Assassin, Ohara Gô (2011)


ASSASSIN, aka An Assassin
アサシン
Année : 2011
Genre : fratern-hell
Production : Ohara Bros / Red Volt / Rough
Réalisation : Ohara Gô
Avec : Baba Ryôma, Kubota Yûki, Iwata Sayuri, Otomo Kôhei, Watari Hiroshi, Watanabe Naoko, George Takahashi, Takano Hassei, Raper Sato, Yoshioka Tsuyoshi, Nagata Akira, Hakuzen Satoshi, Oishi Takayuki, Sugihara Isamu, Hoshina Yôhei, Namioka Kazuki, Kuwata Aya, Satô Kô, Minegishi Yuki, Kunii Takanori, Sakuragi Rina, Daimon Maki, Chiba Naomi, Watanabe Yukari, Kimura Hikaru, Sasaki Ayame, Mizuno Kôki, Kumagai Kôki, Kumagai Kaeko, Kumagai Mayumi, Kumagai Kotoko, Honda Yuki, Hattori Marin, Hattori Tamari, Yabe Kyôsuke, Yanagi Yûrei, Okamoto Masahito, Uchigasaki Tsutomu, Kanai Shigeru, Yukihide Benny, Fukikawa Nozomi, Hanabusa Kanji, Takahashi Yoshie, Ono Naoki, Iwabuchi Tadashi, Misawa Tomotaka, Shôji Makoto, Anzai Ema, Hayasaka Yasusuke, Satô Nobuyuki, Takahashi Tetsuro, Kobayashi Katsumi, Takaya Yoshitaka, Masuno Michito

Ryô et Misaki sont deux tueurs solitaires. Ils ne savent pas aimer, et ne connaissent que leur travail. Inséparables depuis leur triste enfance, ils se retrouvent régulièrement pour effectuer des contrats ensemble.
Un jour, Ryô dérogera à la règle d’or du tueur sans merci, et prendra sous son aile protectrice une lycéenne croisée sur les lieux d’un crime.

Il y a quatre ans je mettais en avant, sur ce modeste blog, les qualités d’un action director presque inconnu, au Japon. L’intéressé s’appelait Ohara Gô et était alors responsable des combats de ONECHANBARA. Par la suite, il continua dans le même genre : de l’action souvent (trop) câblée, et enfin deux films entièrement réalisés par ses soins. Le bancal (car fauché) GEISHA VS NINJAS, et le beaucoup plus convaincant GOTHIC & LOLITA PYSCHO. Le bonhomme n’a donc jamais cessé de progresser – les excellents combats du récent RONIN POP, de Mastuda Keita, sont là pour le prouver. Pour qui le suit depuis ses débuts, le plaisir de retrouver Ohara Gô au niveau d’un vrai bon film comme AN ASSASSIN est absolument immense : oui, on avait raison d’y croire !

Excellent Film Noir, AN ASSASSIN tourne donc le dos au film martial, pourtant fière figure de prou de la société dirigée par Ohara Gô. Il y a bien quelques combats à mains nues, mais ici rien n’est câblé, tout se veut sec et relativement réaliste. On est bien loin de RONIN POP, en somme… Qui dit Film Noir à la sauce moderne, dit bien évidemment « gunfights ». Et bien AN ASSASSIN nous réserve encore une surprise de taille : ici les gunfights ne sont ni « surdécoupés », ni hyper nerveux, mais plutôt posés, voire carrément statiques. AN ASSASSIN choisit donc clairement son camp : pour la forme il s’inspire de Johnnie To, tandis que sur le fond on retrouve cette chevalerie sur fond de fraternité exacerbée qui fait parler la poudre, chère à John Woo. Difficile également de ne pas citer Jean-Pierre Melville, auquel Ohara Gô rend ici un hommage appuyé.

Tout n’est pourtant pas rose, dans AN ASSASSIN – normal, dans un Film Noir. A trop vouloir s’inspirer de ses illustres ainés, on finit parfois par y perdre un peu son âme et à accumuler les déjà-vus. Mais comme il s’agit de déjà-aimés, l’écueil n’est aucunement fatal : on prend en effet du plaisir et le film de Ohara Gô ne semble durer qu’une petite trentaine de minutes. Un (tueur à) gage de qualité.
Le coté très poseur des héros (jusqu’aux coupes de cheveux millimétrées), la pluie qui se met à tomber juste avant le combat final (ou « syndrome sud-coréen »), des fusillades à bout portant durant lesquelles personne ne parvient à se toucher et les personnages féminins rabaissés au triste rang de potiche pourraient également faire grincer des dents. Mais si, comme je l’ai déjà précisé, vous aimez ce genre d’histoire très sombre, mettant en scène des tueurs solitaires qui s’aiment/se détestent/se respectent (ça dépend des jours), vous ne devriez pas voir le temps passer. Et si ça se trouve, à la fin du film vous serez touché – par une balle perdue qui répond au doux nom « d’émotion ».

AN ASSASSIN est, à ce jour, le projet le plus abouti de Ohara Gô. Ce Film Noir tourné dans la région de Sendai (avec des figurants locaux) pour donner un petit coup de pouce après le terrible tsunami de mars 2011, est en effet maitrisé de A à Z et se détache enfin de cette influence « V-Cinema » qui collait jusqu’à présent à la peau de Ohara Gô. Et même si comme je l’ai déjà dit tout n’est pas parfait (il y a encore des défauts criants, de gros clichés, des failles dans le casting…), difficile de ne pas s’enthousiasmer pour cette histoire d’hommes aux destins teintés d’extrême, presque surréalistes…un peu à l’ancienne.

Oli :        
Yasuko :

La bande annonce :

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Quick Review in English:

+ Since ONECHANBARA, Ohara Gô has always improved
+ His action directors works are getting better and better (see RONIN POP)
+ His movies as director are getting better too (ASSASSIN is his best film to date)
+ Good story about two killers, like old fashioned Films Noirs
+ The atmosphere looks like old John Woo’s movies (brotherly love, dark fate)
+ With an hommage to Jean-Pierre Melville’s LE SAMOURAÏ
+ The gunfights are inspired by the previous movies of Johnnie To
+ The few fights are not wired at all, more realistic than previous Ohara’s works
+ Great cameos

– Déjà-vu? Yes…that kind of story is not new at all…
– Films Noirs clichés? Yes
– The highschoolgirl seems to be 26 years old…
– You have to like that kind of exaggerated dark hero movies to watch this film
– The two heroes may take too much care about their hairstyles
– A lot of rain just before a fight? Is it because of the South Korea syndrome?

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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