Hard Romanticker, Gu Su-yeon (2011)


HARD ROMANTICKER
ハード ロマンチッカー
Année : 2011
Genre : un cancre las
Production : Kadokawa / Toei / Molotov Cocktail
Réalisation : Gu Su-yeon
Avec : Matsuda Shôta, Nagayama Kento, Emoto Tokio, Watabe Atsurô, Ashina Sei, Awaji Keiko, Endô Kaname, Endô Yûya, Hakuryu, Ishigaki Yûma, Kaneko Nobuaki, Kawano Naoki, Kuribayashi Riri, Claude Maki, Maki Yôko, Nakamura Shidô, Ochiai Motoki, Ono Yuriko, Watabe Gôta, Watanabe Dai


La vie quotidienne d’un jeune Coréen du Japon, qui a quitté le lycée et qui traine ses guêtres de lieux paumés en petites batailles rangées…en naviguant parfois entre les bras d’adolescentes qui ont perdu leur naïveté depuis longtemps.

Gu Su-yeon, le réalisateur, est un Coréen de deuxième génération né au Japon. HARD ROMANTICKER est basé sur l’une de ses nouvelles, en partie autobiographique (le personnage principal s’appelle Gu, histoire de ne tromper personne), qui raconte la jeunesse d’un jeune « Coréen japonais » à Yamaguchi. Ce petit côté « histoire vraie romancée » donne un cachet un peu à part, à HARD ROMANTICKER. Surtout, il lui donne une raison d’exister et fait qu’on ne le rabaissera pas à un simple film post-ARNAQUES, CRIMES ET BOTANIQUE.

Du coup, ce petit facteur déjà-vu dans la déconstruction du récit et la décomposition des genres passe ici comme une lettre à la poste, et on navigue avec rires, passions et grincements de dents entre la comédie grotesque, la violence brute qui frappe sans prévenir et la romance discrète…presque inavouée. La réalisation de Gu Su-yeon est d’ailleurs pour beaucoup dans la réussite de ce pot pas pourri, puisqu’elle prend régulièrement le spectateur à contre-pied via des plans larges maniés avec maestria, qui ne révéleront leurs détails les plus importants qu’au moment le plus opportun.

Construit sur un faux rythme, HARD ROMANTICKER prend le temps de nous immerger dans le quotidien des petites frappes de Shimonoseki, sans forcément nous donner beaucoup d’indices sur le déroulement et les enjeux du récit : le film s’ouvre ainsi sur le meurtre malheureux d’une grand-mère, puis enchaine sur l’intervention d’un inspecteur de police (génial Watabe Atsurô, comme d’hab’), que je pensais d’ailleurs être l’un des personnages principaux du récit. Mais en fait il n’en est rien. Et c’est comme ça pendant presque tout le film : la galerie de personnages est immense (et campée par un casting hallucinant jusque dans les caméos – Maki Yôko forever) et les différentes scènes et autres pérégrinations grotesques de notre copain Gu s’enchainent avec brio (et brillantine). Mon moment préféré demeure sans doute la vengeance de Gu, vexé d’avoir eu la faiblesse d’aimer, à l’encontre de cette lycéenne dont il n’a pourtant jamais été vraiment proche. Quoi d’autre ? Des coups qui font mal sortis de nulle part, une course sur les toits, de la drogue, des viols, la découverte du visage tuméfié à outrance d’une lycéenne (et le réalisateur réussit à nous faire rire avec ça !), des gros bras, des petites frappes, des grandes gueules, des gros seins, des fins qui justifient les moyens (oui on a droit à toutes les tailles)…bref on ne voit pas le temps passer. Et lorsque le film se termine, bizarrement on en oublie tous les défauts (quelques chutes de rythme, parfois un petit côté déjà-vu) pour n’en garder que les éclatantes qualités.

Alors au final, HARD ROMANTICKER, c’est quoi ?

L’histoire d’un dur au cœur tendre qui aime ses ramen hard boiled.

Oli :        
Yasuko :

La BA :

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Quick Review in English:

+ Inspired by the youth of the movie director
+ The casting is INCREDIBLE (even the cameos!)
+ Grotesque comedy, hard violence, light romance…it’s not easy to be a bad boy
+ Very good story, great characters, so many good scenes and surprises!
+ Great and intelligent filmmaking

– A feeling of deja-vu? Guy Ritchie style, mix of genres?
– Be careful: it’s not a real « yakuza hard boiled » movie…
– …cause most of the time it’s a slow-paced story

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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