Kotonoha no niwa, Shinkai Makoto (2013)


kotonoha no niwa JP POSTERKOTONOHA NO NIWA, aka The Garden of Words
言の葉の庭
Année : 2013
Genre : le pied ?
Production : CoMix Wave Inc.
Réalisation : Shinkai Makoto
Avec les voix de : Irino Miyu, Hanazawa Kana, Hirano Fumi, Maeda Gou, Terasaki Yuka, Inoue Suguru, Han Megumi, Komatsu Mikako


A Tokyo, Takao est un lycéen un peu rêveur qui fabrique des chaussures dans sa chambre dans l’espoir, un jour, de devenir professionnel. Les jours de pluie, il sèche l’école pour se rendre dans le parc Shinjuku Gyoen. Le bruit de l’eau, le vent dans les feuilles…le calme là où d’autres voient la tempête.
Un matin pluvieux du mois de juin, une étrangère viendra déranger sa routine : une femme, plus âgée que lui, assise sous le petit pavillon qui abrite généralement le jeune garçon. Ils n’échangeront d’abord pas un mot. Avant de se retrouver, au rythme irrégulier des jours de pluie, pour petit à petit nouer une relation peu commune.
Après la pluie, le beau temps ? Pas si sûr, dans le cœur de tous les gens.

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Avec KOTONOHA NO NIWA, Shinkai Makoto revient à l’apparente simplicité des relations humaines, des secrets inavouables. Des amours impossibles. Avec une finesse qui subjugue, le réalisateur japonais tisse sa toile mélancolique à grands renforts de détails inutiles en apparence. En apparence uniquement, tant ces petits riens font tout. Le crissement d’une craie sur un tableau noir, le flirt d’un crayon sur sa feuille de papier, les gouttes d’eau, un train qui passe, des légumes sur une table de travail, un train qui repasse… Ces détails sont l’oxygène du film. Ils le dessinent, le mettent en valeur, le font respirer. Le subliment. Et KOTONOHA NO NIWA en devient paradoxalement plus vivant que n’importe quel film en prises de vue réelles qui aurait oublié en chemin l’importance du cadre pour un tableau, de la scène pour une pièce de théâtre, de l’échange pour le spectateur. Sans immersion, sans l’impression de marcher aux côtés des personnages un jour de pluie (ici dans le magnifique Shinjuku Gyoen), un spectacle cinématographique n’est sans doute rien de plus qu’un simple divertissement. Ce qui est déjà une bonne chose, bien évidemment. Mais il me semble que les œuvres de Shinkai Makoto visent plus haut. Ou plutôt plus en profondeur.
Et retenez votre souffle, car c’est en plein cœur.

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Les mauvaises langues diront que Shinkai Makoto ne fait ici, au mieux, que singer ses précédents travaux. On a ainsi la désagréable délicieuse impression de retrouver quelques plans plus ou moins déjà vus dans le passé. Pour ma part, je dirais plutôt que le style de l’intéressé s’affine, et que lorsqu’il réutilise des procédés dont il est familier, c’est avant tout pour frapper juste (les pensées de deux personnages qui se succèdent pour finalement se retrouver : concept divin et émouvant, déjà vu et déjà aimé dans SHE AND HER CAT, en 1999).

Sur le fond, je préfère ne pas trop en dire. Sachez simplement que les modestes périples des deux personnages principaux se suivent sans qu’un seul instant vous n’ayez envie de perdre leurs traces, même au terme d’un générique de fin que vous auriez aimé ne jamais voir se terminer. Un adolescent, une femme plus âgée, quelque destin brisé, des silences qui en disent longs et des mots qui bouleversent. Oui les 46 petites minutes de KOTONOHA NO NIWA se dégustent comme un plaisir interdit : à la fois doux et amer. On l’aime, puis on regrette de l’avoir aimé. Car il finit par nous manquer.

Au Japon, Shinkai Makoto est définitivement le géant humble de l’animation. Un discret colosse aux pieds agiles.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2 0japondrapeau1
Yasuko : drapeau2 drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Once again, Shinkai Makoto has directed a movie full of pure poetry
+ Looks simple at first, but the relationships between the characters are well written
+ One or two of the best ideas already seen in Shinkai previous movies
+ The details (sounds, rain, colors) are as important as the 2 main characters
+ Those details make the film alive
+ Technically, the work that has been done on the colors, the water is amazing
+ You may have never seen the Sinjuku Gyoen Park on such rainy days: incredible

– I prefer 5 Centimeters Per Second, but Garden of Words is great anyway
– A few spectators may don’t like the ending and a few of them may find the film too short

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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Un commentaire pour Kotonoha no niwa, Shinkai Makoto (2013)

  1. kiseiju69 dit :

    Visuellement, c’est vraiment magnifique !!!

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