Koi no tsumi, Sono Shion (2011)


KOI NO TSUMI, aka Guilty of Romance
恋の罪
Année : 2011
Genre : « il faut cultiver notre jardin » (son gazon aussi ?)
Production : Nikkatsu / Django Film
Réalisation : Sono Shion
Avec : Mizuno Miki, Togashi Makoto, Kagurazaka Megumi, Kojima Kazuya, Nikaido Satoshi, Kobayashi Ryûju, Gotsuji Shingo, Fukami Motoki, Uchida Chika, Machida Marie, Iwamatsu Ryô, Ôtaka Hisako, Tsuda Kanji, Cynthia Cheston, Ôtsuka Mae, Ryû Suwaru


Izumi, mariée à un riche et célèbre écrivain, s’ennuie. Elle va tenter de trouver un sens à sa vie dans le travail, pour commencer. Un simple petit boulot dans un supermarché. De fil en aiguille, elle rencontrera des gens, une productrice d’AV, quelques sexes en érection et enfin Mitsuko, une drôle de prof au tailleur bien carré le jour, et les jambes écartées la nuit.

Avec GUILTY OF ROMANCE, Sono Shion livre un nouveau film assez incroyable et difficilement identifiable. La quê-quête initiatique, ou conte de phéromones, d’Izumi une jolie femme au foyer délaissée par son mari et qui va finalement apprendre à s’aimer en aimant les autres. Beaucoup d’autres…

Le film part dans tous les sens, ose tout et superpose trois intrigues (tout du moins dans sa version japonaise) pour mieux étayer ses propos : l’enquête presque classique, la vie privée de Kazuko la policière, et la grosse partie avec la descente aux enfers (ou montée au paradis selon vos critères) d’Izumi, entrainée par Mitsuko. Passionnant, surtout que les actrices se mettent au diapason.

Mais entre l’extraordinaire Togashi Makoto et la discrètement sublime Mizuno Miki, Kagurazaka Megumi, peu talentueuse, se retrouve un peu à l’étroit (et non ce n’est pas seulement en raison de sa grosse poitrine). Cette petite faille dans le casting donne d’ailleurs au film une légère teinte d’arty-ficialité, puisque j’ai parfois eu un peu de mal à croire (et donc à m’accrocher) à l’incroyable destin de cette Candide écorchée, façon Voltaire de la luxure, candidate à la déchéance prenant l’échelle sociale à l’envers. Et à l’endroit très moite fantasmé par une simple femme au foyer qui s’était oubliée, le spectateur prend aussi son pied, certes, mais c’est parfois un peu gros (et non, encore une fois, aucun rapport avec le tour de poitrine de Megumi). J’en veux pour preuve ces quelques flashbacks sur une enfance bafouée (c’est pas comme si on ne nous avait jamais fait le coup…) qui laissent un petit goût amer dans la bouche du spectateur – et dans celle de Mitsuko aussi, mais pour d’autres raisons.

Malgré tout, on ne voit pas le temps passer – le film dure pourtant 144 minutes contre 112 dans son montage international. Pour avoir vérifié le charcutage en question, ce sont principalement des scènes avec Kazuko (Mizuno Miki) qui sont honteusement passées à la trappe : la magnifique ouverture dans le love hotel – et le nu intégral de Miki, la superbe scène de masturbation dans la maison croulant sous la pluie, et le long climax final, si original, qui mènera une nouvelle fois par hasard Kazuko jusqu’à cette maison ivre où le cadavre avait été retrouvé. Une symbolique extrêmement importante, puisqu’avec cette ouverture et ce final (et les infidélités de Kazuko), c’est tout un pan du film qui disparaît : la détective incarnée par Mizuno Miki n’est alors que spectatrice, et non plus actrice (en devenir ?) de cette pièce de théâtre moite. D’autres scènes ont été coupées, dont la plus regrettable est sans doute l’extraordinaire pétage de plombs de la grand-mère à la fin du chapitre 3.

Bref vous l’aurez compris, GUILTY OF ROMANCE est à voir et à aimer dans sa version japonaise uniquement. Une œuvre imparfaite mais forte, drôle et grave, au sujet d’une jeune femme qui va ouvrir son sexe à la manière d’une très chaude boîte de Pandore. Ou comment apprendre à dire « je t’aime » (ou pas) du bout des lèvres.
Oui mais lesquelles ?

Oli :        
Yasuko :

__________________________________________

Quick Review in English:

+ Three stories, well mixed all together
+ Two great actresses
+ Great filmmaking
+ Sometimes funny, most of the time serious and disturbing

– Don’t watch the international version: the story of the cop has almost disappeared

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Koi no tsumi, Sono Shion (2011)

  1. floflo63 dit :

    Cet article tombe à point nommé (le film est annoncé au ciné pour le 25, mais en version 112min) : vu le charcutage (une demi-heure de coupée, vive la honte), j’attendrai la sortie d’une éventuelle version complète pour craquer (je ne comprends pas le japonais malheureusement, il me faut au minimum de l’anglais -sous-titres ou voix peu importe par contre-). Merci de l’information donc, et fausse joie au passage (chic un film sympa au ciné pour changer un peu…sauf que non en fait, ils l’ont mutilé…).

    • Oli dit :

      Ce que je ne comprends pas trop non plus, c’est qu’un tel film n’est pas tout public. On n’y va pas en famille ! Sans jouer la carte de l’élitisme mal placé, on peut même dire que GUILTY OF ROMANCE s’adresse à un public assez connaisseur ou tout du moins bien prévenu…et en général ce public préfère les versions uncut…enfin j’ose l’espérer…

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