Dead Sushi, Iguchi Noboru (2012)


DEAD SUSHIDEAD SUSHI
デッド寿司
Année : 2012
Genre : il est frais mon poison, il est frais !
Production : Office Walker
Réalisation : Iguchi Noboru
Avec : Takeda Rina, Shimazu Kentarô, Tsuda Kanji, Suga Takamasa, Nishina Takashi, Asami, Tezuka Toru, Matsuzaki Shigeru, Murata Yui, Marin., Ibaraki Nao, Ishikawa Yûya, Kishi Kentaro, Tanaka Demo, Murakami Hiroaki, Hachiya Hiyori, Obu Ayaka, Morinaga Maaya, Hashiuchi Aiko, Hoshino Miho, Yao Muneyori, Fukuda Yasuhiko, Bû Jiji


La jeune Keiko aime le karaté – et les sushis. Fille d’un grand maître sushi, elle tente tant bien que mal de marcher dans les pas de son père…hélas on ne fait pas des sushis comme on distribue les baffes et les coups de pied au karaté. D’ailleurs, si aujourd’hui les femmes peuvent aussi devenir des maîtres sushi, des doutes subsistent sur leurs capacités à égaler les hommes. Ne dit-on pas que les mains des femmes, plus chaudes que celles des hommes, seraient néfastes à la bonne chair du poisson cru ? C’est ce que pense parfois le père de Keiko… Keiko qui finira par fuir le domicile familial pour travailler dans un ryokan, s’engueuler avec les clients, manquer de se faire tuer par le maître sushi local, se battre contre des sushis tueurs enfantés par un savant fou et se lier d’amitié avec un sushi tamago. Oui, tout va définitivement très vite dans la vie d’actrice de films bidons dirigés par Iguchi Noboru !

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Avec DEAD SUSHI, Iguchi Noboru pousse à son paroxysme un adage qu’il s’est approprié ces dernières années à grands renforts de maladresse, de paresse et de je-m’en-foutisme (et pour être gentils on va aussi ajouter la modestie). Cet adage, désormais bien démocratisé dans le marché du DTV au Japon, est à peu de choses près le suivant : il n’est pas nécessaire d’avoir du talent pour la mise en scène ni même de scénario pour faire un film. Que ce long métrage soit destiné à rapidement finir sa carrière au cimetière des Bit Torrents abandonnés, sur une sombre étagère de vidéoclub couverte de poussière ou sur le grand écran d’un festival occidental convaincu que le style foutraque et les faux raccords sont aussi un art, au Japon.

Et bien évidemment, ce n’est pas avec DEAD SUSHI que Iguchi Noboru nous fera mentir, puisque nous avons ici droit à un scénario affligeant (je n’ai rien contre les sushis tueurs mais un minimum de cohérence aurait été bienvenue) et à une réalisation bancale – la pauvre Takeda Rina est sous-exploitée, le pire étant je crois ce coup de pied sauté lors du combat final. Takeda Rina est parfaitement capable de le réaliser mais Iguchi a filmé le plan arrêté : on devine que Takeda Rina est en réalité assise sur le sol devant un fond vert… Vert de honte ?

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Maintenant pour être parfaitement honnête (comme Iguchi, ça on ne peut pas lui reprocher), je vous avouerai que j’ai quand même rigolé à plusieurs reprises, durant le visionnage de DEAD SUSHI. L’échange « érotique » de jaune d’œuf est absolument hilarant (parodie de la scène d’intro de TAMPOPO ?), le moment topless sorti de nulle part et volontairement gratuit m’a également bien amusé, la nana qui se trémousse quand elle se fait dévorer la langue est rigolote, et puis retrouver toutes les tronches des fidèles acteurs de Iguchi Noboru une nouvelle fois réunies pour le meilleur et pour l’empire de la série Z, ça fait toujours plaisir. Oui, on s’y attache finalement à ces petites bêtes là : Tsuda Kanji qui cabotine à froid, l’inénarrable Shimazu Kentarô, Ishikawa Yûya en grand pervers de l’impossible  ou encore le pauvre Tanaka Demo qui se tape une nouvelle fois la scène la plus crade du film – un running gag depuis le douteux ZOMBIE ASS ? Ajoutez à cela quelques moments plutôt mimi avec Takeda Rina (notamment la scène où elle défend les règles – réelles – de dégustation des sushis), ou encore quelques maquillages fantastiques (le visage troué aux ramen !) et vous obtenez une comédie lourde et vulgaire, mais capable de vous arracher quelques sourires quand même.  Dommage malgré tout que ces quelques bonnes idées croulent sous les mauvaises : film trop long, ajout maladroit de zombies (les sushis tueurs, ça ne suffisait pas ?), effets numériques affreux, combat final hideux et pas drôle…la liste est longue, mais comme le casier de Iguchi est déjà bien chargé, je crois que l’on va s’arrêter là.

