprimer en japonais… Et oui que voulez-vous, au Japon l’Itako c’est un peu comme le thé vert : some like it hot !

Oli :        
Yasuko :

Ze trailer :

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Quick Review in English:

+ Kitano Makoto is back with his documentary serie OMAERA IKUNA
+ This time, this DVD is coming from a TV Show
+ Sometimes funny (Kitano is not always serious)
+ Sometimes really weird (the strange sounds in the tunnel…)
+ Most of the time very interesting
+ The best part: the documentary in the sanctuary Jidôsondô…
+ …with thousands of dolls watching you…and thousands of objects of dead children
+ No stupid CGI or scary effects: everything is supposed to be real (let’s hope so)
+ In the bonus of the DVD: a strange seance with an Itako

– Of course, as always, you have to like that kind of stories to watch such a DVD

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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4 commentaires pour Kitano Makoto no omaera ikuna TV kanzen ban Vol.1, Kamakura Taisen (2012)

  1. metalian33 dit :

    Je suppose que c’est flocons pas flacons🙂
    C’est vraiment dommage en tout cas d’être certain de ne jamais voir arriver ce docu en France car ton texte donne envie…

    • Oli dit :

      Corrigé, merci beaucoup. Effectivement il n’y aura jamais de sous-titres pour ce genre de produits. Dommage, car ça fait partie du paysage, au Japon. Mais compréhensible, tant le public visé doit être bien maigre en Occident. Pour te faire une idée, tu peux faire des recherches sur Youtube (par ex en copiant collant les kanji du titre). Tu devrais pouvoir trouver quelques vidéos.

  2. metalian33 dit :

    Je vais tenter de faire une recherche pour les vidéos. Merci.

  3. Ping : Kaidan Kai : Dark Night Vol.7 (octobre 2012) | échec et (ciné)mat divers et avarié

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