Remains: utsukushiki yuushatachi, Sonny Chiba (1990)


REMAINS: UTSUKUSHIKI YUUSHATACHI, aka Yellow Fangs
リメインズ 美しき勇者たち
Année : 1990
Genre : Sonny Chiba met la main à la patte
Production : Shôchiku / Chiba Sonny Enterprises /JTB
Réalisation : Sonny Chiba
Avec : Sanada Hiroyuki, Muramatsu Mika, Kurosaki Akira, Maya Takeshi, Kurihara Bin, Natsuyagi Isao, Minamida Yôko, Morita Miki, Nami Etsuko, Takabe Tomoko, Tanaka Hiroshi, Suzuki Yasushi, Kanie Keizô, Nagato Hiroyuki, Sugawara Bunta


Japon, début du XXe siècle siècle. Dans une montagne reculée de l’archipel, les villageois vivent à la dure mais en se serrant constamment les coudes. Un drame viendra néanmoins secouer le quotidien de l’une des communautés de montagnards : un ours gigantesque, étrangement sorti de son hibernation, va faire un carnage dans une maison.

J’ignore dans quel état Sonny Chiba est sorti de son premier film en tant que réalisateur, mais il ne devait pas être dans une forme optimale puisqu’il lui fallut 17 ans pour repasser derrière une caméra ! Il faut dire que le tournage n’a pas dû être de tout repos puisque Sonny Chiba nous livre ici une fresque monumentale prenant place au milieu de décors naturels époustouflants et dans des conditions climatiques que l’on devine très difficiles. Curieusement, ce côté « blockbuster du grand froid » attaché aux moindres détails historiques se double d’une touche de kitch et de bis qui tache, ce qui pourrait choquer les non-initiés. Fukasaku Kinji a-t-il eu finalement raison de décliner le siège de réalisateur offert par Sonny Chiba ? Le célèbre cinéaste jugea en effet que le moment était venu, pour Sonny, de se jeter dans la fosse aux lions…ou plutôt aux ours, pour la circonstance.

L’intrigue de REMAINS s’inspire d’une histoire vraie, survenue en décembre 1915 : il s’agirait de l’attaque d’ours la plus meurtrière de l’histoire du Japon. L’horreur dura près d’une semaine et fit sept morts (huit en comptant l’énorme ours brun, victime indirecte de la déforestation). Le film de Sonny Chiba y ajoute un élément presque fantastique puisque son ours ne s’attaque qu’aux femmes (dans l’histoire vraie et originale l’ours a bien emporté une femme avec lui mais c’était sans doute pour en stocker la viande). Tout cela poussera d’ailleurs un village entier à évacuer toute sa gente féminine, dans une belle scène bien surréaliste comme il faut. Et c’est tout le long-métrage qui est ainsi fait, alternant entre le drame, l’histoire d’amour compliquée et la chasse à l’ours à la fois mystique, réaliste mais aussi parfois complètement from outer space ! Il faut le voir pour le croire : Sonny Chiba parvient quand même à enchainer une scène ahurissante et magistrale (un plan large énormissime sur un pan de montagne entier avec des chasseurs aux quatre coins et l’ours au milieu) après nous avoir offert quelques scènes aux doux relents d’exploitation : costume d’ours en peluche grotesque, tête humaine éclatée dans un bain de sang ou encore tenue dénudée imposée plus ou moins gratuitement à l’héroïne dans la scène finale – qui verra d’ailleurs notre copain l’ours grimper subrepticement sur le toit d’une maisonnette !

Un tel mélange des genres a dû faire grincer bien des crocs des dents, en 1990. Pour ma part j’ai trouvé ça à la fois osé, maladroit, génial, présomptueux, passionnant et ringard : oui j’ai adoré, car là où les films parfaits sont parfois ennuyeux, j’ai trouvé tous les petits défauts de REMAINS particulièrement attachants. Sonny Chiba n’a ainsi aucun scrupule à passer d’un véritable ours brun, magnifique, à un cascadeur engoncé dans un affreux déguisement mis en scène sur une musique improbable très typée eighties/nineties : c’est ça la kamikaze rock’n’roll attitude, on tente le tout pour le tout sans se soucier du bon goût. N’hésitez donc pas à prendre place à la table de Sonny Chiba, et j’espère que vous avez faim…car se lancer dans le visionnage de REMAINS revient à peu de choses près à commencer sa soirée au bar du Hilton pour la finir dans un kebab de banlieue. La sauce ? Ketchup bien entendu.

Oli :        
Yasuko :

Trailer :

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Quick Review in English:

+ The first film of Sonny Chiba as a director
+ From a true story of 1915
+ A gorgeous adventure movie, with fabulous natural sets and some really great scenes
+ Real animals: a huge bear and a heroic dog
+ This movie is a mix of realistic stuff and stupid ones! I like that!
+ Perfect movies are boring: REMAINS is so far from being perfect…thus it’s great

– The fake bear is terrible, so cheap! But if you’re like me you may love that thing!
– Several genres mixed all together: exploitation film meets the realistic blockbuster…
– …for some spectators it may be too much to handle (but not for me!)

A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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