Daimajin gyakushû, Mori Kazuo (1966)


daimajin gyakushuDAIMAJIN GYAKUSHÛ, aka Daimajin Strikes Again
大魔神逆襲
Année : 1966
Genre : le méchant soufre
Production : Daiei
Réalisation : Mori Kazuo
Avec : Ninomiya Hideki, Hori Shinji, Iizuka Masahide, Nagatomo Muneyuki, Yamashita Junichirô, Abe Tôru, Nakamura Takashi, Nawa Hiroshi, Kitabayashi Tanie, Hashimoto Riki, Hayakawa Yûzô, Horikita Yukio, Morita Manabu


Les hommes en bonne condition physique d’un petit village sans histoire ont été enlevés par un clan sans scrupules, afin de travailler dans une mine de soufre, loin, très loin dans la montagne. Les récents tremblements de terre ayant secoué les environs seraient-ils dus à la colère du dieu Daimajin ? Ce dernier tardant à se réveiller pour mettre un terme au chaos, quatre jeunes enfants, dont les pères ont disparu, partent braver les rudes conditions climatiques de l’hiver et les pentes escarpées de la montagne interdite. Leur maigre espoir ? Se faire entendre de Daimajin, mais aussi retrouver leurs parents.

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DAIMAJIN GYAKUSHÛ est le dernier film de la trilogie dédiée au géant de pierre Daimajin. Un troisième film en l’espace d’une seule année, est-ce trop ? Est-ce que le colosse s’érode ? Et bien pas du tout ! Ici, la trame de l’histoire va quelque peu dévier (même si le Dieu Daimajin se réveillera immanquablement à la fin) pour se focaliser sur quatre enfants lancés dans une grande aventure : retrouver leurs pères disparus (kidnappés, en fait) et par la même occasion prier aux pieds de la statue redoutée et redoutable de Daimajin, isolée sur un pan de montagne interdit. Des premiers rôles tenus par des enfants dans un quasi-kaijû eiga, ça nous rappellerait presque quelques films de la série GAMERA – ce qui n’est pas forcément pour me déplaire ! Ici d’ailleurs, la recette fonctionne parfaitement : les enfants sont attachants, ils auront presque tous droit à leur petit morceau de bravoure (même le plus jeune avec son arc !) et le drame, malgré l’apparente légèreté du film, n’est jamais très loin : l’un des enfants mourra tragiquement, quand de l’autre côté de la montagne un tyran plongera un villageois dans un bain de soufre en ébullition – on ne rigole pas toujours dans les films pour enfants, au Japon ! Les mésaventures de ces quatre jeunes garçons sont certes plutôt naïves, mais elles sont magnifiées par des décors naturels absolument splendides et des scènes de studio dont l’artificialité dégage un cachet presque surréaliste (à la Hammer). Sans oublier, bien évidemment, la fabuleuse musique (si grave) et ce côté « sombre » qui laisse planer une épée de Damoclès au-dessus de la tête de tous les protagonistes du récit – idéal pour maintenir le spectateur éveillé : coincés entre Charybde et Scylla, entre la nature impitoyable en hiver et les tortionnaires de la mine de soufre, nos quatre jeunes aventuriers parviendront-ils à s’en tirer ?

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Heureusement pour eux, Daimajin veille – et il est fort…trop fort peut-être. Pour la première fois d’ailleurs, il prendra la défense du petit peuple, les moins que rien, aka les oubliés du destin : les paysans – dans les deux premiers films, Daimajin ne sortait finalement de sa torpeur que vous venir en aide à des familles nobles. Bonnes, mais nobles malgré tout. On notera aussi, dans ce troisième film, une véritable communion de Daimajin avec la nature : on connaissait déjà sa propension à user et abuser des éléments (vents, tourbillons, vagues, tempêtes), ici il se révèlera également très proche des animaux, en particulier des rapaces. C’est marrant, avec son style directement inspiré des statuettes dogū, je m’étais dit que Daimajin préférait plutôt les chiens…

Je suis désolé de terminer cette excellente trilogie sur une blague aussi vaseuse. Car en effet, DAIMAJIN c’est bel et bien fini. Trois films sortis coup sur coup la même année, et puis plus rien…ou presque, puisqu’un drama a été diffusé en 2010. Un drama visiblement lamentable : enjoy.

Oli :         drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ For a kids movie, it’s a little dark
+ Great sets
+ An adventure movie with 4 brave kids
+ The story is very different from the first two movies…

– …even if the main pattern is still the same
– Don’t expect a realistic adventure movie: it’s a monster movie for all the family!

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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