Avec ses poissons pas très frais, le DEAD SUSHI de Noboru est, disons-le sans détours, plutôt nul et clairement moins intéressant que les derniers films du bonhomme. Mais il peut toutefois s’avérer amusant si vous le regardez en ayant le cerveau orienté dans la bonne direction (non, non, pas dans celle du néant !).

Oli :         drapeau2
Yasuko : drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ So stupid…so don’t take that movie seriously
+ Some scenes are good, I laughed several times
+ All the actors of the Iguchi’s team: I kind of like them
+ Once again Tanaka Demo has the dirtiest scene (a running gag?!)
+ The topless scene coming from nowhereO_o
+ A very funny parody of the opening scene of TAMPOPO
+ Some great makeup

– Awful CGI
– Too long…the part with the zombies and the final fight…was it really necessary?
– Not the best director ever…
– Not the best storyline ever…dead and lethal sushis are ok for me I guess…
– …but all the last part of the movie is just…terrible…who wrote this?!
– Often boring…

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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6 commentaires pour Dead Sushi, Iguchi Noboru (2012)

  1. Je vois que l’on est plutôt du même avis. Surtout qu’ici Iguchi reprend pas mal de gags déjà utilisés dans ses précédents métrages, notamment ZOMBIE ASS, et du coup, la sauce a beaucoup moins prit pour moi. À voir une fois pour rigoler un coup, mais c’est tout.

  2. kiseiju69 dit :

    Argh le jugement est tombé tel un ongle coupé délicatement à la tronçonneuse (bon c’est nul j’avoue !! :p)
    Je m’attendais à un peu plus d’enthousiasme de ta part car le film a l’air délirant (peut-être trop alors !)
    Au moins grâce à ta critique, je vais revoir à la baisse mes attentes lorsqu’il sortira en France au mois de janvier !!
    Merci Oli !

    • Oli dit :

      L’ongle coupé à la tronçonneuse, si tu le permets je le note quelque part et je le réutiliserai un jour !
      Sinon oui, DEAD SUSHI ça passe à la rigueur pour une location, mais à l’achat, il vaut mieux y réfléchir à deux fois.

      • kiseiju69 dit :

        Avec plaisir ! Il n’y a aucun droit sur mon expression ! Quoique … un centaine d’euros et je serais indulgent ou un rencard avec une japonaise ! mouahahaha ! :p
        Voilà exactement pour Dead Sushi mais, me connaissant, je pense quand même craquer pour son achat !

  3. Dorcelo dit :

    J’ai envie de dire 100 commentaires…
    Iguchi n’est pas un réalisateur de film, c’est un fou, un déjanté, un incapable !
    Genre de mec qu’on pousserai volontairement sur les rails d’un RER en heure de pointe !
    Il doit satisfaire une poignée d’amateurs de film « Z » arbi qui tentent en vain de trouver quelque chose, une image, un thème, une idée, une vision a discuter-palabrer…
    Mais c’est avant tout un film très largement critiquable et c’est peut-être ce qu’il cherche outre-atlantique à solliciter ?!
    Noboru imagine ici une attaque de sushis carnivores dans un hôtel peuplé de personnages tous plus débiles les uns que les autres et sous un défilé de gags idiots avec une mise en scène comme les plus mauvais des films pornos.
    Des effets numériques « Colaro-Show », phase de kung-fu navrant, gore potache, recettes de sushi « crachant et dénaturant son pays » et acteurs en roue libre crevée…
    « Dead Sushi » dévoile son festival du n’importe quoi avec une vigueur qui force même pas le respect.
    Certes, le film est un peu long, et répétitif et navrant, que dis-je désolant mais difficile de rester de marbre devant ses 20 minutes totalement «n’importenawak », Poua ! Poua ! Crade crad beurk : Le sushi à l’omelette cracheur d’acide !
    C’est une honte, ce film, l’auteur, les comédiens, l’image, le cadrage au cinéma Japonnais !

    • Oli dit :

      La seule chose qui m’embête avec Iguchi et ses sbires (encore que « embêter » est un bien grand mot, en fait je m’en fiche), c’est qu’une grande partie du public occidental pense que ses travaux sont représentatifs des séries B (voire Z) au Japon. Alors qu’en réalité ce n’est pas du tout le cas. D’ailleurs les produits de Iguchi visent principalement l’export… Après moi je n’ai rien de particulier contre lui…il n’est pas bon, il le sait, il ne pète pas plus haut que son QI. Je préfère encore ça à tous ces réalisateurs japonais vendus au système du petit écran et qui font des films pieds et poings liés, agenouillés la bouche ouverte devant le sacro-saint autel télévisuel dorénavant presque entièrement aseptisé, en attendant que l’on daigne bien leur donner la becquée.

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