I am ICHIHASHI: taiho sareru made, Dean Fujioka (2013)


i am ichihashi posterI AM ICHIHASHI: TAIHO SARERU MADE, aka I Am Ichihashi: Journal of a Murderer
I am ICHIHASHI 逮捕されるまで
Année : 2013
Genre : point de fuite
Production : Dentsu / Sedic
Réalisation : Dean Fujioka
Avec : Dean Fujioka, Nishina Takashi, Tsuha Shinichi, Hirosue Hiromasa, Koyanagi Yukimi, Yo chan, Kishimoto Masayoshi, Sueyoshi Cozy, Uno Shôhei, Mizusawa Shingo, Sato Kozo, Nomura Takashi, Karen, Matsunaga Tadashi, Kaminishi Yûdai, Odo Toshiaki, Kuwae Yoshimi, Urasaki Akari


En mars 2007, une jeune Anglaise qui travaillait dans une école de langues est violée, assassinée puis enterrée dans une baignoire par Ichihashi Tatsuya, jeune homme auquel elle donnait des cours d’anglais privés à Ichikawa (Chiba). Ce qui aurait pu demeurer au stade de simple, mais terrible fait divers va se transformer en course-poursuite incroyable entre un meurtrier complètement inexpérimenté et la police japonaise, dans un premier temps incapable d’arrêter Ichihashi alors que celui-ci attendait tranquillement dans son appartement…et tout aussi incapable de lui mettre la main dessus par la suite puisque l’intéressé, sans aucun moyen ni argent, va cumuler deux années et sept mois de cavale à travers tout l’Ouest du Japon.

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Ichihashi est un tueur qui défraya la chronique au Japon – et qui à présent défraie les chroniques sur échec et (ciné)mat. Tout d’abord parce qu’il s’est rendu coupable d’un crime odieux. Ensuite parce qu’il est parvenu à échapper à la police pendant plus de deux ans et demi. De Shikoku à Nagoya, en passant par Osaka ou encore Okinawa (où se réfugient souvent les indésirables), Ichihashi a, sans doute sans le vouloir, ridiculisé la police japonaise mais aussi mis en lumière certaines lacunes du système nippon. Pendant sa cavale, et alors qu’il était recherché partout (à tel point que c’est presque devenu un feuilleton à la télévision – pourtant il ne s’agissait pas d’un tueur en « série »), Ichihashi a changé plusieurs fois de nom, travaillé et ainsi gagné de l’argent, et a même subi une opération de chirurgie esthétique ! Pas mal pour l’homme le plus recherché du Japon, un pays où de nombreuses personnes portent des masques sur le visage et où la carte d’identité avec photo n’est pas obligatoire (sauf pour les étrangers) – une politique à réviser ? Aussi lorsque le jeune homme fut arrêté à Osaka alors qu’il était sur le point de reprendre un ferry, sa dégaine, son visage caché sous une capuche ont contribué à entretenir le mystère entourant le personnage – qui était depuis passé à la postérité grâce à la télévision (son allure n’aurait-elle pas déjà inspiré le tueur du film MAN HUNTING ?). Sans aller jusqu’à la création d’un fanclub, un certain nombre de jeunes filles l’avaient alors trouvé particulièrement « cool ». Passons. Ce genre de fascination morbide arrive souvent, dans pareil cas, et ce quel que soit le continent concerné.

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Pour rendre compte d’un fait divers aussi récent que traumatisant, plusieurs options sont possibles : la réécriture fine de l’histoire (COLD FISH), au contraire coller au plus près de la réalité (KYÔAKU) ou la comédie noire – dans le sympathique PAIN & GAIN par exemple, hélas quelque peu miné par la patte gluante de Michael Bay. Pour I AM ICHIHASHI, Dean Fujioka a opté pour la carte de la réalité-fiction – il le précise d’ailleurs dès le début du film par le biais d’un encart explicatif. On suivra ainsi Ichihashi pas à pas (sans jamais voir le meurtre), jusque dans son repère perdu au beau milieu d’une île déserte, jusque dans sa petite chambre louée tandis qu’il travaillait sur un chantier – tout est parfaitement documenté et ressemble réellement aux lieux visités par le vrai Ichihashi. Ce qui peut gêner, ce sont les réflexions et les intentions que le réalisateur semble prêter au tueur en cavale. Il ne l’excuse aucunement, bien évidemment, mais cette approche aux amers relents de discrète fiction imbriquée dans un fait divers bien réel risque de conforter les détracteurs de certains médias à grand spectacle sur leurs positions : donner une certaine aura à un individu pareil n’est sans doute pas de très bon goût, tant le drame qu’il a causé est encore proche. Oui la famille de la victime doit encore souffrir énormément…

Ceci mis à part, I AM ICHIHASHI est un film plutôt intéressant (si on garde bien en tête que certains passages sont de la pure extrapolation), avec en point d’orgue une folle cavale, des milliers d’yeux qui semblent constamment nous épier et ces ressources insoupçonnées que l’on déploie uniquement lorsque l’on est au pied du mur. Ou dos à l’échafaud ?

Oli :         drapeau2 drapeau2
Yasuko : drapeau2 drapeau2

Trailer :

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Quick Review in English:

+ From a real story: in 2007 a young murderer escaped the police…
+ …during 2 years and 7 months, the police was enable to find him
+ The movie is part real and part fiction (when Ichihashi talks to himself, thinks…)…
+ Interesting to see how a young man with nothing can survive and escape while…
+ …everyone in Japan (the police, the TV…) is looking for him
+ Interesting to see that there are many breaches in Japanese police and society
+ English subtitles on the Japanese DVD

– The « fiction part » may not please everyone: this guy doesn’t need to be an icon
– The scenes with the video camera is pretty weird – didn’t like it a lot…
– This case is recent…that kind of movie may be hard to accept for the victim’s family

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A propos Oli

Amateur de cinéma japonais mais de cinéma avant tout, de Robert Aldrich en passant par Hitchcock, Tsukamoto, Eastwood, Sam Firstenberg, Misumi, Ozu, Claude Lelouch, Kubrick, Oshii Mamoru, Sergio Leone ou encore Ringo Lam (un intrus s'est glissé dans cette liste, sauras-tu mettre la main dessus - attention il y a un piège). Weird cinema made in Japan : échec et (ciné)mat. オリ です, 日本映画専門のブログです 
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