Rôgoku, Tsujioka Masato (2012)


RÔGOKU, aka Old Prison
老獄
Année : 2012
Genre : les vieux battent en retraite
Production : Tsujioka Masato Production / Amazing D.C.
Réalisation : Tsujioka Masato
Avec : Aja Kong, Fujioka Hideki, Oshinari Shugo, Karyû Nina, Masuda Toshiki, Yokokawa Kôji, Satô Gajirô, Kawakami Aiko, Miyamoto Akiyuki, Yamaguchi Tomokazu, Tsujioka Masato


Un jeune qui ne cesse de se faire marcher dessus peine à trouver sa place dans la société. Il a beau se remémorer les conseils de son père, à savoir devenir aussi fort et résistant qu’un cactus, Umino a toujours toutes les peines du monde à se faire respecter. Après avoir vagabondé de petits boulots en petits boulots, il va devenir employé dans un hôpital bien étrange, dédié aux personnes âgées, et mené d’une main de fer par des gens patibulaires. Heureusement l’imposante Chizuru, infirmière en chef, apporte quotidiennement un peu d’humanité à ce triste lieu.

J’ai pas mal d’affection pour Tsujioka Masato, aka le kamikaze de l’impossible (un pléonasme ?). Kamikaze parce qu’il tente le tout pour le tout. Vivre du cinéma : un rêve en flou, ou un objectif en dur ? Je penche pour la première solution…donc attention au réveil qui risque d’être douloureux. Je m’explique :

L’intéressé est acteur, sa filmo est blindée de films de Tsukamoto Shinya. Hélas il s’agit à chaque fois de figuration…
Tsujioka Masato est aussi réalisateur. Hélas, il a beaucoup de mal à transformer des débuts presque réussis (pour éviter de dire partiellement ratés ?) – voir DRASTIC.

Cette fois-ci, il semble avoir eu un peu plus d’aise que d’habitude. En effet, Reiz (qui a par exemple déjà produit Tsujimoto Takanori) a participé à la distribution de OLD PRISON et de son film suivant intitulé JUDGMENT. Du coup, et même s’il faut garder à l’esprit que tout cela relève encore d’un certain V-Cinema, ça nous oblige à être un peu plus sévère. A dire des choses qui font mal.

Tout n’est pourtant pas à jeter, dans OLD PRISON. Le casting, tout d’abord, est excessivement malin. La présence d’Aja Kong, ancienne et célèbre catcheuse qui ne sait pas jouer la comédie, va sans doute permettre au film de trouver preneur auprès de certains spectateurs téméraires. Aja Kong, laide et garçon manqué au crâne quasiment rasé, écope ici d’une perruque qui transforme littéralement son visage. Bien sûr Aja demeure particulièrement repoussante, mais avec ces cheveux, un uniforme d’infirmière et ce personnage au cœur débordant de compassion, Aja la monstrueuse catcheuse devient enfin une femme. Nul doute que cela va attiser la curiosité de plus d’un Japonais à la recherche d’un film bizarre pour meubler un samedi soir pluvieux.

A côté de cela, une ou deux scènes m’ont vraiment plu. L’entretien d’embauche est hilarant : au début on pense qu’il s’agit d’AV scato, mais en fait les questions scabreuses posées au candidat concernent un poste à pourvoir dans un hôpital pour personnes âgées ! Le dénouement amoureux du récit est également sympathique. Hélas, entre ces deux instants bien pensés, c’est le néant durant 60 minutes. Outre une réalisation quelconque et un montage peu inspiré, qui sentent le mauvais V-Cinema à plein nez, le film chavire rapidement sur un océan d’idées maladroites et/ou présomptueuses. La ringardise de OLD PRISON est-elle volontaire ? S’agit-il de second degré ? Le doute est clairement permis, et le spectateur se retrouve bel et bien embarrassé devant un tel mélange des genres sans ni queue ni tête. Les infirmières en mini-jupe, les employés punks, le docteur qui empoisonne un patient, le jeune et naïf stagiaire qui tente de s’en sortir, l’allégorie sur la force du cactus et Aja Kong au beau milieu. OLD PRISON saute ainsi constamment du coq à l’âne sans jamais rien approfondir.

En parlant d’âne…c’est pour qui le bonnet ?

Oli :        
Yasuko :

Bande-annonce :

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Quick Review in English:

+ Strange to see Aja Kong with a wig and a nurse outfit
+ A funny interview at the begining, and an interesting idea to end the (love?) story
+ Strange ideas…

– But everything is upside down and almost meaningless
– A more simple story may have been a better idea than…that
– Sometimes we’re not sure: are some scenes ridiculous on purpose?

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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