Himizu, Sono Shion (2011)


HIMIZU
ヒミズ
Année : 2011
Genre : beaucoup de blabla…blam !
Production : GAGA / Kodansha
Réalisation : Sono Shion
Avec : Sometani Shôta, Nikaidô Fumi, Watanabe Tetsu, Fukikoshi Mitsuru, Kagurazaka Megumi, Mitsuishi Ken, Watanabe Makiko, Kurosawa Asuka, Denden, Murakami Jun, Kubozuka Yôsuke, Yoshitaka Yuriko, Nishijima Takahiro, Suzuki Anne, Genkaku Yûko, Horibe Keisuke, Kawai Shôhei, Kawaya Setchin, Miyadai Shinji, Miyata Haruka, Moto Fuyuki, Shimizu Satoshi, Suwa Tarô, Watanabe Yuki, Yamanaka Arata


Le jeune Sumida voudrait être normal. Survivant du tsunami de 2011, au Japon, il vit avec une mère absente et un père qui va et vient comme un mirage. Ou plutôt un cauchemar.
Avec ses voisins de fortune, qui habitent sous des tentes, Sumida va avoir bien du mal à se faire une place au sein du chaos ambiant. La pétillante Keiko va alors faire une entrée fracassante dans son quotidien.

Alors qu’il était parti pour « simplement » adapter le manga HIMIZU, Sono Sion (ou Shion, écrivez-le comme vous voulez) a été frappé par l’horreur et l’ampleur de la catastrophe du 11 mars 2011, sur les côtes du Tôhoku. Et par un coup de pirouette scénaristique dont il a le secret, Sono Sion a complètement intégré ladite catastrophe à son intrigue. On retrouve ainsi les personnages du sombre manga HIMIZU, dans la peau de survivants du ras de marée ayant suivi le méga séisme. L’idée peut paraître bonne au premier abord, et elle fonctionne la plupart du temps, même si le cinéma de Sono Sion semble y perdre un peu de son âme (voir la deuxième partie de cette chronique).

HIMIZU est bien évidemment bourré de qualités : la violence est sèche, elle fait mal. La galerie de personnages est incroyable et l’interprétation est sacrément bonne (même Megumi qui trouve ici son meilleur rôle : elle ne parle pas). Mais il faut quand même avouer que tout cela est bien long pour un message certes joli, mais d’une redondance qui finit par fatiguer autant que toutes les crises d’hystérie à répétition. Un message qui devient extrêmement pesant à force d’être asséné à grands coups de boutoir au spectateur qui subit ainsi à la fois les assauts répétés d’une musique auteurisante omniprésente et des discours très lourds de Keiko. Franchement moi aussi si j’avais une actrice aussi bruyante qui me hurlait constamment de la sorte dans les oreilles du matin jusqu’au soir, j’aurais envie de me tirer une balle à la fin.

Mais là où le film déçoit encore plus, c’est qu’en choisissant un sujet de société grave et récent (le tsunami), Sono Sion s’est lui-même tiré une balle dans le pied. Oh, une toute petite, pas de quoi finir unijambiste, on parcoure malgré tout son HIMIZU d’un pas allègre. Mais Sono Sion se retrouve les mains liées par un thème trop sensible pour véritablement pouvoir jouer avec : un comble quand on connaît la verve et les prises de risque habituelles de ce réalisateur. Le message final du film est, par exemple, le même que tous ceux qui ont été diffusés au Japon dans les émissions de variété post-11 mars 2011. Ce concept du réalisateur un peu coincé dans des rouages trop gros pour lui est parfaitement illustré dans la scène la plus triste et la plus symptomatique du film : lorsque la jeune Yoshitaka Yuriko est proposée à un vieil homme pour une partie de jambes en l’air. Triste car on sait très bien que même un cinéaste de la trempe de Sono Sion va perdre la partie face aux agences qui s’occupent des actrices bankable, au Japon. Du coup dès le départ de la scène on se doute de son issue. Jamais, ô grand jamais, on ne pourra plus écarter les jambes de Yuriko à l’écran, à présent. C’est comme ça, c’est dans son contrat. Il faut qu’elle justifie son image de femme parfaite à marier pour demeurer une valeur sûre des spots de pub.

Le tsunami et Yoshitaka Yuriko, c’est un peu le réel qui reprend possession de notre machine à fantasmer qu’est le cinéma japonais non mainstream, en lui dictant des règles trop terre à terre. Ou quand la réalité dépasse la fic-Sion…

Oli :        
Yasuko : ( + pour Denden qui se tripote)

Le trailer sous-titré anglais :

_______________________________________

Quick Review in English:

+ Great filmmaking, many good ideas
+ Once again in a Sono Shion’s movie, the actors and actresses are fabulous
+ The 2011 disaster has been added to the story of the manga by Sono Shion

– Too long for a simple message…a message which becomes heavier and heavier…
– Heavy like the noisy and interminable dialogues of Keiko (please be silent for 1 minute!)
– Heavy like the demonstrative and omnipresent music
– Heavy like the numerous hysteria scenes
– The 2011 disaster as a part of this fiction is a good and a bad idea…

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
Cet article, publié dans Catastrophe, Drame, est tagué , , , , , , , , , , , , , . Ajoutez ce permalien à vos favoris.

Un commentaire pour Himizu, Sono Shion (2011)

  1. rickdonnie dit :

    Je suis comme souvent de ton avis, même si je pense avoir tout de même plus apprécié que toi (bon, Keiko m’a gavé aussi, mais la musique à répétition, non).
    Par contre, je souligne que Megumi a tout de même UNE phrase de dialogue, elle demande une bière au début😀

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s