Yajû shisubeshi, Murakawa Tôru (1980)


yaju shisubeshi 1980YAJÛ SHISUBESHI, aka The Beast to Die
野獣死すべし
Année : 1980
Genre : les morts dans l’âme
Production : Toei / Kadokawa
Réalisation : Murakawa Tôru
Avec : Matsuda Yûsaku, Kobayashi Asami, Kaga Takeshi, Aoki Yoshirô, Atô Kai, Esumi Eimei, Inoue Hirokazu, Iwaki Kôichi, Izumiya Shigeru, Kadoguchi Toby, Kadokawa Haruki, Kato Daiki, Kazama Morio, Kusanagi Kôjirô, Maeno Yôko, Murota Hideo, Negishi Toshie, Okamoto Rei, Satô Kei, Sekikawa Shinji, Shimizu Hiroshi, Yamanishi Michihiro, Yasuoka Rikiya, Yoshioka Hitomi


Date Kunihiko, un solitaire passionné de musique classique, semble mener une vie des plus mornes. Régulièrement, il lui arrive pourtant de faire couler le sang. Gangs de yakuzas, forces de police ou bien simples passants, ses cibles sont multiples et ne semblent correspondre à aucune forme de logique.

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Durant son époque hardboiled, Matsuda Yûsaku savait tuer et mourir comme personne – parfois de manière théâtrale, mais ça ajoutait un charme désuet à des films qui faisaient mal. Triste hasard du destin, Matsuda Yûsaku mit indirectement sa véritable mort en scène, dans BLACK RAIN – il se savait déjà terriblement malade durant le tournage. La mort de son personnage de yakuza, au terme d’une poursuite finale haletante, coïncida en effet presque avec son décès, survenu peu de temps après. Une disparition qui laissa tout un pan du septième art orphelin…

On retrouve, dans YAJÛ SHISUBESHI (roman déjà porté à l’écran en 1974), ce petit côté théâtral dans la mise en scène de la douleur humaine. On pourra aimer ou pas le procédé, qui confère ici au film en question une dimension artificielle. Presque surnaturelle ?

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Porté par des personnages extrêmement ambigus, YAJÛ SHISUBESHI est une œuvre froide, crue et violente. On en prend plein la tête du début jusqu’à la fin, puisque Date Kunihiko, le personnage incarné par Matsuda, ira à chaque fois un peu plus loin dans l’horreur. C’est là que se situe le principal intérêt du récit : qui est Kunihiko ? Pourquoi semble-t-il si détaché de la vie ? Quelles sont ses motivations ? Est-il ici question de vengeance, de folie ou bien de plaisir malsain ? La réponse (un tout petit peu décevante à mon sens) viendra en temps voulu, dans un climax final un brin surjoué certes, mais marquant.

Et quand bien même…peu importe que la fin ne soit pas au niveau du reste, tant le film de Murakawa Tôru est rempli de scènes fabuleuses. Le règlement de comptes presque amateur en ouverture, la première rencontre entre Kunihiko et Sanada, le hold-up sanglant, Kunihiko qui repousse les avances d’une jeune femme (par dégoût ou pour la protéger de ses excès?) ou encore – et surtout – cette séance de roulette russe à sens unique improvisée dans un train, avec un Matsuda Yûsaku au sommet de son art.

Un film inoubliable, malgré ses défauts, et un autre grand personnage de tueur mélomane à ranger aux côtés d’Alex DeLarge ou de Stansfield. Ne dit-on pas que la musique adoucit les morts ?

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2 drapeau2

Trailer annonçant le calme avant la les tempêtes :

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Quick Review in English:

+ The main character is so weird. What are his purposes?
+ Why is he so cold, is he dead inside?
+ Matsuda gives all his charisma to the character of Date Kunihiko
+ The movie is going deeper and deeper in the violence
+ So many great scenes (the « russian roulette », the hold-up…)

– I’ve been disappointed by the mystery about Date Kunihiko
– The final climax is a little exaggerated

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Ci-dessus : vous reprendrez bien un petit jus de fruits défendu ?

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Yajû shisubeshi, Murakawa Tôru (1980)

  1. Guillaume dit :

    Un taxi driver sauce nippone, qui marque à jamais une vie de cinéphile. Hormis la performance hallucinante (et hallucinée) de Matsuda, Murakawa livre une péloche assez irréprochable sur le plan formel. C’est pop et malsain à la fois. Le cadrage est précis et fait sens. Le montage nerveux et implacable. J’ai été scotché par les déferlantes durant lesquelles Date est transformé en une sorte de dieu vengeur et violent. Une imagerie fugace, magnifiée par la photo, le cadrage, la profondeur de champ et l’impact sonore. Un truc à l’image du film : précis.

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