Hebi musume to hakuhatsuma, Yuasa Noriaki (1968)


hebi musume umezu kazuoHEBI MUSUME TO HAKUHATSUMA, aka The Snake Girl and the Silver-Haired Witch, aka Hebi musume to hakuhatsuki
蛇娘と白髪魔
Année : 1968
Genre : hymne à l’horreur, la gosse pèle
Production : Daiei
Réalisation : Yuasa Noriaki
Avec : Matsui Yachie, Takahashi Mayumi, Hamada Yuko, Kitahara Yoshirô, Hiraizumi Sei, Meguro Sachiko, Miyake Kuniko, Date Tadashi, Fukuhara Mariko, Ishiguro Saburo, Maruyama Osamu, Umezu Kazuo


Sayuri quitte enfin son orphelinat pour s’installer dans une grande maison, auprès d’un père souvent absent et passionné par les reptiles, et d’une mère aux idées pas toujours très claires. Dès le premier soir, la petite Sayuri va faire connaissance avec les ombres dévorant les murs de la sombre bâtisse…elle croira également voir des serpents…et une jeune fille…au visage monstrueux.

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Légende vivante (du moins au moment où j’écris ces lignes !) du manga grotesque, dérangeant et crépusculaire au Japon, Umezu Kazuo a très tôt su inspirer le cinéma. J’en veux pour preuve ce HEBI MUSUME TO HAKUHATSUMA (que je vais arbitrairement résumer en THE SNAKE GIRL), habile film d’horreur pour enfants sorti en 1968 et joliment réalisé par un spécialiste des Kaijû eiga – Yuasa Noriaki.

Dans un noir et blanc parfaitement maitrisé, THE SNAKE GIRL reprend l’une des obsessions de Umezu Kazuo : l’enfant maudit, potentiellement victime d’une mutation et survivant dans les ombres d’une bâtisse et comme un point noir, presque une tache, dans l’arbre généalogique familial. Quelques scènes parfaitement découpées se révèlent ainsi très pesantes : l’atmosphère est lourde, et le mystérieux début de l’intrigue est littéralement magnifié par un subtil jeu d’ombres et de lumières, de noir et de blanc. Les premières nuits de la petite Sayuri dans sa nouvelle maison sont ainsi particulièrement bien gérées. Avec l’apparition de Tamami, le film perd alors en puissance – mais il gagne un personnage savoureux en la personne de Tamami, véritable peste de son état, ici remarquablement incarnée par une petite fille particulièrement bien dirigée (son semblant de maquillage, très dérangeant, est également une vraie réussite).

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Film pour enfants oblige, beaucoup de choses ne sont pas passées sous silence. Pour les ellipses, on repassera. Il vous faudra donc subir de nombreux monologues de la part de Sayuri ayant pour but d’expliquer tout ce qu’elle voit et ressent. J’aurais préféré des silences pour nous laisser une part d’interprétation. Les effets spéciaux ne sont également pas toujours extraordinaires (doux euphémisme). Certes nous sommes en 1968, toutefois certains détails auraient peut-être gagné à jouer davantage la carte de la suggestion. Mais, car il y a un mais, ces ratés relatifs en terme d’effets spéciaux sont sans doute voulus – ce qui expliquerait beaucoup de choses dans le scénario. De plus, une réelle part de subjectivité existe, dans THE SNAKE GIRL : où se situe la frontière entre le rêve et la réalité ? Entre l’imagination d’une petite fille impressionnable et le machiavélisme d’un esprit malade ? La présence, en pointillés, de manipulations, disons presque de sadisme tout au long du récit est particulièrement surprenante dans une œuvre destinée aux enfants.

THE SNAKE GIRL est par conséquent un très joli film fantastique, sans doute encore extrêmement angoissant pour un jeune public (sans même parler de la violence de certaines scènes), qui nous propose un conte horrifique extrêmement intéressant et, qui plus est, intelligemment couplé à une belle leçon de morale : si l’habit ne fait pas le moine, alors la peau de serpent ne fait peut-être pas le monstre non plus…

Oli :         drapeau2 drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ The black&white colors give a real dark and fantasy touch to the story
+ Beautiful and mysterious scenes in the huge house
+ The young actress playing Tamami is fabulous
+ Some violent scenes, even if this is a child horror movie
+ The first part, the most mysterious one, is very interesting
+ The second part takes an unexpected direction
+ Interesting story between dreams and reality

– Sayuri talks too much
– Keep in mind that you won’t be scare by this movie, right now in 2014
– Some special effects are awful, but it may have been done on purpose

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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