Otogirisô, Shimoyama Ten (2001)


OTOGIRISÔ, aka Otogirisou, aka St. John’s Wort
弟切草
Genre : les fleurs du mâle
Production : Kadokawa / Asmik Ace
Réalisation : Shimoyama Ten
Avec : Okina Megumi, Saitô Yôichirô, Ôkura Kôji, Matsuo Reiko, Terada Minoru, Hashimoto Yasunari


Kôhei, un programmeur de jeux vidéo, accompagne sa petite amie Nami dans la maison qui l’a vue naître. Isolé en pleine campagne, au milieu d’une forêt dense et cerné de millepertuis (otogirisô), le bâtiment a été laissé à l’abandon. Sous les grosses couches de poussière, et les encore plus épais mystères, Nami va tenter de se remémorer son enfance.

J’ai découvert OTOGIRISÔ il y a combien… ? Disons 10 ans, environ, par le biais de mes livraisons de DVD quasi hebdomadaires en provenance de Hong Kong. J’avais trouvé le film moyen, à l’époque. Je l’ai redécouvert récemment mais, entre-temps, j’ai aussi pris la peine de finir le jeu dont OTOGIRISÔ est en fait l’adaptation. Et du coup, j’ai vu le film sous un angle nouveau. Là où, du haut de ma cruelle ignorance, j’avais vu dans OTOGIRISÔ une référence aux jeux de survival horror, j’ai compris aujourd’hui que le long métrage de Shimoyama Ten (SHINOBI) était en réalité un brillant hommage aux sound novels ! En gros ça n’a rien à voir, oui c’est presque le jour et l’ennui (car OTOGIRISÔ est parfois un peu mou, soyons honnêtes).

Les sound novels sont en fait des jeux vidéo presque uniquement statiques (depuis la PS1 ils disposent malgré tout de courtes séquences animées), qui vous proposent des tonnes de textes à lire, avec parfois des choix à faire (cruciaux ou banals) afin de poursuivre l’histoire. Ce style de jeux marche bien au Japon, et quelques titres se sont même frayé un chemin jusqu’aux consoles de septième et huitième génération, de la Wii, en passant par la PS3 et même à présent la PS Vita.

OTOGIRISÔ, le film, rend donc un vibrant hommage à OTOGIRISÔ, le jeu. En fait et si on se penche un peu sur le passé des adaptations vidéoludiques sur grand écran, on peut presque dire qu’il s’agit de l’un des meilleurs « portages » d’un jeu vidéo au cinéma. Aussi, et lorsque l’on a joué au jeu, on ne peut que s’amuser de tous les clins d’œil qui parsèment le récit. Déjà l’intrigue principale est plus ou moins respectée, mais surtout le réalisateur a parfois carrément intégré des éléments vidéoludiques à son film : quelques pages de texte (comme un vrai visual novel !), ou encore le coup des fins multiples. Mieux encore, la plupart des éléments nouveaux absents du jeu original sont plutôt bien pensés : par exemple l’intrigue parallèle dans le studio de jeux vidéo, et cette nana qui dessine la carte du manoir en temps réel sur son ordinateur (ça m’a rappelé l’époque de l’Amstrad CPC, lorsque je griffonnais le plan de L’AIGLE D’OR sur un coin de cahier usé).

Par conséquent, et si on aime le jeu vidéo, on finit par pardonner tous les petits défauts du film (dont quelques scènes « choc » pas toujours bien amenées et une ou deux idées majeures du jeu qui ont été abandonnées) pour passer un bon moment. Par contre, celles et ceux qui ne connaissent pas OTOGIRISÔ (le jeu) risquent de passer à coté de la substantifique moelle de ce que le long métrage a à offrir. Alors pensez bien à faire une sauvegarde avant de vous lancer dans l’aventure !

Oli :        
Yasuko :

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Quick Review in English:

+ A faithful adaptation of a famous sound novel Japanese video game
+ Most of the game storyline is respected
+ The original ideas of the movie are pretty good
+ Very interesting, if you know the video game

– If you never played this game, you may not really understand a few things in the movie
– Some scenes should have been more impressive (the final climax, for instance)
– One or two very important things of the game are not in the movie

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Otogirisô, Shimoyama Ten (2001)

  1. locutus57 dit :

    ouaif, tu m’as pas vendu ce film. Dommage car la jaquette dvd était encore une fois très belle.

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