Short Peace, Ôtomo Katsuhiro, Morita Shûhei, Morimoto Kôji, Hiroaki Ando, Katoki Hajime (2013)


short peace japanese posterSHORT PEACE
ショート・ピース
Année : 2013
Genre : la paix désarme
Production : Sunrise / Shochiku
Réalisation : Morimoto Kôji, Morita Shûhei, Ôtomo Katsuhiro, Hiroaki Ando, Katoki Hajime
Avec les voix de : Haruna Fûka, Yamadera Kôichi, Yuki Midori, Kusao Takeshi, Namikawa Daisuke, Hayami Saori, Morita Masakazu, Ushiyama Shigeru, Ôtsuka Akio


OPENING : une partie de cache-cache emmènera une petite fille bien loin de ses bases…

TSUKUMO (九十九) : XVIIIème siècle. Un homme à tout faire, pris au piège de la montagne et de la pluie battante, trouve refuse dans un minuscule temple, visiblement abandonné depuis une éternité. Contre toute attente, il va alors basculer dans une autre réalité…et devoir faire face à une étrange petite grenouille…à l’ombrelle bien mal en point.

HI NO YÔJIN (Combustible / 火要鎮) : de nombreux parchemins content les tristes histoires des catastrophes qui frappèrent la ville d’Edo, pendant des siècles. L’un de ces documents illustre ainsi l’un des plus grands incendies du XVIIIème siècle, qui ravagea la ville et fit de nombreuses victimes. Ou quand le destin de tous est lié à la tragédie d’un amour impossible, entre une fille promise à un homme qu’elle n’a pas choisi, et un jeune garçon qui décide de tout abandonner pour devenir pompier…et par conséquent tatoué.

GAMBO (ガンボ) : à la fin du XVIème siècle, un drôle d’objet semble être tombé du ciel dans la région du Tohoku. Depuis, un monstre rouge à forme humanoïde persécute les villages environnants. Un ours blanc, autrefois craint par tous, se rangera aux côtés d’une petite fille qui lui avait demandé de l’aide.

BUKIYOSARABA (武器よさらば) : dans un futur proche, cinq soldats suréquipés voyagent à travers le désert qu’est devenu le monde. C’est dans les ruines d’une ville de Tokyo dévastée qu’ils vont livrer bataille avec un robot quasiment indestructible.

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Je suis entré dans la salle de cinéma diffusant SHORT PEACE sans trop savoir de quoi il s’agissait. Je connaissais bien les noms des réalisateurs de cet omnibus, Ôtomo en tête (ce qui m’a inévitablement poussé à franchir le pas), mais quid des histoires, du thème voire même du titre du film ? SHORT PEACE ? WTF ?! > What The Fil conducteur ?!

A la sortie de la salle obscure, je n’étais pas bien plus avancé. Même si on peut sans doute voir, dans SHORT PEACE, une certaine idée du fragile équilibre du Japon, illustré par le Mont Fuji (dont l’ombre plane sur l’omnibus tout entier). Symbole et presque berceau de l’archipel. Mais qui donne tout autant la vie…que la mort. Ou quand l’éternité contemple du haut de ses 3776 mètres le destin éphémère des hommes…

SHORT PEACE débute avec un OPENING, signé Morimoto Kôji (MAGNETIC ROSE, GENIUS PARTY BEYOND…), au sujet duquel il n’y a pas grand-chose à dire puisqu’il s’agit en tout et pour tout d’un très court trip visuel et sonore. Les choses sérieuses commencent donc avec TSUKUMO, de Morita Shûhei (FREEDOM PROJECT). Visuellement étonnant, avec un timbre « papier » difficilement descriptible avec de simples mots, TSUKUMO nous propose de suivre l’étrange aventure d’un bricoleur de l’impossible, perdu en pleine montagne sous un violent orage. Après avoir trouvé refuge dans un temple abandonné, il basculera bien vite dans un « autre monde ». Drôle et mignonne, cette histoire est sans doute la plus légère des quatre. On se croirait, parfois, dans un CUBE à la sauce tatami, fusuma et ofuda. Réjouissant.

Du lourd, à présent, avec le segment tant attendu écrit et réalisé par Ôtomo Katsuhiro. Le scénario mêle la petite histoire (amour impossible entre une jeune femme condamnée à subir un mariage arrangé et un jeune homme qui sacrifie tout pour devenir pompier) avec la grande (incendie gigantesque comme il y en a eu quelques uns dans l’histoire d’Edo – Tokyo). Ce qui frappe immédiatement, c’est l’originalité formelle de la chose : l’histoire nous est présentée à la manière d’un parchemin que l’on déroulerait petit à petit. Saisissant. La réalisation virtuose de Ôtomo, les personnages attachants malgré leur faible temps d’exposition à l’écran, la musique qui nous plonge dans l’action (l’incendie et les techniques des pompiers de l’époque)…en un mot : sublime, malgré une fin un brin abrupte.

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GAMBO parait plus simple au premier abord, puisqu’il semble conter le duel éternel entre le bien et le mal, entre la nature et le surnaturel – qui fleurirait parfois au pied du Mont Fuji ? Mis en scène par Hiroaki Ando, GAMBO propose un affrontement titanesque entre un ours blanc capable de communiquer avec les enfants, et un oni (démon) rouge, affreux et extrêmement puissant. Violent, voire choquant (ce que fait le oni avec les jeunes filles qu’il kidnappe est particulièrement glauque), ce segment est sans doute le plus noir de l’omnibus, mais pas le moins passionnant – le scénario est signé par Ishii Katsuhito (RED LINE, CHA NO AJI). On prend ainsi rapidement fait et cause pour l’énorme ours et le combat de titans qui clôture l’histoire se révèle aussi impressionnant que poignant. Une belle réussite, mettant en avant une 3DCG efficace mais qui ne plaira peut-être pas à tout le monde, et conclue par un plan final que n’aurait pas renié notre ami Fox Mulder…

BUKIYOSARABA. Dans cette histoire imaginée originellement par Ôtomo Katsuhiro, le réalisateur Katoki Hajime nous envoie dans un futur proche post-apocalyptique, avec les ruines de Tokyo en ligne de mire, et le Mont Fuji fumant en toile de fond. Le maitre mot de ce segment est l’action. Après une courte introduction pour poser les personnages et leur technologie futuriste très poussée (et très crédible, ce qui ajoute au sentiment d’immersion), BUKIYOSARABA nous plonge en effet en pleine bataille rangée entre cinq soldats du futur et quelques robots égarés et redoutables. C’est d’ailleurs cette impression de force, que dis-je : de toute puissance qui cloue littéralement le spectateur au sol. Les robots sont superbement bien mis en scène et paraissent à tel point capables de renverser des montagnes que le combat livré par les cinq soldats, absolument titanesque et qui plus est ponctué par de nombreux morceaux bravoures, se dévore d’une seule traite. Quel voyage !

Et au dessus des ruines et des cendres et de la stupidité des hommes, au final seul le mont fou, gît.

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Gifted filmmakers (Ôtomo, Morita Shûhei, Morimoto Kôji…)
+ All the stories are great (well, except OPENING which is just…an opening!)
+ The design of TSUKUMO is superb (looks like paper, even if it’s 3DCG)
+ Original storytelling by Ôtomo in COMBUSTIBLE
+ Great fire scenes in COMBUSTIBLE
+ GAMBO is very black…and violent. Fight of titans: oni VS giant white bear
+ The last story, the SF one, is non-stop action, very well done: amazing!

– Some might say the prefer old style anime, instead of 3DCG ones…
– One or two endings may come too quickly (COMBUSTIBLE, GAMBO)

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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