Butoken moko gekisatsu!, Yamaguchi Kazuhiko (1976)


BUTOKEN MOKO GEKISATSU!, aka The Tigers Claw
武闘拳 猛虎激殺!
Année : 1976
Genre : Kurata reprend du poil de la bête au Japon
Production : Toei
Réalisation : Yamaguchi Kazuhiko
Avec : Kurata Yasuaki, Shimizu Kentarô, Yabuki Jirô (aka Chiba Jirô), Ishibashi Masashi, Ôtsuka Tsuyoshi, Koike Ryôichi, Endô Kaoru, Doi Katsue, Hotta Shinzô, Fukae Akiyoshi, Hiura Ben, Kurenai Kôji, Ryû Kenji, Saitô Kazuyuki, Kuji Akira, Kita Kusuo, Harada Tsutomu, Mitsumoto Daisuke, Kobayashi Nenji, Kameyama Tatsuya, Yamamoto Shôhei, Nishimoto Ryûjirô, Hira Mototaka, Miemachi Kôji, Haruta Fumio, Mori Yûsuke, Tsuchiyama Toshiyuki, Kondô Hiroshi, Shô Bunei


Suite au meurtre de son père dans des circonstances qui demeurent obscures, Tetsuji Ryûzaki a grandi au Mexique, où il a peaufiné ses arts martiaux en s’entrainant notamment sur de vigoureux et virevoltants poulets. Enfin de retour au Japon, il gagnera sa vie sur les rings…en attendant le moment propice où il pourra réclamer vengeance.

On ne présente plus Kurata Yasuaki : collectionneur de dans en karaté, judo ou encore en aikido, il est devenu une star dans les années 70 à Hong Kong (occasionnellement sous le pseudonyme Bruce Lo), au point de tourner avec les plus grands (dont Liu Chia-Liang dans l’un des plus grands films martiaux de tous les temps : HEROES OF THE EAST). Sa carrière au Japon est également extrêmement fournie : de films d’action en polars, en passant par de nombreux drama pour finir…par monter sa propre société de production afin de faire renaitre de ses cendres un certain cinéma d’action décomplexé. Et je souhaite bonne chance au vénérable Kurata car au Japon, actuellement, c’est presque mission impossible, tant l’industrie du cinéma de genre de ce pays a toujours été plus « chanbara » et « yakuza » que « karatéka ». Des films comme BATTLE HUSTLE, JUJITSU VS KARATE et RED TEARS, malgré tous leurs défauts, respirent malgré tout le parfum de l’envie et de l’honnêteté. Espérons que tous ces efforts finissent par payer.

Mais revenons au film du jour – ou plutôt d’hier, puisque celui-ci date de 1976. Il vient d’être édité en DVD ce qui m’a permis d’en profiter le temps d’une location. BUTOKEN MOKO GEKISATSU est en réalité le « premier » premier rôle de Kurata au Japon (après son aventure hongkongaise qui allait se poursuivre en parallèle). Une aubaine ? Pas si sûr, car l’intéressé a dû partager l’affiche avec…un tigre ! Aujourd’hui Kurata Yasuaki n’est pas avare d’anecdotes sur le sujet, et c’est avec amusement qu’il nous précise que pour certains plans du combat avec le félin, il n’était pas doublé : on lui conseillait juste d’être prêt à détaler – au cas où ! Pour que la bête s’habitue à la présence de Kurata (en particulier pour les photos de promo), ce dernier a « vécu » près de l’animal pendant plus d’une semaine, en lui donnant à manger plusieurs fois par jour, par exemple. Pas suffisant pour que Kurata ait envie de caresser la star poilue qui partageait l’affiche avec lui. Malgré tout, Kurata Yasuaki s’est investi sans compter, j’en veux pour preuve cette petite cicatrice qu’il porte toujours à la main droite ; cadeau d’adieu de son vieil ami à quatre pattes…

Le combat avec le tigre, qui devait d’ailleurs être le clou du spectacle, m’a d’ailleurs agréablement surpris. Je m’attendais à quelque chose du niveau d’un navet correct, mais au final c’est plutôt bien fichu – à deux-trois plans sur une peluche près. Dans l’ensemble, le combat en question dégage une bonne dose de bestialité, et les contacts sont souvent réels. Une très heureuse surprise : au moins le film nous vend ce que l’on voit sur l’affiche, il n’y a aucunement tromperie sur la marchandise.

Mieux encore : sorti de ce combat très honorable pour l’époque, le film est excellent de bout en bout. Bien évidemment les phases martiales ne sont pas chorégraphiées comme à Hong Kong, mais les coups paraissent plus ou moins portés, Kurata est très convaincant et il y a de l’intensité : c’est déjà pas si mal pour un karatexploitation. Le coté exploitation d’ailleurs, parlons-en : celui-ci est assuré par des méchants hauts en couleurs, des boss à abattre sur le chemin menant au sommet du château, quelques tortures pas piquées des vers, des innocents qui vont morfler et la bonne petite musique jazzy décalée qui va bien. Mais là où BUTOKEN MOKO GEKISATSU surprend, c’est dans son emballage plutôt sérieux, sans doute parce que le film essaie de rester plutôt réaliste : rien n’est vraiment bâclé, et certains détails sont même extrêmement réussis. Les décors sont ainsi superbes, la scène de rédemption sous la pluie est magnifique (aussi bien sur le fond que sur la forme) et aussi bien le rythme que la progression dramatique de l’histoire sont parfaitement bien gérés – des personnages secondaires auront droit à leur morceau de bravoure, Kurata qui n’est pas un super-héros et qui fuira même face à dix adversaires, le méchant qui répond à un code de l’honneur, le plan final plutôt touchant…

Bref avec BUTOKEN MOKO GEKISATSU, on en a pour son argent, en particulier si vous aimez, comme moi, les films de la Shaw Bros, de la Golden Harvest, le bis parfois teinté de Z et peut-être même les films anti-Japonais de Jimmy Wang Yu – vous voyez, je ne suis pas rancunier.

Oli :        
Yasuko :

Le trailer :

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Quick Review in English:

+ Good casting
+ Even if the martial arts sequences are not as good as the HK ones, Kurata is convincing
+ The director took his work seriously, even if it’s « just » a karatexploitation
+ The first main role of Kurata in Japan
+ All the characters are interesting, Kurata is not alone!
+ Very bad guys, torture scenes, several bosses, bravery scenes…
+ Beautiful sets
+ Kurata is human in this movie: he can lose, he can run away when facing 10 enemies
+ Great redemption scene under the rain

– The fights are not as good as the ones you can see in good HK movies of the same time
– Don’t forget you’re watching a karatexploitation, not a blockbuster adventure movie

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Butoken moko gekisatsu!, Yamaguchi Kazuhiko (1976)

  1. elmansouri73 dit :

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