Platina Data, Ôtomo Keishi (2013)


platinum data japanPLATINA DATA, aka Platinum Data
プラチナデータ
Année : 2013
Genre : AD-haine
Production : Toho / Dentsu / Yahoo Japan
Réalisation : Ôtomo Keishi
Avec : Ninomiya Kazunari, Toyokawa Etsushi, Watanabe Anne, Suzuki Honami, Namase Katsuhisa, Mizuhara Kiko


Kagura Ryûhei, un jeune scientifique à la personnalité trouble, a mis au point un système révolutionnaire permettant de retrouver les criminels à l’aide de leur seul ADN. Avec une goutte de sang, voire un minuscule morceau de cheveu, il est donc maintenant possible de reconstituer la taille exacte d’un suspect…mais aussi son visage. Une tâche facilitée par l’ampleur du travail effectué ces dernières années : le code ADN de chaque citoyen est en effet stocké secrètement dans une base de données gigantesque.

Tout va-t-il pour le mieux dans le meilleur des mondes, cher à Aldous Huxley ? Sans doute pas, car bébés éprouvettes et fichage génétique ne font pas toujours bon ménage… Aussi, les premiers meurtres particulièrement sanglants ayant frappé quelques unes des équipes liées à ce projet ne sont presque pas surprenantes. Ce qui étonne, par contre, c’est que le meurtrier présumé, trahi par son ADN, semble être le professeur Kagura lui-même…

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Réalisateur sorti d’un peu nulle part, Ôtomo Keishi avait surpris tout son monde en 2012 avec un RURÔNI KENSHIN absolument flamboyant. L’industrie le regarde sans doute différemment, à présent, aussi il n’est guère surprenant qu’on lui ait confié les rênes d’un nouveau blockbuster – au sens japonais du terme – avec une méga (mais pâle) star du showbiz au Japon : Ninomiya Kazunari, idole masculine du groupe Arashi vénérée comme un dieu par des groupies enragées, et déjà vue récemment dans le décevant GANTZ. Clint Eastwood avait réussi à en tirer quelque chose, dans LETTERS FROM IWO JIMA…mais n’est pas Clint Eastwood qui veut, n’est-ce pas.

Le casting est donc à la fois particulièrement bankable pour le Japon mais paradoxalement assez pauvre en qualité. On a vraiment du mal à croire au personnage poupin du super scientifique qui se lance parfois dans des courses-poursuites que n’aurait pas reniées James Bond – indépendamment du fait que Ninomiya Kazunari ne soit pas un grand acteur. Idem pour son bras droit, qu’il n’utilise pas pour faire ce que vous pensez, même si on lui pardonnerait facilement de céder à la tentation puisqu’il s’agit de la scientifique incarnée par la très jolie mais jamais crédible Watanabe Anne. Heureusement le vétéran aux yeux de braise Toyokawa Etsushi tire tout ce petit monde vers le haut.

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L’histoire, de son côté, souffle le chaud et le froid mais n’ennuie pas trop – sauf sur la fin, longue et ratée. Si on a parfois du mal à y croire, les scènes s’enchainent suffisamment vite pour que l’on passe outre les différentes facilités du récit. L’imagerie du film renforce encore l’immersion high-tech, puisque Ôtomo a opté pour une atmosphère froide, aux couleurs savamment choisies, naviguant entre le vert pâle et le bleu métallisé. Les décors sont, également, le plus souvent magnifiques et bien mis en valeur (hôpital futuriste, usines grises crachant leurs fumées, immeubles aseptisés aux parois anguleuses), le réalisateur poussant même le vice du luxe à n’utiliser certains lieux superbes que pour quelques secondes d’exposition à l’écran (comme Shutoken Gaikaku Housuiro). Ajoutez à cela deux courses-poursuites nerveuses et plutôt bien fichues, et vous obtenez la confirmation du sérieux qui habite ce réalisateur japonais, que l’on attend désormais au tournant – et certainement pas pour une sortie de route, puisque deux suites à RÔRUNI KENSHIN sont en préparation à l’heure où j’écris ces lignes.

Malgré de vraies bonnes choses sur la forme (non je ne parle pas de Watanabe Anne, autrement j’aurais utilisé le pluriel), PLATINUM DATA ne constitue pas une réussite pour autant. Comme je l’ai déjà précisé, le film est trop long. De plus, à force de jouer la carte de la froideur technologique, le long métrage finit par ne dégager aucune émotion, et ça c’est le drame…car couplée à des prestations d’acteurs peu convaincantes, l’histoire de ce scientifique piégé par son propre système (ou data baise)  perd son spectateur en chemin. Oui, vous : le spectateur qui a déjà un peu la tête ailleurs quand survient le dénouement (loin d’être mémorable, d’ailleurs). Voilà, je vous ai dit toute la vérité, car j’étais mal à l’aise à l’idée de passer sous silence les défauts, peut-être rédhibitoires pour certains, de PLATINUM DATA. Ce doit être mon côté gêne éthique

Oli :         drapeau2
Yasuko : drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ Good director: the two big action scenes (the chases) are well shot
+ Great sets, good hitech atmosphere
+ Pretty interesting in the first part of the movie…

– The second part is less interesting, especially the end: aargh…
– The main actor is a famous idol from Arashi…he’s never credible
– Watabe Anne is beautiful but can you believe in her scientist character?
– No emotion at all

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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3 commentaires pour Platina Data, Ôtomo Keishi (2013)

  1. kiseiju69 dit :

    Étant donné que je n’arrive pas à poster de commentaires dans ton message vacances, je le fais ici.

    Je te souhaite donc de passer de très bonnes vacances !!! Profites en un maximum pour te ressourcer. En espérant que tu ne sois pas hanter par des fantômes aux longs cheveux noirs. :p
    J’ai failli l’importer car il s’agit de Sadako quand même !! De plus il y a Seto Koji, l’acteur qui a joué le rôle de Kamen Rider Kiva mais au vu de ta critique, je me suis abstenu. J’attends patiemment de le trouver à petit prix.

    Pour répondre à tes questions, je dirais :
    – Le cinéma 2D pour toujours !!
    – Sans gerbes de sang numérique. On veut du vrai !!! (enfin du faux réel !)
    – Avec idoles à fortes poitrines ! (allez soyons fou, comme Hitomi Tanaka !! :p) Et puis à petite poitrine, c’est mimi aussi ! Très difficile cette question quand même. ^^
    – Avec des chihuahuas qui mange des cup noodle car c’est trop bon les noodles et trop mimi les chihuahuas et parce que cette photo est excellente !!

    A bientôt !!!

    PS : Excuse moi, tu vas avoir un peu de lecture en rentrant !!

    • Oli dit :

      Ah ah ah ! Merci pour les réponses kiseiju ! En fait j’ai désactivé les com’ sur l’article annonçant mes vacances car ledit article était destiné à finir à la corbeille. Mais me voilà de retour, et plus en forme que jamais ! Et le chihuahua reviendra un jour sur ces pages, c’est promis !

      • kiseiju69 dit :

        En effet, c’était logique de bloquer les commentaires pour un article temporaire !! :p
        Yeah !!! J’ai hâte de revoir le chihuahua avec un bras arraché dans la bouche ! Mouahaha ! :p
        Sinon, j’espère que ces vacances t’ont fait du bien !!!!

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