Abductee, Yamaguchi Yûdai (2013)


abductee yamaguchi yudaiABDUCTEE
アブダクティ
Année : 2013
Genre : Yûdai en fait des caisses
Production : T.O. Entertainment
Réalisation : Yamaguchi Yûdai
Avec : Nukumizu Yôichi, Maari, Bû Jiji, Harita Miho, Inutsuka Masao, Masaki Sawa, Nagashima Sumire, Nishina Takashi, Shimizu Satoshi, Tanaka Keiji, Tsubaki Kaori


Chiba Atsushi, la cinquantaine, se réveille attaché dans un conteneur, un sac en plastique plaqué sur le visage. Manquant de s’étouffer, il parvient néanmoins à s’extirper de ses premières chaînes non sans souffrir. Le conteneur va alors se mettre à bouger. Est-il embarqué sur un camion ? Pourquoi entend-il des mouettes à présent ? Pourrait-il s’agit d’un bateau ?!
Petit à petit, Chiba, un ancien mangaka désormais criblé de dettes, va refaire le film de sa vie, et se remémorer non sans remords l’époque où il vivait encore avec sa femme et sa fille. Il va aussi faire connaissance avec des voix…celles des individus qui sont, selon toute vraisemblance, enfermés tout comme lui dans des conteneurs proches du sien.
Chiba va aussi remarquer une bien étrange pierre, posée nonchalamment dans un coin bien sombre. Une pierre qui ne ressemble à rien de connu… A-t-elle un rôle à jouer dans cette histoire incongrue ?

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ABDUCTEE commence comme BURIED et lui ressemble d’ailleurs pendant un long moment. Heureusement, après un certain temps l’intrigue prend une direction très originale pour aboutir sur un final discutable, certes, mais qui a le mérite d’exister et de lever pas mal d’interrogations – certains vont détester, c’est sûr…mais aurait-il mieux valu abandonner le spectateur dans le flou, plutôt que d’opter pour une fin bizarre ? Honnêtement je n’ai pas la réponse. J’ai moi-même trouvé la conclusion d’ABDUCTEE un brin too much et un peu venue de nulle part. Mais le récidiviste Yamaguchi Yûdai ne pouvait décemment pas se contenter de faire comme tout le monde. Oui, pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Je ne vais pas m’attarder plus longtemps sur la fin du film – un peu ballot de ma part de débuter une chronique sur, justement, le détail qu’il ne faut pas dévoiler. Aussi et avant que je ne commette l’irréparable (du genre « Janet Leigh est rapidement assassinée sous la douche », « Tyler Durden n’existe pas » ou « le Prince charmant ne met pas la langue pour réveiller Blanche-Neige à la fin »), et bien je vais passer à autre chose. Le concept : ABDUCTEE tourne autour d’un seul et (presque ?) unique concept : une unité de lieu (exigu) qui n’empêche pourtant pas le moins du monde une déferlante d’évènements en tout genre – à la manière de ce qui se passe dans CUBE, BURIED ou encore au Sénat – ah non, là on me fait signe qu’il s’y passe beaucoup moins de choses. Dans ABDUCTEE, nous avons donc droit à un pauvre hère d’une cinquantaine d’années, endetté jusqu’au cou que de sinistres yakuza aimeraient bien tordre, et qui se retrouve attaché dans un grand conteneur, un sac en plastique plaqué sur le visage. Dès les premières minutes, Yamaguchi Yûgai nous immerge dans son film : la longue scène durant laquelle Chiba lutte comme un damné pour s’extirper du plastique qui l’asphyxie est extrêmement prenante. Le spectateur peut presque sentir la douleur, le stress du personnage principal. Je n’irai pas jusqu’à dire que l’on suffoque à ses côtés (les spectateurs asthmatiques pourraient tourner de l’œil), mais on y croit. On est impliqué. En plein dans le vif du sujet – passionnant d’ailleurs, le sujet. L’épais mystère entourant le kidnapping de ce citoyen visiblement comme les autres va rapidement prendre davantage d’ampleur : on entend d’autres personnes, prisonnières de conteneurs adjacents. Conteneurs qui vont d’ailleurs se mettre en mouvement…en partance pour un voyage. Un très long voyage ?

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La sauce prend donc immanquablement. Tout du moins au début. Car comme beaucoup de films de ce genre-là (huis clos vraiment très..euh…clos), ABDUCTEE possède un point de rupture, à partir duquel la majorité des spectateurs va commencer à s’ennuyer. Bien évidemment tout dépend du public, de son implication voire de son degré de résistance au mal. Pour ma part, le point de rupture est apparu aux 2/3 du film, environ. Jusque-là, ABDUCTEE s’était révélé très prenant, mystérieux, bien interprété, joliment spatialisé au niveau du son et surtout remarquablement mis en scène. Si Yamaguchi Yûdai n’est plus un débutant, on pouvait douter de sa capacité à relever un tel défi. Et bien il le remporte haut la main, sa réalisation étant pour beaucoup dans le dynamisme d’un récit au demeurant plutôt statique. Mais comme je l’ai déjà précisé, moi aussi à un moment donné j’ai fini par lâcher prise. Plus d’une heure dans un conteneur (qui bouge, certes, mais bon…), même si ça avait été filmé par James Cameron, vous aussi vous auriez peut-être légèrement piqué du nez. Là où Yamaguchi en a justement eu (du nez), c’est qu’il a visiblement anticipé ce point de rupture pour donner un gros coup de pied non pas dans la fourmilière (les journalistes ciné étant plutôt des cigales) mais dans son conteneur. Plus que la qualité de la réalisation, c’est le soin apporté aux couleurs qui surprend alors.

Maintenant, comme je l’ai déjà dit sans pourtant pouvoir le dire (périlleux numéro de funambule s’il en est), cette ultime partie débouche sur un final à la fois bienvenu mais bancal. Frustrant mais éclairé. Aimé et détesté ?

Oli :         drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Le trailer sous-titré en anglais (qui dévoile pas mal de choses, vous êtes prévenus) :

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Quick Review in English:

+ Not really a copy of BURIED: it starts as BURIED but quickly takes another path
+ Is this « original past » really good? At least it’s original: so don’t watch the trailer
+ Good actor: that’s why Nukumizu san already had his own « tag » on this blog!
+ Interesting camera work: Yamaguchi is good
+ Of course you may get bored, but during its last part the movie has a surprise for you
+ Interesting work on the colors

– As always with that kind of film behind closed doors, spectators may get bored
– The question is: when will you start to get bored? It really depends on the viewer…
– The final climax is…well…it brings answers. But weird answers…so…
– …would you have preferred a very blurry, loose ending?

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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