Kazoku game, Morita Yoshimitsu (1983)


kazoku game 1983 japan matsudaKAZOKU GAME, aka Jeu de famille, aka The Family Game
家族ゲーム
Année : 1983
Genre : des maux pour le dire
Production : Art Theatre Guild / Nikkatsu / New Century
Réalisation : Morita Yoshimitsu
Avec : Matsuda Yûsaku, Itami Jûzô, Yuki Saori, Miyakawa Ichirôta, Tsujita Junichi, Aki Yôko, Doi Kôichirô, Ito Katsunobu, Kaneko Shûsuke, Katô Yoshihiro, Kobayashi Asako, Matsukane Yoneko, Matsuno Mayumi, Nakamori Izumi


Les Numata mènent une vie à peu près normale dans leur appartement un brin étroit. Un père absent et bosseur, une mère femme au foyer dévouée qui s’ennuie, et deux enfants : Shinichi le grand frère, et Shigeyuki le plus jeune qui est aussi un élève irrécupérable, ayant déjà usé plusieurs professeurs privés qui ont rapidement baissé les bras. Les choses vont-elles changer avec l’arrivée d’un nouveau prof à domicile, Yoshimoto, aux drôles de manières et à l’étrange dégaine ?

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KAZOKU GAME est un long métrage produit par la célèbre Art Theatre Guild, qui a fait le bonheur des cinéphiles et des cinéastes dans les années 70 et 80, avec des projets originaux et risqués, le genre d’ovnis filmés devenus hélas beaucoup trop rares aujourd’hui, au Japon.
Le film de Morita Yoshimitsu ressemble, au premier abord, à une simple comédie familiale. Ce qu’il n’est absolument pas, au final. Certes KAZOKU GAME fait rire, mais cette pointe de comédie provient surtout de la manière surréaliste dont un sujet sérieux (et chiant à la base) est traité.

Un père absent (il faut bosser dur pour payer l’université à ses gosses), un mariage trop long (provoqué par un dekichatta kekkon / mariage de raison à la suite d’une grossesse inattendue), une femme au foyer souriante mais dont la vie est morne, un système éducatif étrange, un garçon qui n’a pas le goût des études : dans KAZOKU GAME on s’attaque donc à de vrais problèmes de société, mais sous un angle halluciné et hallucinant, saupoudré d’une vraie-fausse légèreté aux durs relents d’acidité, avec par-dessus le marché une foultitude de détails jamais laissés au hasard. La télé placée au centre du salon de la petite amie de Shinichi, la table disposée de manière incohérente chez les Numata (on croirait alors voir une scène dans un théâtre : les familles japonaises jouent-elles donc la comédie des années durant ?), l’ascenseur pour se déplacer du salon jusqu’à la chambre de la jeune fille (quelle distance entre les générations !), et puis bien évidemment le prof à domicile, incarné par un extraordinaire Matsuda Yûsaku. Est-il le ver dans le fruit, ou une loupe grossissante qui va mettre à jour des maux qui n’en étaient pas jusqu’à présent – car les maux en question sont hélas considérés comme une normalité, un passage obligé ?

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Drôle, grinçant, dérangeant, KAZOKU GAME fait la part belle à ses comédiens, Matsuda Yûsaku en tête, et Itami Jûzô lui aussi formidable dans la peau d’un père de famille à la normalité accablante. Cette normalité qui doit correspondre à certaines règles bien établies, communes à tant de familles japonaises, est ici présentée de telle manière qu’elle en devient grotesque : KAZOKU GAME est par conséquent un film irrésistible. Les dialogues surprennent presque à chaque fois, les scènes s’enchainent avec maestria et intelligence en déstabilisant très souvent le spectateur, jusqu’à ce final improbable et désormais culte – que je passerai sous silence pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte.

Un film unique et surréaliste, déguisé en grosse farce foutraque mais qui est en réalité construit avec une précision quasi chirurgicale. Tout comme moi, révisez donc vos copies classiques des années 80…avant l’interro surprise qui ne saurait plus tarder car KAZOKU GAME va être adapté à la télévision en avril 2013. Un juste retour des choses, puisque le film de 1983 avait été précédé, à l’origine, par un special drama avec l’inénarrable Kaga Takeshi dans le rôle titre. Sauf qu’en 2013, nous aurons droit à une idole masculine du groupe Arashi en lieu et place de Matsuda Yûsaku. Un cancre de la comédie pour incarner un prof, j’en connais qui ont redoublé pour moins que ça…

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2 drapeau2 0japondrapeau1

Une bande annonce sous-titrée en anglais :

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Quick Review in English:

+ It looks like a comedy for the family, but it’s deeper than this
+ A movie full of surrealism and grotesque normality
+ The dialogues are almost always unexpected
+ Great actors, fabulous scenes, incredible ending!
+ Superb satire of the Japanese families and Japanese society
+ Funny and surprising

– Art Theater Guild’s movies: I wish they still make movies now

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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2 commentaires pour Kazoku game, Morita Yoshimitsu (1983)

  1. Voila le genre de film que j’aimerai voir chroniqué sur Hkmania ! C’est tout aussi bien qu’il se trouve ici. Je fais flotter les mêmes drapeaux que Yasuko. J’ai adoré « Jeu de Famille » pour son aspect percutant, servi par un casting qui répond présent. J’ai bien accroché à la théâtralité de la mise en scène. Les repas de famille sont savoureux et ce final… on laisse la surprise. Sans ça, il est bien écrit, et rien que le personnage interprété par Matsuda Yûsaku vaut le coup d’œil. Y a pas à dire, l’ATG était tout de même un sacré vivier d’audace.

    • Oli dit :

      Merci pour ton avis. J’aurais effectivement pu publier l’article sur Hkmania mais il se serait perdu dans une jungle de films HK, comme la plupart des films japonais sur Hkmania en général. Sur échec et (ciné)mat, il y a beaucoup moins de visites, mais au moins les gens qui passent dans le coin savent ce qu’ils vont y trouver. J’ai quelques autres ATG dans l’escarcelle – et quelques daubes avec des idoles aussi, on ne se refait pas !

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